Roots’n’culture, le festival de musique solidaire

Cet article a été rédigé par Maëlle Saulce, en service civique à Grenoble.

Balkan Beat Box, Soom T, Highlight Tribe, Panda Dub, Le Peuple de l’Herbe, l’Entourloop, OBF… Ce sont les têtes d’affiches habituelles du festival Roots’n’culture, devenu incontournable dans le paysage grenoblois depuis plus d’une décennie.

L’association Roots’n’culture, dont les membres sont des étudiants de Grenoble Ecole de Management, revient encore cette année avec son fameux festival éponyme. Mais Roots’n’culture ce ne sont pas seulement des concerts et de la bonne humeur, c’est avant tout de la solidarité. En effet, grâce à la possibilité de payer son entrée en denrées alimentaires non périssables, l’asso reverse plusieurs tonnes de pâtes (la denrée la plus commune) à la Banque Alimentaire de l’Isère !

À l’occasion de l’édition 2017 du festival, qui se déroulera les 7 et 8 Avril sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, Maëlle a rencontré Cécile, la responsable relations presse de l’association, pour une interview qui va vous donner envie d’y aller ;)

Comment vous est venue l’idée d’organiser Roots’n’culture ?

Les premières années, l’association organisait des concerts avec le principe du prix accessible à tous et de la possibilité de payer une partie de son entrée en pâtes. En 2003, le premier festival a vu le jour.

15 ans d’activité ont permis à l’association et au festival de vraiment s’installer à Grenoble et d’avoir une bonne réputation autant chez les artistes que chez les jeunes grenoblois. Le festival a connu une progression ininterrompue de 2003 à 2014 avec 5000 festivaliers pour cette dernière année.

L’édition 2015 a cependant été annulée suite à l’indisponibilité du site habituel. L’équipe 2016 a donc dû surmonter le challenge de relancer le festival sans les bénéfices de l’expérience de l’équipe d’avant.

Quelles sont vos principales difficultés ?

La mission de cette année a été de capitaliser sur les points clés que l’on a identifié lors des passations de l’année précédente.

Plutôt que de mettre l’accent uniquement sur la programmation comme l’année dernière il fallait aussi prendre en compte toutes les attentes que pourrait avoir notre public. On cherche à faire mieux que plus. Par exemple on a décidé de limiter la jauge à 1500 personnes par soir pour garantir la meilleure expérience possible et construire un véritable engouement autour de notre événement.

On voulait aussi vraiment se rapprocher de notre public, d’où l’organisation de plusieurs soirées en amont du festival à EVE, dans des salles du crous, au Drak’Art et dans divers bars grenoblois pour qu’il y ait un mélange. Ces soirées se sont faites pour que notre ‘team’ ce ne soit pas les organisateurs d’un côté et le public de l’autre et qu’on commence à créer une communauté roots’n’culture sur Grenoble.

On a ajouté des nouveautés par rapport à l’année dernière: on sera sur des grandes pelouses au lieu d’être sur un parking, on aura des tentes bédouines au lieu du chapiteau habituel et une super déco avec des tentures, des éclairages, un coin chill et même un food truck! Nous voulons aussi développer le volet éco responsable.

 

Comment s’est construite l’idée du partenariat avec la banque alimentaire de l’Isère ?

Ce n’est pas une idée qui est née après Roots’n’culture, c’est de cette idée qu’est né roots’n’culture. Les 10 premières années, l’association a rapporté 20 tonnes de denrées à la Banque Alimentaire. Ce chiffre a augmenté pour les 10 années suivantes, au vu de nos évènements toujours grandissants en terme de nombres d’entrées.

Par ce partenariat, l’association tente de sensibiliser notre public aux valeurs de solidarité.

Quel est le rôle de l’école de management dans tout ça ?

Beaucoup de gens pensent que quand tu es dans une école de commerce tu reçois des aides et des subventions de l’école, mais on n’a rien. En plus Roots’n’culture fait partie de Zone art, qui défend des projets solidaires avec du reggae et de la dub, autant dire qu’on ne colle pas trop avec l’image de GEM.

Cette année le festival introduit Sylha, un bracelet qui permettra de payer pendant le festival. Peux-tu m’expliquer le concept ?

Sylha est la première solution de paiement solidaire qui donne du sens à nos dépenses. C’est une pièce connectée fixée à un bracelet, le tout relié à une application entièrement sécurisée. On met de l’argent sur ce bracelet (enfin, ce sera une carte lors du festival et pas un bracelet) et on peut payer avec durant l’événement.

En se connectant à l’application, il suffit de créditer son portefeuille électronique, définir le seuil d’utilisation de ses données personnelles et choisir les projets locaux qu’on veut soutenir. Ainsi, en toute transparence, et à chaque paiement effectué, on génère des points qui sont ensuite redistribués sous forme de dons aux projets sélectionnés.

Quel est le rôle de cette initiative dans votre projet ?

C’est d’aller de l’avant, déjà au niveau des technologies, d’être novateur. C’est quelque chose qui est dans la mouvance, donc autant le faire avec une entreprise solidaire avec qui on crée un lien dès le départ. C’est aussi histoire de créer des partenariats solides qui vont durer longtemps, créer de la confiance. Comme je disais on repart de zéro chaque année et si tu veux qu’un projet marche d’une année sur l’autre il faut vraiment de la confiance dans les partenariats.

 

Qu’est-ce que vous conseilleriez à une asso qui veut se lancer dans l’organisation d’un festival ?

Du courage! ;)

Déjà former une vrai team est super important. Il y a la confiance au sein du groupe d’organisation et aussi la confiance avec les partenaires. Une bonne communication interne est nécessaire. Par rapport à l’organisation, il faut que chacun ait un rôle bien défini, même s’il y a plusieurs types de management. Chez nous, chacun a son poste mais dès qu’il y a une tâche vraiment difficile, il y a toujours quelqu’un qui peut aider. C’est bien aussi que les membres soient formés à la gestion associative.

Sinon, dans une asso où les gens changent régulièrement, c’est primordial de garder une trace écrite, quelque chose sur lequel on peut s’appuyer, revenir sur les retours d’expériences. Il faut vraiment toujours tout mettre par écrit pour les futurs associatifs.

Et enfin il faut vraiment mettre le paquet sur la communication!
On ne sait pas vous, mais nous ça nous a donné envie d’y aller ! A ce week end :)
Plus d’infos sur l’événement ici !

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