Paix sociale, paix urbaine… Si le mot « paix » est peu présent au sein des associations étudiantes, ce champ d’action est pourtant investi de fait par ces dernières. Explications.

 

Peu nombreux sont les étudiants en France qui agissent « pour la paix » ou en tout cas le revendiquent : citons la Plateforme inter-associative étudiante pour la Paix (voir focus), ou l’association Guernica pour la démocratie et la paix en ex-Yougoslavie. Beaucoup par leur action y contribuent, mais le vocabulaire a longtemps été marqué, connoté par deux mouvements de pensée auxquelles les associations étudiantes ne se rattachent pas toujours naturellement : d’un côté des associations d’essence catholique, comme le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), d’un autre côté des associations d’essence plutôt communiste, comme le Mouvement pour la paix, créé 1949 par d’anciens résistants. On retrouve aujourd’hui ces deux héritages dans les associations qui ont participé au Salon international des initiatives de paix du 4 au 6 juin 2004 à Paris, et qui sera reconduit en 2006 : Franciscains International, Secours Catholique, Caritas, Comité intervention civile de paix, Instituts de recherche et de formation du mouvement pour une alternative non-violente…

 

Si nous appréhendons les engagements contre la violence non par le biais de l’histoire mais par leur diversité même aujourd’hui, alors les associations étudiantes s’y retrouvent. D’une gestion des conflits dans l’urgence, la lutte pour la paix est devenue lutte pour la diversité culturelle et la laïcité, menant à des actions de solidarités urbaines, de lutte contre les discriminations, pour l’environnement, de sport, d’interventions scolaires, de débat, de vulgarisation politique… thèmes chers aux étudiants, qui y développent une myriade d’initiatives.

 

La Semaine pour la paix et l’amitié entre les peuples organisée à Toulouse cette année dans le cadre de la semaine contre le racisme a d’ailleurs su mobiliser les organisateurs étudiants. Le public était cependant majoritairement composé d’enfants plutôt que d’étudiants, d’où l’enjeu pour les associations étudiantes de s’emparer à présent de ce champ d’action.

 

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