INTERVENANT : Benoît Félix du Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida (CRIPS)

ANIMATRICE : Laetitia Hamot, Vice-présidente d’Animafac

 

Benoit commence par nous expliquer que pour faire de la prévention efficace, il faut connaître son public. Il se propose de nous donner quelques pistes sur le « Français de base » :

– Il est plutôt sale : nous sommes le pays qui consomme le moins de brosses à dent et le moins de savons.

– Il est individualiste

– Il a besoin de liberté

– Il est profondément lié à sa culture judéo-chrétienne

– En général, il a un problème de relation aux autres, d’image du corps qui entraîne des comportements à risque

 

Les actions de prévention doivent donner envie et permettre de choisir, de s’épanouir ; il s’agit d’aider les gens à donner un sens à leur vie. Les stands et actions de prévention des risques doivent être accessibles et sympas, car ces gens ont besoin d’oxygène, de s’amuser, de sortir de leurs problèmes quotidiens. L’angoisse est contagieuse. Benoit l’exprime ainsi : « vos stands doivent donner du plaisir ! » Il s’agit de donner de la liberté aux gens pour qu’ils aient le choix, et ils n’auront pas le choix tant qu’ils n’auront pas l’information. A ce niveau, les étudiants sont un public à risque car ils manquent de connaissances.

 

Le comportement ne change que si l’affect est touché, les actions de prévention doivent donc faire appel à l’émotion et donner des éléments que les jeunes pourront utiliser afin qu’ils deviennent acteurs de prévention ce qui par ailleurs les valorise. Il faut faire rire, sourire, pleurer. A ce jeu là, Benoit Félix nous fait une formidable démonstration sur comment parler de sexe sans complexe, sans vulgarité, naturellement en somme. Il explique qu’en France, on crève d’autocensure. Il est tant de parler plus simplement de plaisir, de lubrifiants chauffants, vibrants, etc. Cela permettrait de parler prévention comme une chose allant de soi dans le cadre du plaisir sexuel partagé.

 

Selon Benoît Félix, faire de la prévention, c’est lutter contre le racisme, le sexisme, l’homophobie. En effet, quelqu’un qui subit du rejet est quelqu’un qui se sent mal dans sa peau et qui prendra des risques d’autant plus facilement. « Faire de la prévention et du soin, c’est aimer les gens », dit-il. Il en profite pour nous expliquer comment fonctionne le CRIPS, qui est un lieu ressource pour s’amuser, s’informer, se former, poser les questions gênantes, connaître la différence entre tous les préservatifs existants, se sensibiliser à la pose d’un préservatif sur des godemichés de différentes formes ou à la prise de drogue, etc.

 

Il propose aux associations étudiantes d’utiliser des sujets qui éveillent l’intérêt sans choquer, quitte à ce que les intervenants orientent leur intervention dans un sens précis. Le but est d’attirer un public qui ne viendrait pas naturellement parler de sexe, de prévention et de plaisir. Il nous donne l’exemple d’un débat organisé à Jussieu, dont les intervenants étaient des prostitué(e)s venant parler de leur métier, de leur situation, alors que l’idée était d’engager le débat sur le plaisir de la femme. Dans ce cadre, les gens vont plus facilement poser des questions qu’ils ne poseraient pas en temps normal.

 

Il propose aussi certaines ressources pour trouver des supports intéressants. Il conseille par exemple le site www.3dvulva.com pour mieux connaître le sexe féminin sous toutes ses formes, et bien sûr le CRIPS, situé au rez-de-chaussée de la tour Montparnasse, ouvert du mardi au samedi (www.cybercrips.net)

 

Précisions sur la législation en vigueur : en France en matière de sexualité tout est permis, le code pénal n’interdit que :

– le viol

– la zoophilie

– la pornographie aux jeunes de moins de 18 ans

– l’atteinte sexuelle

– l’agression

– l’exhibition

– le harcèlement

– le chantage

– le proxénétisme

– la prostitution des mineurs

– le racolage

Le Code Pénal fixe la majorité sexuelle à 15 ans et tout rapport avec des mineurs de moins de 15 ans est proscrit.

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