L’association Campus Responsable – Groupe HEMA, présente sur le campus de Lognes (77) regroupant les écoles de management ISEAM-ISEADD et ESM-A, est très active dans les domaines du développement durable. Cela passe, par exemple, par des actions de sensibilisation en partenariat avec Alter Eco et GoodPlanet ou par la mise en place de projets concrets portés par les étudiants, comme l’AMAP, qui existe depuis deux ans.

 

Le mardi après-midi lors de notre visite, en raison de la pluie, la distribution se tenait dans un local proche d’une cafeteria animée. Sarah, en charge de la distribution ce jour-là, s’est pliée au jeu des questions-réponses.

 

Nous remercions aussi Jean-Philippe, président de Campus Responsable –Groupe HEMA, et Justine responsable du projet « AMAP » avec Sarah, de leur investissement, notamment lors d’événements de soutien et d’échanges d’expériences portés par Animafac sur l’Ile-de-France à l’attention d’autres associations du réseau.

 

 

Animafac : Pour commencer, quand et pourquoi s’est constituée l’AMAP sur votre campus ?

Sarah : C’est une étudiante de l’année passée, Anne-Marie, qui a eu l’idée de mettre en place l’AMAP. Elle voulait bénéficier de paniers « bio ». Elle s’est aperçue qu’on n’en trouvait pas aux alentours. Elle s’est dit qu’en obtenir sur le campus serait pratique comme nous sommes en alternance avec un rythme de cours soutenu. Nous sommes à l’école les lundis et mardis. Les actions de Campus responsable, dont la distribution, ont lieu principalement durant ces deux jours.

 

Comment avez-vous trouvé l’agriculteur ? Comment a été négocié votre approvisionnement ?

Anne-Marie a trouvé l’agriculteur aux Vergers de Cossigny, à 10Km de l’école. Au début, il était un peu réticent puisque l’objectif d’une AMAP est de durer toute l’année alors qu’en tant qu’étudiant, nous avons des vacances. Cependant, il a accepté de ne pas nous fournir lors de ces périodes. Vivants souvent seuls, nous lui avons demandé des demi-paniers qui coûtent seulement 8 euros.

Il a été un des pionniers à être en agriculture biologique en Ile-de-France. Ca lui plaît de partager ça avec des étudiants. Quand on organise des événements, il est content de venir, de montrer ses produits et de nous les expliquer. Cette démarche lui permet de nous transmettre son engagement et d’y gagner financièrement.

 

Comment s’organise la distribution ?

Je vais chercher les légumes le lundi soir en voiture. L’agriculteur est là pour nous accueillir, nous expliquer ce que c’est et nous donner des recettes. Ensuite, le mardi, nous distribuons les légumes. Nous sommes actuellement à 25 paniers. Des personnes sont sur liste d’attente. Nous n’avons pas assez de voiture. Je vais chercher seule les 25 paniers et c’est la limite dans ma voiture. Nous aimerions nous développer l’an prochain et assurer la distribution en fin de semaine pour groupe qui a des cours à ce moment-là.  Mais il faudrait d’autres conducteurs…

 

L’initiatrice de l’AMAP est-elle toujours présente à l’école ? Comment s’est organisé la transmission ?

Non. Elle était en Master 2 l’an passé. A la rentrée,  toute l’association Campus Responsable s’est renouvelée. Elle nous a expliqué et transmis le projet. Justine et moi étions intéressées, nous l’avons repris… Nous avons eu deux ou trois rendez-vous avec elle et étions en contact régulier. La passation a été un moment un peu difficile malgré l’accompagnement des anciens, en raison du rythme des cours. Début janvie, Jean-Philippe a restructuré l’association sous forme de réseaux de projets indépendants les uns des autres et portés par de petits groupes d’étudiants. Aujourd’hui, l’AMAP est devenue l’une des démarches phares de l’association, consolidée et pérenne.

 

Comment s’organisent les rencontre avec l’agriculteur ? Où ont-elles lieu ?

Il est venu deux fois à l’école cette année. Une fois pour les inscriptions de l’AMAP afin de présenter ses produits et la démarche. Une deuxième fois lors de la Semaine du développement durable comme invité du stand alimentation éco-responsable afin de rencontrer les participants tout en proposant la dégustation de jus de pomme, de cidre et des pommes de son exploitation. En juillet ou en septembre, nous avons l’intention d’organiser une après-midi pour l’aider à récolter ses fruits et ses légumes. Ce sera ainsi l’occasion de mieux comprendre les exigences de la culture biologique.

 

Comment animez-vous l’AMAP ? Recettes, repas collectifs, etc.

Cette semaine, nous avons du chou pointu. Les gens ne connaissent pas forcément. On leur donne des recettes. Parfois, nous allons regarder sur Internet afin de trouver des recettes et d’inciter les membres à cuisiner les légumes peu communs (fenouil, céleri, etc.) Nous croisons le projet avec d’autres événements portés par Campus Responsable : Semaine du Développement Durable, barbecue responsable, etc.

 

Arrive-t-il que les consommateurs soient dubitatifs ou rebutés devant certains légumes ?

Franchement, non. Nous sommes obligés d’avoir de la curiosité, de chercher comment les cuisiner ! Il y a des légumes que je ne mangeais jamais et que j’ai découvert. Maintenant, j’en mange. Ca incite même certains à cuisiner. Les gens essaient des recettes et reviennent la semaine d’après souvent satisfaits de leurs tentatives.

 

La saisonnalité des cultures pose-t-elle problème ? Comment est-elle articulée avec le calendrier étudiant ?

En février, nous n’avions plus de paniers parce que l’agriculteur avait laissé la terre en jachère. La principale contrainte de notre calendrier est le fait qu’il y ait deux rentrées. L’AMAP ne débute pas en septembre mais un peu plus tard en automne.

 

Les étudiants ont bien accepté le gap de février ?

Oui, nous avons pris le temps d’en expliquer clairement les raisons.

 

Certains produits qui se conservent plus longtemps en chambre froide reviennent-ils plus souvent ?

L’hiver, nous avons toujours des pommes de terre et des pommes. L’été, les salades reviennent tout le temps, mais c’est un produit de saison agréable. A un moment donné, les gens étaient fatigués des pommes de terre, mais ça se conserve chez soi d’une semaine à l’autre.

 

L’existence de filières propres au management du développement durable au sein de l’école facilite-t-elle le fonctionnement de l’AMAP ? Et comment le projet s’articule-t-il avec le corps enseignant et l’administration ?

Sarah/Jean-Philippe : Oui. L’ISEADD est le plus grand centre de formation spécialisé en développement durable de France avec 8 formations à la rentrée 2010. Beaucoup d’étudiants de ces Masters bénéficient de paniers bio. Ils sont plus sensibles et réceptifs à ces problématiques. Cependant, ce ne sont pas les seuls. Des étudiants d’autres cursus en bénéficient tout comme les enseignants et le personnel de l’école. Certains membres de l’association rencontrent régulièrement la direction de l’école pour l’informer de l’avancée des actions en cours et présenter de nouveaux projets.

 

Pensez-vous déjà à la transmission pour l’année prochaine ?

Nous allons essayer de recruter de nouvelles personnes dès la rentrée. Nous tenterons aussi de trouver un nouveau conducteur afin d’agrandir la distribution. Nous allons essayer de répondre à la demande croissante des consomm’acteurs de ce campus de près de 700 étudiants.

 

Quels sont les autres projets de Campus Responsable ?

Dix autres projets sont portés par les 43 membres de la promotion du développement durable sur le campus. Par exemple, nous valorisons le déplacement responsable par le biais d’un système de covoiturage. Des projets de gestion écologique des espaces verts du campus et de sa biodiversité, de sensibilisation aux comportements responsables (consommation eau, énergies et tri des déchets) et d’accompagnement du Groupe HEMA dans l’amélioration de ces pratiques en faveur du développement durable ont vu le jour. Des partenariats avec le BDE de l’école, le Refedd, Alter Eco ou encore GoodPlanet sont effectifs. Nous participons à des événements nationaux comme la Semaine du développement durable. Celle de 2010, « de la prise de conscience aux actes » a permis, à travers une exposition de la Fondation GoodPlanet, d’initier une réflexion sur nos comportements.

 

 

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