ANIMATRICE : Marie-Jeanne Charrier, ancienne présidente de l’association Phénix et administratrice d’Animafac.

INTERVENANTE : Marie Fournier, responsable du service jeunesse de la mairie de Fontenay-aux-roses).

Nous avons commencé le chantier sur la solidarité locale, en faisant un tour de table de toutes les associations présentes. Beaucoup d’associations étudiantes présentent des projets riches et variés. Une grande majorité travaille sur de grandes manifestations, tels que le Téléthon (Anim’toi,), l’Hôpital des nounours hopitaldesnounours.free.fr ( le Pôle huma pharma ), les Virades de l’espoir ( ISEN Toulon ) ou encore le don du sang. Mais d’autres projets sont organisés autour de la solidarité locale, des projets plus de proximité, comme par exemple l’aide aux devoirs ou les cours d’alphabétisation proposés par Fleur de Bitume, association Dauphinoise de Paris. On retrouve également beaucoup d’évènements organisés autour de la sensibilisation citoyenne, comme par exemple la lutte contre les discriminations (semaine contre le racisme, création d’un lien intergénérationnel, atelier organisés avec des personnes handicapées …). Beaucoup d’actions qui tournent autour d’un seul et même objet : comprendre et agir au sein de notre société, y repérer les failles, et venir en aide aux publics les plus en difficultés.

Après ce tour de table, où tout le monde a pu présenter ses projets, Marie-Jeanne Charrier et Marie Fournier ont proposé aux associations de s’exprimer sur les différentes difficultés rencontrées :

La plus grande difficulté qui a émergé de cet échange de pratique reste la recherche de financements. En effet, il n’est pas facile de trouver des subventions et de communiquer sur ses projets. Fleur de Bitume semble avoir quelques difficultés à se faire connaître. Les associations craignent de devoir accepter des subventions de la part de financeurs dont l’éthique ne leur correspondrait pas. Le spectre de la récupération reste donc bien présent, et semble freiner les associatifs. Jérémy de l’association  » Rencontres à petits pas «  objecte qu’il faut savoir sortir du rapport financeur/financement. Il ajoute qu’il ne faut pas hésiter à solliciter les écoles, qui peuvent apporter une aide importante, que ce soit au niveau de l’aide matérielle (prêt de local, reconnaissance), ou même financière.

Marlene de l’Atelier des Initiatives Jeunes souligne que sans visibilité des futurs projets à venir, pas de financement. Il est donc difficile de se projeter à long terme. Pour conclure sur la question des financements, Marie Fournier rappelle qu’il y a des moyens pour les associations de se protéger contre certains abus des financeurs, comme par exemple les conventions. Il est important de garder en tête et durant toutes les démarches, l’objectif de l’association.

L’autre grande difficulté rencontré reste le manque de bénévoles et parfois même de motivation au sein de l’association. Par exemple, Benoit de la Fédé de Rennes 2 remarque le manque d’intérêt des étudiants pour l’associatif. Pour lui, la conception de l’engagement associatif est propre à chacun, et qu’à ce niveau-là, il est difficile d’agir. Marlene doit souvent re-motiver les bénévoles et dynamiser le groupe. Fleur de Bitume connaît le même problème, et du coup a du mal à faire connaître ses actions. Marie Fournier insiste sur le fait de valoriser les actions des bénévoles et des volontaires. Il faut rendre la solidarité locale attractive, et ne pas oublier que même si on apporte, on reçoit beaucoup en échange. Mais il est vrai que faire connaître une association au sein d’une école ou d’une faculté n’est pas chose facile, il faut pouvoir capter l’attention des étudiants par des projets attractifs et dynamiques. Patricia de  » Aide Alimentaire et Convivialité  » tient à souligner que les idées reçues sont nombreuses sur les étudiants, que la précarité étudiante est bien réelle et qu’il est alors plus difficile dans ces conditions de mener un projet de solidarité.

La matinée se termine sur cette idée récurrente : la solidarité, ce n’est pas juste donner, c’est également recevoir. Participer à des projets de solidarité locale est un apport personnel formidable. Il permet d’apprendre beaucoup sur soi et sur le fonctionnement de la société.

Cet échange de pratiques fut d’une grande richesse et a permis sans doute à chacun de se reconnaître à travers les différentes expériences évoquées.

 

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