Cet article fait partie du compte rendu de la rencontre « Développement durable » du 12 et 13 février 2005. Vous pouvez retourner au dossier central pour consulter les autres articles du compte-rendu.

Quelles formes de sensibilisation développent les associations étudiantes ? Existe-il un champ d’action plus pertinent pour sensibiliser ? L’impact de ce type d’action peut-il se mesurer ?

 

– Associations intervenantes : Les Amis du Développement Durable, Goutte à Goutte, DD in situ.
– Animateur : Barthélémy – A2D

L’animateur a tout d’abord précisé qu’il était important d’échanger également sur les objectifs et le public visé, et de savoir si la cible a été atteinte.

Les Amis du Développement Durable présentée par Barthélémy

Association A2D, les amis du développement durable L’association mène plusieurs types d’action sur le campus scientifique de Lille et dans les écoles : sensibilisation au tri, organisation de la semaine puis de la quinzaine du développement durable, émission de radio sur le développement durable, etc. Ils ont pour cela déjà remporté à plusieurs reprises le concours Envie d’agir et le concours 1000 défis pour ma planète.

Pour la sensibilisation dans les écoles : 3 séances sur le tri des déchets avec la même classe et la venue de l’Infos Bus. Mises en pratique par les enfants pour montrer par l’observation le problème des déchets qui est couplé avec une réflexion sur le tri à la maison, avec des fiches à remplir avec les parents, etc. Cette méthode a fait ses preuves mais sans connaître l’ampleur des répercutions.

Les scolaires se montrent donc assez intéressés et les interventions se font pendant les heures de cours. Il est plus difficile pour le public étudiant de le faire venir. Des actions couplées sont donc réalisées : pour attirer et interpeller le public lors d’une action sur le tri des déchets avec l’Info Bus, un stand radio commentait l’évènement et diffusait de la musique ; exemple d’une action où la venue d’un parrain sert de promotion via sa notoriété.

Mais attention aux dérives, il faut que le parrain soit vraiment concerné par l’action et pas seulement là pour faire sa promotion. Attention également car il peut y avoir un effet négatif avec les gens qui n’apprécient pas le parrain et qui peuvent assimiler par la suite cette personne à l’association.Cela pose également la question de la sensibilisation de masse.
Faut-il essayer de toucher un maximum de monde même s’ils ne vont pas atteindre les objectifs que l’association vise ? N’est-il pas intéressant d’arriver à sensibiliser peu de personnes mais de façon plus complète ?

Dans tous les cas, pour réaliser ces actions de sensibilisation, les demandes sont très différentes et fonction de l’établissement : écoles, collèges, lycées et faculté. Ceci ne simplifie en rien les démarches surtout à l’université où la diversité des acteurs concernés rend souvent conflictuelle la demande.

Actions réalisées ou prévues pour l’année 2005 :

– Colloque des universités sur le développement durable / Rencontres inter associatives sur le développement durable.
– Création d’outils pédagogiques
– Semaine de l’eau
– Agenda 21 universitaire

En conclusion, les recommandations pour la réussite d’une action :

– Bien choisir les dates ! Les évènements doivent se faire à des périodes sans examens.
– faire participer au maximum les individus, rendre attractives les activités.
– bien évaluer s’il est intéressant d’avoir un parrain et évidement bien le choisir.
– Pour la communication, il faut commencer par les filières les plus concernées qui pourront ainsi :

1. assurer un public minimum
2. relayer l’information plus facilement.

Association Goutte à goutte présentée par Robert Borja

L’association a mené deux projets de sensibilisation :

Lors d’un voyage en Bretagne de 10 jours, l’association a fait de l’exploration de terrain et noté de nombreux dysfonctionnements. Suite à ce voyage, une exposition a été réalisée afin d’exposer ces problèmes écologiques sous la forme non pas d’une exposition scientifique mais d’une exposition artistique avec parcours en 3D. Ainsi le visiteur réalise lui-même l’enquête en progressant dans des milieux de plus en plus dégradés pour arriver aux causes de ces dérèglements.

L’exposition a fait l’objet d’un jeu de piste avec les enfants du CM1 et CM2. Le résultat a été très positif pour eux mais très contraignant pour les organisateurs pas assez nombreux.

Les limites de ce projet sont que l’exposition a surtout touché un public déjà sensibilisé et la diffusion de l’expo est lourde. Il faut beaucoup de place pour sa présentation et une meilleure communication pour faire venir un public plus nombreux.

Un autre travail de sensibilisation sur le devenir des déchets est réalisé avec la plateforme Starting-Block

L’association insiste surtout sur le message : la quantité de déchet, faire prendre conscience de la multitudes des matériaux utilisés dans notre consommation. L’intérêt du projet est que les enfants réalisent l’enquête eux-mêmes. Exemple : que faire dans le cas d’une décharge sauvage ? Quelles solutions proposer au maire ? Un incinérateur implique une pollution par les fumées, ils envisagent donc plus facilement le tri en amont.

Pour mesurer l’impact des projets, l’appropriation par les enfants est mise en avant. Un trivial poursuit organisé un mois après permet de poser des questions et de mesurer ce que les enfants ont retenu de la sensibilisation.


Quelques questions ressortent de ces échanges

– comment sensibiliser ?
– comment jouer sur la dimension des ressentis du public participant pour qu’il s’approprie mieux le développement durable ?

La sensibilisation réalisée à l’école est parfois difficile à mettre en pratique à la maison. A l’école, le cadre social s’y prête ; tandis qu’à la maison il y a les rites des parents. Ces limites sont à prendre en compte dans les objectifs fixés.

Pistes envisagées pour améliorer la sensibilisation

– Croiser les regards art / environnement, économie / environnement…
– Travailler dans un premier temps à sensibiliser les associations étudiantes pour qu’elles intègrent ce concept de développement durable.
– Travailler avec des artistes engagés.
– S’enrichir des expériences à l’étranger.

Remarques générales

Les choses avancent depuis 20-30 ans, le développement durable n’est pas un mouvement marginal et beaucoup de gens agissent ! On peut rendre plus crédible et plus visible ce mouvement en montrant les nombreuses activités menées , pas simplement en France.

Association Développement durable in situ présentée par Geraldine Houot

– Enquête sur le terrain puis information et participation comme ce fut le cas pour le projet Amapa au Brésil. La diffusion des bonnes initiatives est ensuite rendue possible par le multimédia.

– Atelier pilote dans un quartier « club de soutien scolaire » : le public est difficile et la sensibilisation est plus délicate à effectuer. Prendre en compte leurs centres d’intérêt pour les impliquer est primordial.

Conclusion

Il semble donc évident pour tous que sensibiliser, c’est d’abord informer et qu’on s’approprie mieux l’information si on amène le public à trouver par lui-même la réponse plutôt que de lui « imposer » sa propre réflexion. Le champ d’action est donc très vaste. Tout doit être fait pour rendre le public acteur, que cela passe par l’expérimentation, l’accès au multimédia, des expositions interactives, etc. Le message semble en outre mieux perçu s’il est abordé de façon ludique plutôt qu’alarmiste.

L’impact d’une action est par contre difficile à mesurer. Une réflexion en amont du projet est utile pour définir les objectifs que l’association se fixe en terme de public touché et aussi pour créer des moyens d’évaluation de l’ impact (questionnaires, coupon réponse à un jeu…).

 

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