Cet article fait partie du compte rendu de la rencontre des médias étudiants du 12 février 2005. Vous pouvez retourner au dossier central pour consulter les autres articles du compte rendu.


Il y a beaucoup à dire sur la réalisation d’un journal ou d’une revue. Le temps d’accompagnement de projet prévu pour la rencontre était bien trop court pour en faire un tour exhaustif. L’intervention de Thomas Rogé, ancien directeur de J-presse, a essentiellement porté sur des questions d’impression, de mise en page et de financement sans pouvoir non plus aller au bout de chaque sujet par manque de temps. Pour les aspects juridiques et de montage du projet, nous vous renvoyons aux fiches techniques.

 

Impression


L’impression d’un journal pose des questions de stratégie. Photocopie ou imprimerie ? Cela revient peu ou prou à poser la question du tirage. Passer par un imprimeur n’est adéquat que pour des parutions excédant le millier d’exemplaires. La reprographie donne aujourd’hui d’excellent résultats qualitatifs et confère par ailleurs une certaine liberté de format.

 

Quelques conseils dans ses relations avec les imprimeurs


Ne pas hésiter à faire jouer la concurrence. Il ne faudrait surtout pas se limiter à s’adresser uniquement à l’entreprise la plus proche de la fac, comme ce fut le cas du Canard Enchanté qui estime maintenant avoir payé au moins 50% plus cher que s’ils s’étaient adressés ailleurs. S’éloigner du centre ville voir toucher la pleine campagne donne accès à de substantielles réductions.

 

Il existe aussi en France des sociétés sur Internet comme Opticum qui se chargent du dossier imprimeur et de trouver le meilleur devis selon les critères que vous avez définis. Toutefois, les revues ont tout à gagner à établir des liens avec leur imprimeur qui vont au-delà de la simple prestation de service. Ne serait-ce que passer quelques heures pour voir fonctionner l’imprimerie est très enrichissant et parfois utile pour votre commande.

 

Il ne faudrait pas non plus que de la cordialité dégénère en attitude permissive. Ne jamais payer la totalité en avance. Insérer des clauses de « qualité ». Établir un bon à tirer qui est une clause de réception et qui vaut comme document contractuel. Pour les journaux en couleur, il est recommandé de demander un chromalin (certes un peu onéreux), ce qui permet de vérifier la qualité des encres et des couleurs.

 

Les délais d’impression doivent normalement être de 3 à 4 jours. Pour qu’il soient respectés, il convient d’établir une date de remise des fichiers numériques ou papier à l’imprimeur et de s’y tenir. L’imprimeur prévoit en effet un planning d’occupation de ses machines et verra d’un mauvais œil que vous le bousculiez pour la énième fois. Prévenez-le le maximum à l’avance de tout changement.


Mise en page


Généralement, on publie un journal parce qu’on a quelque chose à dire. La démarche qu’on se propose d’adopter consiste donc à éditer du texte pour véhiculer informations et idées. Or le schéma de transmission n’est pas si simple puisque dès lors qu’on publie, la médiation passe par l’image. Or on ne lit pas un journal comme on bouquine un livre.


La maquette


Parce qu’on regarde un journal avant de le lire, la mise en page est ce qui fonde avant toute chose l’identité d’un journal. Celle-ci n’est pas à considérer comme accessoire : l’expression passe autant par la forme que par le fond.

 

Une maquette, ce n’est pas seulement « faire joli ». La lecture n’est pas un acte instantané mais bien un processus qu’il s’agit d’accompagner. Contrairement au roman, le chemin de lecture est tout sauf linéaire. Quand on ouvre un journal au hasard, il s’agit de retrouver des repères. L’iconographie donne sens, et les intertitres, exergues, illustrations, photos sont tous autant de balises qui accompagnent la lecture.

 

Il y a tout un travail à effectuer sur la typographie également. Le fait que Word soit livré avec près de deux cents polices différentes ne doit pas conduire à toutes les utiliser en même temps. Bien que cela puisse être amusant pour le concepteur, le lecteur sera déstabilisé si la police change sans cesse ou si des caractères complexes rendent le texte illisible.

 

Mais toutes les audaces sont permises et c’est précisément cette liberté qui fait la richesse de la presse jeune. Il n’y a pas qu’une seule manière de faire mais des moyens qui donnent corps à l’expressivité.

 

Financement

 

Les journaux étudiants pensent souvent n’avoir besoin que d’argent pour fonctionner. L’un des enjeux d’Animafac est justement de les amener à développer une réflexion sur tout ce qui touche à leur activité : conduire un projet est d’abord une affaire d’équipe et de contenu, l’argent vient ensuite même si c’est une dimension dont nul ne peut faire abstraction.

 

Méthodologie

 

Le recherche de financements est une activité à part entière. Il s’agit ici de donner quelques pistes à suivre parmi les plus évidentes. Financer un projet ne se réduit pas à demander de l’argent mais à entamer sur la durée un dialogue avec ses partenaires financiers.

 

La première des démarches consiste à cibler les attentes des annonceurs. D’où l’importance d’établir un contact avant de leur adresser un dossier. Se faire connaître peut s’avérer décisif quant à l’attribution de fonds. Il faut aussi apprendre à gérer la déception occasionnée par un refus. Ne pas se fermer des portes parce qu’un projet n’a pas été soutenu une année : les motifs de refus pourront être compris et assimilés pour la prochaine demande de subvention qui sera alors peut être acceptée.

 

Les voies régaliennes du financement de la presse étudiante


Parmi les institutions qui aident la presse étudiante figurent d’abord les CROUS (régionalisés), et les FSDIE (fonds de soutien aux initiatives étudiantes) rattachés aux établissements. Les collectivités territoriales, mairies et communautés d’agglomérations font également de très bons partenaires. Le principe du cofinancement est de mise : solliciter plusieurs institutions donne du crédit à un projet.

 

Se tourner aussi du côté des fondations. Citons la fondation Varenne qui chaque année récompense six journaux étudiants d’établissement pour un montant global de 8000 euros. Le guide Admical renseigne sur les fondations d’entreprise et une fiche pratique d’Animafac liste les fondations qui acceptent les projets étudiants..

 

Par ailleurs, les annonceurs sont nombreux qui souhaiteraient toucher le public étudiant. Même si le journal n’a qu’un tirage limité, cela peut concerner des commerçants locaux. La publicité devient alors un moyen de créer du lien local. On peut faire preuve de créativité.

 

Ainsi l’association Kiblind à Lyon a-t-elle institué un partenariat avec les musées qui consiste à céder des encarts publicitaires contre la possibilité de vendre des pass d’accès aux musées à l’année. Les recettes de la vente des pass reviennent à l’association tandis que le musée fait connaître ses exposition et attire un public qu’il n’aurait pas touché autrement.

 

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