Qui n’a jamais entendu un étudiant avec un accent étranger se plaindre de l’accueil fait dans les administrations françaises ? La complexité et la pénibilité des démarches infligées ont eu raison de nos étudiants étrangers qui ont longtemps boudé la France.

 

Au menu : attentes dès trois-quatre heures du matin à la préfecture, allers et retours entre administrations se renvoyant la balle alors que l’on dort depuis plusieurs jours dans la rue…

Une politique en dents de scie

La France est pourtant depuis longtemps un pays d’accueil pour les étudiants étrangers. Sans remonter au Moyen-Age, alors que de toute l’Europe accouraient quelques escholiers vers la Sorbonne ou les facultés de Montpellier, l’Université française a pris l’habitude de former une partie des élites européennes, africaines voire latino-américaines. Au cours des années 90, pourtant, la multiplication de politiques vexatoires à l’encontre des étudiants étrangers en général a nettement fait baisser le nombre d’étudiants accueillis. De 2e pays de destination derrière les Etats-Unis, la France est passée au 4e rang, dépassée par la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Il a fallu attendre 1998 pour que soit relancée une politique active d’accueil. En cinq ans à peine, le nombre d’étudiants étrangers sur notre territoire est passé de 120 000 à près de 200 000, soit 10 % du nombre total d’étudiants en mobilité à travers le monde. Avec l’harmonisation européenne des diplômes, qui facilite la compréhension des systèmes éducatifs et les équivalences entre les cursus, les établissements d’enseignement supérieur se dotent d’une organisation propice à la multiplication des échanges. De plus en plus, la mobilité est encouragée : l’État se dote d’instruments comme l’Agence ÉduFrance ou le Conseil national pour l’accueil des étudiants étrangers, les collectivités locales s’intéressent au  » tourisme universitaire « .

S’intéresser à la vie étudiante

Mais, défaut classique de notre système universitaire, la vie pratique des étudiants est encore bien mal prise en compte. Les établissements, c’est connu, sont plus habitués à réfléchir aux enjeux de la recherche ou de la pédagogie qu’aux difficultés de la vie courante, à commencer par l’accès au logement. La récente déclaration de Berlin, étape importante du fameux processus européen de Bologne, laisse ainsi bien peu de place à ces sujets par trop prosaïques. Et puis, mal bien français, les coopérations entre institutions compétentes tardent à se mettre en place. Les ministères des Affaires étrangères et de l’Education nationale s’appuient ainsi simultanément sur ÉduFrance déjà citée, l’association parapublique Égide et le Centre national des œuvres universitaires et sociales, sans toujours beaucoup de coordination entre ces acteurs. Comment pourtant encourager le pari d’un semestre ou d’une année à l’étranger, si la résolution des problèmes pratiques n’est pas facilitée ?

Le rôle des associations etudiantes

L’apprentissage du  » métier d’étudiant « , l’intégration sociale et culturelle dans le pays d’accueil profitent efficacement des activités des associations étudiantes. Qu’elles s’organisent par nationalité, par affinités ou par type de mobilité (programmes européens), un nombre croissant d’entre elles agissent aussi bien pour défendre les étudiants en difficultés administratives que pour leur proposer la découverte de notre société. Avec l’essor en cours et à venir des effectifs d’étudiants en mobilité, il faudra mettre les bouchées doubles, multiplier les initiatives et les capacités, mieux se faire entendre des institutions pour prendre part à ce formidable processus.

Depuis le dernier forum d’Animafac, une quinzaine d’associations se sont réunies afin de créer une structure nationale qui leur permetrtait d’agir ensemble pour améliorer l’accueil des étudiants étrangers. Pour participer à ce projet et les rejoindre, contactez l’association Euro-fil : eurofil@univ-paris1.fr

 

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