L’Europe par et pour les jeunes engagé·e·s – Propositions !

Non, l’Europe et ses enjeux ne nous « dépassent » pas ! En mettant en place un large processus de consultation des jeunes engagé·e·s, Animafac s’est mobilisé pour valoriser auprès des sphères décisionnelles européennes la véritable expertise de terrain que les associatif·ve·s étudiant·e·s développent au quotidien à travers leurs projets. Environnement, citoyenneté, mobilité, solidarité internationale, médias et liberté d’expression – les enjeux de l’Europe sont déjà les nôtres. Et le samedi 16 mars 2019, lors de Quartier Général, le festival des jeunes engagé·e·s en Europe, les 15 propositions issues du Jury citoyen organisé par le réseau ont été présentées et débattues en présence de Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ce temps fut animé par Jean Massiet d’Accropolis, la première chaîne de streaming d’actualités et de politique de France.  Un Live fut également réalisé tout au long de l’après-midi pour revenir en détails sur l’ensemble des propositions. Découvrez les maintenant !

Proposition 1  :

Développer l’éducation à la citoyenneté européenne à l’école élémentaire.

Si l’éducation à la citoyenneté européenne s’est développée ces dernières années dans l’enseignement secondaire, c’est moins le cas à l’école élémentaire où la citoyenneté est essentiellement abordée dans sa dimension nationale. Renforcer la présence de l’Europe à l’école permettrait de sensibiliser les enfants à cette dimension de la citoyenneté dont le contenu est souvent peu connu. Cela pourrait par exemple prendre la forme d’une “semaine européenne” organisée dans toutes les écoles élémentaires.

Thèmes : éducation / citoyenneté européenne

 

 

Proposition 2 :

Promouvoir une approche active de l’éducation à la citoyenneté européenne.

Cela nécessite de faire évoluer les enseignements d’éducation morale et civique vers des formations d’éducation active qui laissent leur place aux projets collectifs, à l’intervention d’acteur·trice·s issus de la société civile et permettent de croiser les expertises de l’éducation nationale et de l’éducation populaire. Peuvent être cités en exemples le parcours “élections européennes” développé par l’association Électeurs en Herbe ou les simulations de sessions parlementaires organisées par le Parlement européen des jeunes – France avec des lycéen·ne·s.

Thèmes : éducation / citoyenneté européenne

 

Proposition 3 :

Développer une nouvelle approche de la réussite scolaire fondée sur l’épanouissement des élèves et inspirée des pratiques d’autres pays européens.

En Finlande par exemple, le système éducatif met tout en oeuvre pour favoriser le bien-être des élèves (confort du cadre d’études, méthodes pédagogiques, système d’évaluation encourageant, etc.). Bien que la compétence en matière d’éducation reste du ressort des Etats membres, nous pourrions nous inspirer de ces pratiques pour améliorer l’épanouissement des élèves en France, par exemple en créant de nouveaux indicateurs de réussite liés au bonheur.

Thème : éducation

 

 

Proposition 4 :

Inciter tous les établissements scolaires et d’enseignement supérieur européens à s’inscrire dans une démarche de développement durable.

Cette démarche permettrait à la fois de réduire l’impact environnemental des établissements et de faire de l’école et de l’enseignement supérieur des espaces d’apprentissage des comportements éco-responsables pour les élèves et les étudiant·e·s (tri sélectif, compost, économies d’énergie, gaspillage alimentaire, etc.). Elle permettrait ainsi aux établissements d’assumer leur double responsabilité d’exemplarité, à la fois dans leur fonctionnement et dans les enseignements. À cet égard, les labels E3D (Ecoles / Etablissements en Démarche de Développement Durable) et DD&RS (Développement Durable et Responsabilité Sociétale) pour l’enseignement supérieur sont des dispositifs intéressants qu’il conviendrait de promouvoir davantage aux niveaux national comme européen.

Thèmes : éducation / enseignement supérieur / développement durable

 

 

Proposition 5 :

Renforcer la sensibilisation des jeunes aux Objectifs de Développement Durable (ODD).

Face à l’urgence écologique et, plus largement, aux enjeux du développement durable, il semble essentiel de renforcer l’éducation des jeunes à ces thématiques. À l’image du b2i pour les connaissances informatiques ou du Sulitest dans l’enseignement supérieur, on pourrait imaginer qu’une certification de connaissances et de compétences sur le développement durable soit proposée aux élèves dès le collège. À cet égard, les 17 ODD représentent un référentiel intéressant pour sa portée européenne et internationale.

Thèmes : éducation / enseignement supérieur / développement durable

 

 

Proposition 6 :

Valoriser l’engagement des jeunes à travers la création d’un référentiel européen de compétences.

Ce référentiel aiderait les jeunes à identifier les compétences acquises dans le cadre de leur engagement et faciliterait la valorisation de ces compétences en France mais aussi dans d’autres pays européens. À ce titre, les référentiels déjà existants (tels que le  “Cadre européen commun de référence pour les langues”) dans d’autres domaines peuvent servir d’exemples de bonnes pratiques.

Thème : engagement

 

 

Proposition 7 :

Favoriser les dispositifs européens de soutien financier pour les initiatives d’engagement des jeunes.

Au même titre que le FSDIE (Fonds de Soutien et de Solidarité au Développement des Initiatives Etudiantes) délivré par les universités, les financements européens tels que ceux proposés par les Agences nationales Erasmus + peuvent être des ressources intéressantes pour soutenir les initiatives d’engagement des jeunes. Afin de les rendre plus accessibles aux associations de jeunes, nous proposons d’améliorer la communication sur ces financements et de simplifier les démarches pour les demandes peu élevées.

Thème : engagement

 

 

Proposition 8 :

Faciliter le dépôt d’une initiative citoyenne européenne.

Depuis son lancement en 2012, seules 4 initiatives citoyennes européennes sont parvenues à recueillir le nombre requis de soutiens (un million) et aucune d’entre elle n’a été suivie d’une proposition législative. Parce que nous estimons nécessaire de donner une véritable substance à ce droit, nous soutenons la proposition de règlement de septembre 2017 dans laquelle la Commission européenne invite le Parlement et le Conseil à faciliter le dépôt d’une initiative, notamment en abaissant l’âge requis de 18 à 16 ans pour pouvoir apporter son soutien*.

*Cette proposition date d’octobre 2018. En décembre 2018, le Parlement européen et le Conseil ont trouvé un accord politique autour de cette proposition, sans toutefois pouvoir abaisser l’âge requis.

Thèmes : participation citoyenne / démocratie

 

 

Proposition 9 :

Favoriser la participation des citoyen·ne·s européen·ne·s à la construction des directives et règlements européens.

Les opportunités offertes par les civic tech sont à cet égard intéressantes pour favoriser une démocratie plus participative. Une plateforme inspirée du modèle de “Parlement & Citoyens” pourrait par exemple être mise en place pour permettre aux citoyen·ne·s européen·ne·s de contribuer à l’élaboration des lois.

Thèmes : participation citoyenne / démocratie

 

 

Proposition 10 :

Développer la consultation des citoyen·ne·s sur les grands enjeux européens.

Si quelques dispositifs existent déjà, nous proposons de profiter notamment des outils numériques pour renforcer la consultation des citoyen·ne·s, sur les grands enjeux européens actuels (changements climatiques, conclusion d’accords de libre-échange, etc.).

Thèmes : participation citoyenne / démocratie

 

 

Proposition 11 :

Renforcer l’exigence de transparence de nos représentant·e·s politiques européen·ne·s.

Dans un contexte où seul·e·s quatre citoyen·ne·s sur dix déclarent avoir confiance en l’Union européenne (Eurobaromètre 2018), cette exigence de transparence nous semble nécessaire. Ainsi, nous proposons la création d’un équivalent européen de la Haute autorité pour la transparence pour la vie publique.

Thème : démocratie

 

 

Proposition 12 :

Faciliter la mobilité européenne et internationale des élèves dès l’enseignement secondaire.

À cette fin, nous proposons d’agir simultanément sur trois types d’acteurs-clés en les sensibilisant aux bénéfices de la mobilité et aux opportunités de financement existantes : les élèves, les parents d’élèves et les équipes de direction des établissements d’enseignement secondaire. Parallèlement, nous suggérons de simplifier les demandes de financement Erasmus+ relatives à la mobilité des élèves de l’enseignement secondaire.

Thèmes : mobilité / éducation

 

 

Proposition 13 :

Favoriser la mise à disposition d’outils et de formations permettant aux étudiant·e·s d’identifier, de valoriser voire de valider les compétences acquises dans le cadre d’expériences de mobilité européenne et internationale.

Pour les étudiant·e·s, cette mise à disposition d’outils et de formations peut être assurée par les établissements d’enseignement supérieur en lien avec les associations étudiantes. Cette proposition permettrait de mieux valoriser l’expérience de mobilité, encore parfois mal considérée, et les compétences citoyennes et professionnelles qu’elle permet d’acquérir, auprès des acteurs académiques et professionnels. Ce faisant, elle étendrait aux expériences de mobilité la logique de la Loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté qui généralise la reconnaissance de l’engagement des étudiant.e.s par les établissements d’enseignement supérieur.

Thèmes : mobilité / enseignement supérieur

 

 

Proposition 14 :

Renforcer l’accompagnement des jeunes avant, pendant et après la mobilité européenne et internationale.

Afin d’être utile, cet accompagnement doit être assuré à chaque étape du parcours de mobilité et pour les différents types de mobilités, qu’elle soient institutionnalisées (exemple : le service volontaire européen) ou non. Par ailleurs, nous estimons également nécessaire de renforcer la coopération des acteur·trice·s de la mobilité présents dans les territoires afin d’assurer une cohérence dans l’accompagnement proposé aux jeunes (établissements d’enseignement supérieur, associations, collectivités territoriales, etc.).  

Thèmes : mobilité / enseignement supérieur

 

 

Proposition  15 :

Faciliter l’accès des jeunes aux informations relatives à la mobilité européenne et internationale en créant des supports de communication adaptés aux différents publics.

Nous suggérons par exemple de créer des plateformes en ligne qui, plutôt que de créer de nouvelles informations, joueraient le rôle de “portes d’entrée” en centralisant pour chaque type de public les informations et acteurs de l’accompagnement à la mobilité pertinents. À titre d’exemple, citons la plateforme Inclusive Mobility développée par ESN à destination des jeunes en situation de handicap.

Thème : mobilité

 

 

Un grand merci, encore une fois, aux jeunes engagé·e·s qui ont participé à l’élaboration de ces propositions !

Vous avez envie d’ouvrir le débat autour de vous ? 📢 N’hésitez pas à partager les vidéos de présentation des propositions.

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