Comment promouvoir l’entrepreneuriat social auprès des étudiants ?
Concilier aspiration entrepreneuriale et esprit de solidarité? C’est possible avec l’entrepreneuriat social, une nouvelle façon d’entreprendre qui place l’humain au coeur de ses préoccupations. Comment donc faire découvrir au plus grand nombre ce modèle économique?

Animateurs / Intervenants
– Aymeric Marmorat, Entrepreneurs sans Frontières
– Matthieu Grosset, Association AVISE
– Coralie Martin, AIESEC France

Dans le cadre de ses projets et réflexions sur l’entrepreneuriat social l’AIESEC travaille avec l’association Entrepreneurs sans Frontière sur plusieurs cycles de formation. De la même façon, Entrepreneurs sans Frontières interagit beaucoup avec l’AVISE sur ces questions. Les trois intervenants ont donc préparé une intervention concertée, privilégiant l’interactivité.
Parce que la plupart des associations présentes méconnaissent ce champ spécifique de l’entrepreneuriat social, elles sont invitées à réfléchir par petits groupes sur ce qui caractérise ce type d’entreprise.
Lors de la restitution, ce sont les interrogations qui ressortent en premier:
Le commerce équitable est-il inclus dans ce champ ? Si oui, est-il équitable ? au sens de qui ? Ce type d’entreprise induit-il une répartition équitable des bénéfices ? Si les bénéfices sont redistribués au salariat, l’entreprise peut-elle être viable ? durable ? Comment valoriser le profit ? A partir de quand (quelle durée ?) parle-t-on d’entrepreneuriat social ? Existent-ils plusieurs degrés ? Est-ce seulement une bonne conscience que se donne l’entrepreneur en ajoutant le « social » au commercial ? Quels sont les principes, le fonctionnement qui régiraient un tel fonctionnement ?
Finalement l’entrepreneuriat social, est-ce un mythe ou une réalité ?

Intervention d’Aymeric Marmorat, Entrepreneurs sans Frontières et Matthieu Grosset, Association AVISE.
« Citons un exemple. Dans un atelier où les Juniors Entreprises côtoyaient les associations d’accueil des étudiants étrangers, il a fallu multiplier les exemples d’entreprises qui marchent et perdurent depuis des années pour réussir à convaincre les plus sceptiques. Ainsi, avec des exemples de très petites entreprises ou de petites et moyennes entreprises en France, en Amérique Latine ou en Afrique, l’entrepreneuriat social s’est fait une place dans les velléités d’entreprise des étudiants présents. »

Différencier l’entrepreneuriat social d’autres procédures ou initiatives :
– À l’inverse du troc ancestral, l’économie sociale et solidaire a une autre temporalité. Elle suppose des intermédiaires et a une structuration différente

– L’entrepreneuriat social, contrairement à d’autres initiatives à la marge dans une entreprise classique, se différencie également par l’intention première de l’entrepreneur lorsqu’il conçoit son projet. Une philosophie altruiste l’anime, son projet économique est pensé en même temps que son projet social.

– L’entrepreneuriat social n’implique pas la duplication du même modèle d’entreprise partout. Si l’entrepreneur social peut mettre en oeuvre des projets dans différents environnements, son projet sera intimement lié au contexte local.

– Le projet partira des besoins spécifiques d’un milieu donné. Il sera attentif aux personnes cibles. Côté financement, l’économie sociale a développé depuis longtemps des financements propres à la temporalité de ses projets. La plupart de ces financements se retrouvent sous le label Finansol, organisme de finances solidaires.

Fondé sur des valeurs sociales fortes, De la TPE à la PME, cet entrepreneuriat marche. De la toute jeune initiative Architech of the Community, à la reprise sous statut SCOP, de la société OONOPS par ses employés, en encore de l’aventure Ndaam distribution à Dakar, à la fantastique épopée de la marque de commerce équitable « Ethiquable », la famille de l’entrepreneuriat social s’étend et le modèle ne
se dément pas.

Malgré toutes ces belles entreprises, ce secteur souffre toujours d’un manque de visibilité. En effet, intervenants et participants séduits déplorent un manque de formations, d’interventions sur ce domaine. Des voix s’élèvent pour que cette autre économie soit intégrée aux cursus, dès le secondaire !
Pour d’autres, il est même décevant que l’économie sociale et solidaire soit présentée comme une alternative, sous-entendant par là que le système capitalisme qui domine le marché actuellement est la « normalité » économique.

Pour clore les échanges, les participants sont invités, par groupe de 5 à réfléchir collectivement sous forme de jeu intitulé « Café Social – L’intelligence collective ».

 

Deux cycles sont proposés :
– Quelle logique sous-tend l’entrepreneuriat social
– Quel est le rôle des étudiants ? Comment peuvent-ils diffuser l’information aux autres étudiants de manière innovante et à faibles coûts ?


Les propositions:

– Développer des success stories à mettre en avant dans les formations économiques classiques

– Intégrer des « stages solidaires » (dans des entreprises sociales) dans le cursus – Créer des blogs associatifs, un journal de l’entrepreneuriat social avec des témoignages

– Créer des programmes d’échanges inter-universitaires sur la question (incluant professeurs et étudiants)

– Mettre en place des forums dans les associations du réseau

– Promouvoir l’entrepreneuriat social par l’exemple, notamment à travers création de Juniors Associations sociales

– Proposer des sondages avant / après les formations sur l’entrepreneuriat qui pourraient bénéficier aux professeurs

– Encourager le bénévolat associatif pour une première approche du social

Télécharger le PDF

Soyons sociaux
Réagir c'est agir