André Siganos est le directeur général de l’Agence Campus France.

Quel est le rôle de la nouvelle agence Campus France ?
L’agence est aujourd’hui chargée de la mise en place d’une politique publique dans le cadre de l’attractivité française de son enseignement supérieur, elle a pour mission d’accélérer la mobilité des étudiants et des chercheurs, et la qualité de cette mobilité.
L’économie du savoir, mondialisée, situe l’enseignement supérieur français dans un environnement extrêmement compétitif. L’agence Campus France répond donc à la nécessité aujourd’hui de pouvoir disposer d’un outil qui permette clairement à la France d’analyser de quels pays proviennent ses étudiants étrangers, à quel niveau d’étude ils s’inscrivent, et dans quelle discipline de recherche.
Et ce pour pouvoir reporter l’effort sur certaines cibles stratégiques selon ce que souhaitent les institutions de tutelle et les établissements d’enseignement supérieur.

Justement, qui compose l’agence Campus France et quels sont ses ministères de tutelle ?
Chose nouvelle en France, tous les acteurs importants de la mobilité sont regroupés dans une structure unique : le conseil d’administration de l’Agence Campus France inclut le CNOUS [NDLR : qui gère l’aide sociale pour les étudiants, les restaurants universitaires et les cités universitaires], Egide [NDRL : Egide se chargeait, pour simplifier, plutôt des boursiers des pays pauvres, et le CNOUS plutôt des autres boursiers], EduFrance [NDLR : chargé de la promotion de l’enseignement français à l’étranger], les conférences d’établissements supérieurs telles la CPU (Conférence des présidents d’université), la CGE (Conférence des grandes écoles), la CDEFI (Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs)… Ses ministères principaux de tutelle sont le Ministère des Affaires Etrangères (MAE), le Ministère de l’Education Nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR), mais aussi celui de la Culture et celui du Commerce extérieur.

Il semble que ce nouveau système centralisé et dématérialisé sur le net permette à l’étudiant étranger d’identifier d’un clic le pannel de cursus et d’établissements que constitue l’enseignement supérieur en France ?
En effet : Campus France offre un moteur de recherche puissant, qui répertorie aujourd’hui les 33 mille formations qui existent en France au niveau Licence et Master, et comportera dès 2008 toutes les formations doctorales accessibles par ordre alphabétique et par mot-clé.
Mais cela ne sert à rien si ce moteur de recherche renvoie ensuite sur des sites qui ne sont pas traduits en anglais, ne sont pas actualisés ou ne sont pas lisibles pour un étudiant étranger. Nous devons multiplier les efforts pour que les établissements d’enseignement supérieur y parviennent. Ce que l’Agence va chercher à faire en 2008, en étroite collaboration avec les universités, leurs présidents, les responsables des relations internationales, et les services communication, est de rendre leurs sites web plus adaptés et plus lisibles pour les étudiants étrangers. Nous avons beaucoup de progrès à faire pour améliorer cette fluidité de l’information.

Parlons des Espaces Campus France à l’étranger : on leur reproche aujourd’hui de ne pas mener à bien leur mission d’information et d’orientation, en particulier pour ceux qui existaient déjà sous la forme CEF. Quels chantiers d’amélioration ?
Sur cet enjeu, l’Agence Campus France mène ce travail avec le Ministère des affaires étrangères (MAE) qui prend concrètement en charge nombre d’éléments constitutifs des ECF à l’étranger. L’outil informatique pour préinscrire l’étudiant par exemple, le logiciel « Pastel », est aux mains du département informatique du Ministère des affaires étrangères. Pour l’entretien d’orientation que vous évoquez, le personnel qui dans les Espaces Campus France fait passer cet entretien aux étudiants étrangers dans le but de vérifier leur niveau de français, l’authenticité de leurs diplômes, leur solvabilité, et d’évaluer avec eux leur projet académique et professionnel, est également recruté et rémunéré par le MAE.
Il est vrai que les agents qui mènent ces entretiens ont des fonctions multiples, ce qui nécessite de leur part de recevoir une triple formation et ne ne rend pas leur tâche facile. Leur mission est d’assurer la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger, d’être des conseillers d’orientation, mais aussi tout simplement de permettre un accueil sympathique, leur espace étant une vitrine de la France.
En effet, le rôle d’un ECF n’est pas de se borner à un traitement administratif du candidat, mais bien de proposer un service d’information et d’orientation sur l’enseignement supérieur.

Vous l’avez dit, le CROUS fait partie du conseil d’administration de l’Agence. Quelles pistes se dégagent au niveau du logement des étudiants étrangers en France, jusqu’ici très problématique ?
Sur ce point, Campus France a pour mission de généraliser le principe du guichet unique dans toutes les villes universitaires de France. Il s’agira d’ouvrir des Espaces Campus France sur le territoire français qui seront un peu le pendant, en aval dans la chaîne de l’accueil des étudiants étrangers, des ECF à l’étranger. Dans ce cadre, nous travaillons en étroite collaboration avec Jean-François Cervel, directeur du CNOUS, et Jean-Paul Roumegas, Sous-directeur des Affaires Internationales du CNOUS, pour mettre au point un dispositif qui permette de recevoir correctement des étudiants étrangers toute l’année. L’idée est d’anticiper au maximum des conditions d’accueil et d’hébergement des étudiants étrangers, et de veiller particulièrement aux primo-arrivants.
Un deuxième problème à résoudre est celui de la caution. Il existe localement quantité de bonnes pratiques : le site de Montpellier permet en 6 étapes à un étudiant étranger d’obtenir un logement depuis l’étranger par exemple. Le dispositif Clé Aquitaine est également innovant sur le thème du cautionnement. Nous allons recenser les meilleures pratiques. Puis ces guichets uniques proposant les conditions minimales d’accueil défini par le cahier des charges issu de ce recensement seront « labelisés » Campus France. Etablir un tel fil rouge de qualité est primordial, dans la compétition internationale qui se joue.

Quid de l’intégration des associations étudiantes, qui ont localement pérennisé des dispositifs ingénieux, dans la réflexion ?
Dès la rentrée, je propose de les recevoir pour explorer les solutions à mettre en place et les partenariats possibles. Nous avons tous intérêt à travailler ensemble.

Voyez-vous une information importante à ajouter ?
Une mission nouvelle de l’Agence va être de s’occuper de l’Afrique : nous allons créer des ECF ou améliorer les CEF pré-existants le cas échéant, pour en faire de véritables Espaces Campus France, où l’information et l’orientation auront une place prépondérante. Jusqu’à présent, les CEF recouvraient des réalités diverses, certains ne faisaient que du traitement administratif de préinscription sans qu’il y ait réellement d’entretien approfondi ni d’effort d’information en amont, et il faut cette année que nous veillions à cela.

Lire la présentation de l’agence Campus France qu’André Siganos a faite lors des 8èmes Rencontres des responsables de la coopération universitaire franco-québécoise les 10 et 11 mai 2007 :

 Voir le diaporama

En savoir plus : http://www.campusfrance.org/index.htm

 

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