Interviews de Gustave Massiah, Sabin Yamadjako et Philippe Da Costa.

 

Gustave Massiah

Economiste, président du CRID, président de l’AITEC, vice-président d’Attac.

 

L’émergence du mouvement altermondialiste introduit un changement de perspective : l’idée qu’on peut agir, là où on est, pour peser sur l’évolution internationale, en influençant notamment la conduite des politiques nationales. La solidarité internationale quant à elle peut se déployer simultanément dans trois directions : soutenir, à travers le partenariat, ceux qui luttent pour leur dignité et leurs droits. Contribuer, par le biais des mobilisations et des campagnes, à changer l’environnement international. Faire progresser, à travers l’éducation populaire et l’engagement citoyen, la solidarité comme une valeur de référence pour la société française dans son ensemble.


Sabin Yamadjako

Président de l’association franco-béninoise Viseo (ex Mains Tendues).

 

Il n’y a pas une seule et même manière de s’engager dans la solidarité internationale. Si l’on décide d’avoir une action  » à distance « , ce qui est souvent nécessaire pour des questions de moyens, alors il faut avoir sur le terrain des partenaires fiables. Cette configuration requiert un certain équipement en termes d’outils de communication, et donc des moyens financiers. Toutefois, même si la communication à distance fonctionne bien, il est nécessaire de se rendre au moins une fois par an sur place, pour juger sur pièce de l’avancée effective des opérations. Même si la confiance dans les partenaires est totale, rien ne remplace la pédagogie et l’échange sur le terrain.

 

Philippe Da Costa

Directeur national de la vie associative à la Croix Rouge française.

 

Etre engagé dans la solidarité internationale (SI) ne nécessite pas forcément de voyager. Inutile par exemple d’avoir vécu un conflit de l’intérieur pour comprendre l’esprit de la convention de Genève. Ainsi à la Croix Rouge, des chaînes de solidarité se mettent souvent en place sans qu’il y ait forcément départ. L’essentiel résidant dans l’existence d’un bon retour d’information. Il est en outre possible de s’engager dans la SI en venant en aide aux migrants qui vivent à côté de chez soi. Sans-papiers ou étudiants fraîchement débarqués ont parfois autant besoin de soutien que leurs compatriotes restés au pays, vers qui notre regard se tourne souvent plus naturellement.

 

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