Il y a un siècle, le droit des individus de s’associer librement, dans un cadre non professionnel, était donné par la IIIème République. Centenaire, l’association a conquis la maturité sans coiffer sa mèche rebelle.

Cette maturité, signifiée par le rôle important de l’association dans la vie citoyenne n’est pas un laurier sur lequel reposer. Au contraire, la reconnaissance grandissante de l’action associative par les institutions et le grand public doit être accompagnée, portée par un travail collectif, ouvert comme le siècle par ce centenaire.


Une loi de combat

La loi 1901 s’inscrit dans le combat que mène alors le gouvernement républicain de Waldeck-Rousseau, qui  » poursuit une politique de réformes républicaines et de défense de l’État laïque « . Il s’agit en effet de lutter contre l’influence des congrégations religieuses ; la loi les rend sujettes à une autorisation législative pour se constituer, alors que les associations civiles non professionnelles sont déclarées totalement libres de se créer.

Désormais, sans l’autorisation de l’État, les congrégations ne peuvent plus dispenser d’enseignement ; leurs biens et revenus sont sous contrôle des préfets. La loi 1901 est loi de liberté, mais aussi loi de combat. L’Affaire Dreyfus n’est pas loin qui a vu s’affronter les républicains d’un côté, l’Église et les monarchistes de l’autre. La jeune liberté d’association est un des enjeux des élections de 1902, dont la victoire, obtenue par le Bloc des Gauches, consacre la République. La loi de 1901 a  » trait à l’idéal républicain. (…) Elle est étroitement liée à la République « , déclare aujourd’hui Jean-Michel Belorgey, président de la Mission interministérielle pour la célébration de la loi de 1901.


95% d’opinion favorable

Aujourd’hui, l’association n’a plus à craindre de sa légitimité. En effet, 95% de la population française émet une opinion favorable des associations et va jusqu’à les juger indispensables dans tous les secteurs de la société, du sport à la lutte contre l’exclusion, de la consommation aux droits de l’homme, de la protection de la nature à la pratique culturelle… 20 millions de Français participent aux quelques 700 000 à 800 000 associations du territoire. Mais, parmi eux, nombreux sont les « simples usagers », désireux d’accéder à un service (prodigué par une association sportive p.e.). Il n’est donc pas inutile de rappeler la valeur citoyenne de l’engagement associatif, sa contribution au  » vivre ensemble « .

De nombreuses festivités viendront ponctuer la commémoration – ouverte officiellement par Jean-Michel Belorgey, le 2 décembre dernier – et particulièrement durant la semaine anniversaire en juillet 2001, qui verra se rencontrer les grandes familles associatives, les institutions et, espérons-le, le grand public… Inscrit dans cette célébration, se tiendra également le deuxième Forum des Associations étudiantes, du 2 au 4 mars prochains.

Un nécessaire questionnement

Le centenaire doit être l’occasion d’une réflexion sur le fait associatif, d’en dresser le bilan et les perspectives. Comment encourager le potentiel d’innovation, d’harmonisation sociales, d’alternative au secteur marchand des associations, comment laisser plus de place au bénévolat, comment valoriser l’engagement associatif en terme de formation professionnelle ? _ Et comment concilier les missions de service public parfois dévolues aux associations avec l’autonomie qui leur est naturelle ?

À ces questions des réponses sont en germe, qui pourraient croître en revendications tant les espoirs ouverts par les Assises nationales de la Vie associative (99) sont grands. L’éclairage plus intense porté sur les associations depuis cet événement doit mettre également en lumière les associations étudiantes. Celles-ci, par leurs caractéristiques communes autant que par leur diversité, ont une place particulière dans le monde associatif et sont une garantie de modernité pour la loi 1901 qui, décidément, refuse d’accumuler la poussière. Il nous appartient, membres d’associations étudiantes, de profiter de ces 365 jours d’agitation associative pour donner à voir nos actions, notre inscription dans la ville, pour exister aux plans local et national.

 

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