Vivre un WEAC de l’intérieur : témoignage d’une animatrice réseau

Article réalisé par Mélisande Queinnec, volontaire en service civique chez Animafac à Rouen.

Le Week-end au campus, c’est l’événement phare de l’année pour Animafac et les assos membres du réseau. Et derrière cet événement de grande ampleur se cache une équipe de choc et une organisation bien rodée. En amont, le travail est colossal : sécurité, autorisations, financements… Nous, les animateur.trice.s réseaux, devons trouver des intervenant.es, contacter les assos intéressées pour participer, informer et parfois, donner un coup de pouce – pour la restauration, par exemple. Une fois sur place, nous sommes totalement inclu.e.s dans l’organisation globale du WEAC. Et si on vous en dévoilait un peu plus ?

 

 

Vendredi 9 février, la France entière est sous la neige. Direction Reims : après avoir bataillé, me voilà dans la ville des Sacres en compagnie de tou.te.s les autres animateur.trice.s réseaux (alias ARX) et du staff Animafac, surmotivé.es ! L’équipe organisatrice (composée des ARX du Nord-Est, d’une partie des ARX d’île de France et de leurs coordinatrices) est déjà là depuis jeudi. Entre la gestion du stock, les courses, la préparation des ateliers et des salles, l’émargement ou encore l’accueil de l’équipe renfort, personne n’a le temps de s’ennuyer. Certain.e.s, plus en forme que d’autres, profitent de cette – glaciale – soirée rémoise autour d’un verre, avant d’accueillir les premier.ère.s participant.e.s dès le vendredi soir.

La journée du samedi commence vers huit heures du matin avec la préparation du petit-déjeuner (et croyez-moi, si vous pensiez avoir fait assez de café, c’est qu’il en manque), le « point info » (consigne gobelets, flyers…), la vérification de la signalétique… Ou pour certain.e.s, le réveil des participant.e.s. Une fois ces dernier.ère.s présent.e.s et rassasié.e.s, il est temps de galoper de salle en salle, de stocker les bagages des participant.e.s arrivé.e.s le matin dans la salle adéquate, de vérifier que les tables et chaises sont correctement installées pour les premiers ateliers, ou encore de gérer l’attendu mais néanmoins déconcertant « hors de question, on a cours là ! »

 

11h : après la plénière d’ouverture, nous dirigeons les participant.e.s vers les différentes salles d’ateliers. Interviennent des assos comme Etudiants et Développement, ESN France, le REFEDD… Mais aussi des assos locales, ciblées par les ARX pour animer un atelier, comme le Festival de l’Engagement, Lille Sans Relou, The Happiness Factory et le Genepi. Au programme : comment mieux intégrer les étudiant.e.s internationaux.ales à son projet associatif, une escape-room pour monter son projet de solidarité internationale, un atelier de développement personnel pour trouver le bon équilibre entre vie professionnelle, associative et personnelle, un théâtre-forum pour donner des pistes pour lutter contre le harcèlement de rue, de la sensibilisation aux conditions de vie en détention, des conseils pour devenir un.e orateur.rice au top… Et, nouveauté de cette année, un atelier type tables rondes “Aller plus loin avec son asso”.

Les participant.e.s plus expérimenté.e.s peuvent bénéficier de conseils de professionnel.le.s pour renforcer leur modèle économique, rechercher de nouveaux financements, agrandir l’équipe… L’idée, c’est qu’à chaque WEAC, les associatif.ve.s trouvent leur compte et puissent développer leurs assos.

 

 

Ensuite, c’est le moment de souffler un peu, pour celles et ceux d’entre nous qui ne les accompagnent pas. Certain.e.s en profitent pour afficher le programme de l’après-midi, faire la vaisselle ou encore passer un “coup de balai” dans le hall de l’université. Nous pouvons ensuite préparer la salle dans laquelle auront en partie lieu les jeux d’interconnaissance : un moment fort du WEAC, l’occasion de nouer des liens pour ceux et celles qui ne se connaissent pas encore.

Après le repas, le « temps d’interco » peut commencer. Se mélangent alors nancéen.ne.s, rémois.e.s, lillois.e.s, bisontin.e.s, parisien.ne.s, strasbourgeois.e.s… La fierté lilloise se propage dans tout Reims (ou en tout cas, sur tout le campus). Voir autant d’étudiant.e.s associatif.ve.s passionné.e.s réuni.e.s dans une même université fait chaud au coeur. On entend rire, crier, et la météo se réchauffe tandis que les participant.e.s migrent vers l’extérieur.

 

 

L’après-midi, c’est le moment tant attendu de la Fête des Assos. Trois heures pour découvrir de superbes projets associatifs : cette année, les assos nous apprennent à limiter nos déchets, à fabriquer nos propres cosmétiques eco-friendly, elles nous initient à l’oenologie, nous sensibilisent à différents handicaps à travers un parcours d’obstacles du quotidien, nous font découvrir des court-métrages originaux, déguster des smoothies ou des insectes (ail et fines herbes s’il vous plaît)… On aimerait pouvoir tout voir, tout faire…

Après les ateliers, il est temps pour tout le monde (ou presque) de quitter les locaux. L’équipe Animafac reste  pour ranger les salles, remettre de l’ordre et préparer la journée du lendemain : chaque minute gagnée sur la préparation des salles d’ateliers et de la signalétique sera précieuse. Dès 20h30 arrive le moment que tou.te.s attendent avec impatience : chacun.e arrive au bar choisi par l’ARX de Reims. En moins d’une heure, il est bondé. J’entends trinquer à un anniversaire, à ma gauche. Puis à un deuxième. Puis à un troisième, et ainsi de suite : la soirée bat son plein, les rires fusent.

 

 

La journée du dimanche suit un format semblable, avec des ateliers thématiques le matin et l’après-midi… la fatigue en plus (pour certain.e.s) et la nostalgie le soir, au moment du départ des bus. Le dimanche matin, je retrouve un ARX endormi au milieu des valises, dans la salle bagagerie. Les cernes se creusent, les esprits se vident (et les cafetières aussi). Mais les ateliers, toujours aussi intéressants, parviennent à motiver les troupes : c’est le moment d’aborder, entre autres, l’égalité femmes-hommes (un thème qui m’est cher), les enjeux des migrations à travers le monde, la communication non-violente, l’Europe, les problématiques posées par les OGM ou encore la com’ interne dans la construction d’un projet.

Et parce que les étudiant.e.s finissent toujours par quitter les bancs de l’université, on parlera également de valorisation des compétences associatives et des opportunités d’emploi dans l’économie sociale et solidaire, avec Animafac. Le week-end se clôture avec la traditionnelle photo de groupe : les participant.e.s, tout sourires, s’entassent sur des chaises et tables dans la salle surpeuplée. C’est avec émotion que l’on nous annonce qu’il s’agit là du dernier Week-end au campus d’Animafac, même si d’autres projets à échelles régionale et nationale seront évidemment mis en place. Difficile de se dire au-revoir…

 

 

Ce second week-end au campus aura été une expérience mémorable : à la volontaire en service civique que je suis, il aura donné l’occasion de se dépasser, de s’investir dans un projet incroyablement formateur, de s’initier à l’événementiel, de découvrir des associations étudiantes incroyables, mais aussi de resserrer les liens déjà forts entre nous, les ARX, et le reste de l’équipe Animafac. Le plus beau cadeau ? Entendre les remerciements des participant.es, leur envie de rester plus longtemps, de mener de nouveaux projets avec des associations rencontrées pendant le week-end. Lorsque j’ai commencé mon volontariat, en septembre, je n’imaginais pas la moitié des opportunités qui me seraient offertes au cours de l’année. Je ressors de cet événement (et plus généralement de l’année écoulée) grandie, plus à l’aise dans mes relations avec les autres, et prête à voler de mes propres ailes. Dans deux mois, tout sera déjà terminé : à mon tour d’être nostalgique.

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