Cet article fait partie du compte rendu de la rencontre « Développement durable » du 12 et 13 février 2005. Vous pouvez retourner au dossier central pour consulter les autres articles du compte rendu.

L’atelier a été l’occasion d’aborder les types de projets menés à l’étranger ainsi que le choix de la méthodologie et du partenaire local selon le projet

Associations intervenantes : Phénix (Marseille), Karavan (Bordeaux), Sankana et Imragen (Paris)

Animateur : Augustin Westphal, président d’Étudiants & Développement

Sankana
présentée par Emma Beetlestone

Sankana travaille surtout dans l’aide au développement au Sénégal avec ses divers projets :

– les 300km contre le N’Diambogne
– Participer à l’amélioration de l’accès aux soins de santé primaire et à la prévention des maladies à forte prévalence à Sadio M’Bayar, village enclavé du centre du Sénégal.
– Projet d’échange scolaire et pédagogique Franco-Sénégalais pour impliquer le plus tôt possible les jeunes écoliers dans le développement de leur village ou de leur quartier. Le théâtre, la chanson et le conte sont utilisés comme outils de prévention…

L’association travaille aussi dans l’éducation au développement durable en France toujours en collaboration avec des partenaires locaux (associations, ONG etc.).

La réalisation d’un projet commence toujours par une mission d’exploration sur place pour : pour
– accorder les objectifs du projet avec les données locales trouver un partenaire local fiable et actif : le travail avec les associations locales est une condition sine qua non de la réalisation d’un projet.
– assurer les moyens primaires de communication (téléphone ou Internet)

Il ne faut pas oublier que ce n’est pas forcéement parce qu’il y a une demande qu’il y a un besoin d’aide.

Le choix du partenaire et du champ d’action doit respecter certaines règles. Il faut éviter de travailler avec les bénéficiaires directs du projet pour éviter les risques de détournement des moyens dans un intérêt privé.

Outre le choix du partenariat, il est important que le projet soit adapté aux donnés locales sans « importer » une idée développée en France. Il ne faut pas sous-estimer la capacité des habitants locaux à identifier les besoins et à être consultés pour cela.

Comment rendre le projet autonome ?

L’implication du partenaire local (Association, ONG locale etc.) est essentielle et permet par exemple dans le projet d’amélioration de l’accès aux soins médicaux d’installer des cases de santé autonomes, gérées par les villages mêmes. Néanmoins, certains partenaires sont malhonnêtes et ne sont intéressés par une collaboration dans le seul but d’un bénéfice personnel.

Il est donc indispensable de se rendre sur place quelques fois pendant le projet pour vérifier l’avancée effective du travail. En même temps, il faut éviter d’apparaître uniquement comme bailleur de fond. On peut contourner cela par l’organisation de formations pour les porteurs du projet sur place et le travail avec une association qui ne retirera pas un bénéfice direct du projet.

Association Imragen
présentée par Léandre Chevalier et Fabrice Le Nourichel

L’impression d’être considérée comme « porte-monnaie » est souvent le résultat d’une mauvaise intégration culturelle. Il vaut donc mieux former que donner de l’argent directement, et respecter ainsi un vieux diction : « si tu donnes un poisson à quelqu’un, tu le nourris une journée, apprends lui a pêcher et il mangera tous les jours »

Quelques projets menés par Imragen :

Projet Talibés : En réponse aux besoins des enfants talibés, nous interviendrons sur le volet préventif : information, éducation et formation, par l’intégration de carnets de santé, de fiches de suivi, de guides d’entretien. La sensibilisation des marabouts dans le processus est constante.

Enfants des rues enfants du monde : Depuis maintenant trois ans, l’association travaille en partenariat avec l’ONG Mith Samlanh / Friends, Phnom Penh, qui développe un programme pour les enfants des rues (spectacle avec les enfants des rues etc.), leurs familles et leurs communautés (www.streetfriends.org).

Projet TQP (T’occupes-pas-de-la-marque-du-vélo-mais-PEDALE !!!!!) : Deux membres de l’association Imragen ont décidé de se muscler les jambes durant leurs vacances de juillet 2004 : ils veulent relier en vélo Vientiane (capitale du Laos) à Phnom Penh (capitale du Cambodge). Un long périple de 1500 Km le long du Mékong !

Entre deux tours de pédales, ils en profiteront pour découvrir ces pays et leurs cultures. Ils essayeront également d’apercevoir l’une des dernières populations de dauphins d’eau douce du monde. Un petit clin d’oeil au premier projet de l’association, dont le but était de rencontrer les pêcheurs Imragen (Mauritanie), qui, lors de la pêche traditionnelle, coopèrent avec les dauphins.

La démarche prise par Imragen pour le portage d’un projet était en général une mission d’exploration d’environs un mois pour faire une étude sur place, rencontrer les institutions de collaboration (apprendre leurs intérêts etc.) et faire un plan d’action (alphabétisation, accueil des enfants, programme de santé sur la circoncision, suivi sanitaire etc.) par la suite.

La viabilité d’un projet se base sur l’applicabilité technique (ex. : construction des puits dans une village et au même temps penser à former quelqu’un sur la gestion du puit ainsi qu’à laisser des pièces de rechange sur place ou bien fournir un lien ou s’équiper avec des pièces de rechange etc.), l’organisation de l’équipe, le financement et l’impact sur l’environnement du projet installé (ex. éviter les matériaux non recyclables).

L’environnement ne se limite pas à la nature mais inclut aussi la culture sur place. Il est important de bien s’intégrer dans la société locale afin de ne pas être perçus comme des « blanc colonisateurs ».

L’autonomisation d’un projet peut se faire sur différents critères, Imragen a choisi les suivants :

– date d’autonomisation fixé dès le départ par contrat
– quand l’implication des locaux est suffuisanet
– quand l’association locale a trouvé d’autres partenaires Le retrait n’est pas obligatoirement total, au contraire, il y a souvent un soutien méthodologique sous la forme de conseils qui peut durer un certain temps.

Association Phénix
présentée par Lucie Sarles et Géraldine Cabarrot

Phénix est une association de l’IUP environnement à Marseille. Elle centre son travail sur des projets d’aide au développement, sur la protection de l’environnement et sur la sensibilisation des publics jeunes en France.

Les projets internationaux sont mis en œuvre de manière identique à Imragen : tout projet est précédé d’une mission exploratrice pour identifier la demande, pour ensuite passer à la phase de réalisation en essayant d’utiliser les moyens techniques et matériels locaux, plutôt que de les importer de France. Il s’agit ici encore d’obtenir une meilleure appropriation du projet par la population.

La réalisation du projet s’accompagne toujours d’une campagne de sensibilisation et d’information sur le projet auprès du public bénéficiaire.

Chaque projet fait l’objet fait l’objet d’un bilan, notamment pour vérifier si les objectifs fixés avec les différents partenaires ont été atteints et afin d’opérer un suivi du projet par la suite.

Les projets menés par Phénix se déroulent au Cambodge, au Cameroun et au Vietnam.

Comme beaucoup d’autres association, Phénix à aussi été confrontée à l’échec, ce qui les amène à davantage réfléchir à la méthodologie des projets : l’installation d’un frigo solaire pour maintenir des vaccins au frais avait par exemple besoin de trop de maintenance technique et a été rapidement hors fonction.

Aujourd’hui les projets bénéficient d’une préparation de 3 mois et de partenaires sur place (ONG, associations, traducteurs etc.). Les partenaires ont fini par beaucoup s’investir en créant une cellule Phénix dans leur centre de formation qui permet de suivre seul leurs projets.

Association Karavan
présentée par Elsa Gachelin

Karavan Bordelaise a été fondée en décembre 2002 par un groupe d’amis, étudiants en médecine, et sensibles aux problèmes rencontrés par les étudiants pour partir étudier à l’étranger.

Les champs d’action de Karavan sont :

– les relations internationales au sein de l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 par un système de parrainage, des étudiants étrangers venant étudier à Bordeaux et en facilitant la mobilité étudiante bordelaise (stages externes, Erasmus…..)
– Donner les moyens aux étudiants d’élaborer des projets humanitaires et travailler en coopération avec d’autres associations à visée humanitaire
– Animations auprès des enfants hospitalisés
– Mission Humanitaire des Inter-Grandes Écoles
– Karavan Togolaise dont les thèmes abordés sont l’hygiène quotidienne, de l’eau, en urgence, alimentaire, intime ; la contraception : par l’intermédiaire de la connaissance de son corps ; le paludisme : nature, transmission, dépistage, traitement.

Le projet Karavan togolaise est porté avec des étudiants togolais sur place. Le projet consiste à mettre en place des formations dans les villages pour améliorer la situation sanitaire et médicale.

Les étudiants togolais passent toujours d’abord par le chef de village pour faire accepter le projet et permettre ensuite la création de groupes de travail. Un exemple d’action concrète est l’achat de moustiquaires et de préservatifs en gros qui sont proposés à prix réduits aux villageois.

Le projet fonctionne bien d’autant que le partenaire sur place est assez autonome. Pour atetindre l’autonomie complète, il faudrait maintenant trouver une association locale qui travaille dans le même secteur et qui pourrait parrainer le projet par la suite.

Synthèse :

L’échange culturel préalable à un projet est essentiel afin d’éviter les malentendus et un mauvais accueil par la population locale. Les aides apportées doivent être choisies avec soin pour être en accord avec le fameux « aider n’est pas donner ».

– La mission exploratoire :

Une mission exploratoire avant la mise en œuvre d’un projet à l’étranger est indispensable. De nombreux projets ont échoué par manque de préparation en amont.

– La pérennité du projet :

Elle fonctionne d’autant mieux quand le projet est réalisé en partenariat avec une organisation sur place qui a également fait le choix de ce partenariat (le choix réciproque = relation équilibrée) et qui n’attend pas uniquement un soutien financier.

– L’autonomie :

Pour que l’association locale prenne le relais, les éléments clés sont des compétences, de l’organisation et un financement assuré.

 

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