ANIMATRICE : Laetitia Hamot, vice-présidente d’Animafac

 

INTERVENANT :

Yannick Gillant, membre fondateur de l’association DEGEL (Debout Etudiants Gais et Lesbiennes), psychologue clinicien et anthropologue, anciennement chargé de mission à ARCAT et au Kiosque Info Sida.

 

Après un tour de table des associations, différentes thématiques de prévention ont été dégagées :

– risques professionnels

– consommation de produits au volant

– prévention, sensibilisation et formation sécurité routière

– femmes battues

– suicide

– SIDA

– IST

– Don du sang

– prévention structurelle

 

Le problème du don du sang chez les homosexuels.

L’Amidon, association étudiante de promotion du don du sang, rencontre le problème éthique de ne pas vouloir faire de discrimination alors que l’EFS (établissement français du sang), refuse les dons de sang provenant de personnes se déclarant homosexuelles.

La raison invoquée par l’EFS est que le nombre d’homosexuels touchés par le VIH est proportionnellement trop important. Cependant, beaucoup de médecins ne posent même pas la question de l’orientation sexuelle lors de l’entretien préliminaire. De l’avis même des médecins, les questionnaires préliminaires au don sont mal faits. L’évaluation des risques est mauvaise car le but est de faire disparaître les groupes à risques et à vulnérabilité. Or, un hétérosexuel pratiquant la sodomie est autant à risque qu’un homosexuel. Sachant que donner son sang est considéré comme un acte citoyen, les homosexuels peuvent se sentir des sous-citoyens

Amidon n’a pas de poids dans les décisions, elle agit seulement sur l’opérationnel. Il n’est pas possible de s’opposer à l’EFS alors qu’il véhicule parfois une mauvaise image du don du sang. Qui peut alors vraiment agir pour créer un dialogue avec l’EFS dans le but de changement ?

 

La prévention ne peut plus se faire sans promotion de la santé.

Il faut remettre la santé au goût du jour chez les étudiants, afin qu’ils s’y intéressent plus, qu’ils fassent plus attention à leur propre santé. Or à l’heure actuelle, s’intéresser à la santé peut apparaître comme rédhibitoire (que ce soit pour faire partie d’une association de prévention des risques ou pour s’intéresser à son propre corps !).

On ne protège bien que ce qu’on apprécie. Pourtant, une étude montre que les jeunes se sentent mal et seuls. Yannick Gillant nous propose deux définitions de la santé :

– Définition selon l’OMS : bien -être psycho-social

– Définition par l’un de ses professeurs : aller dans la paix des organes.

Ces deux définitions montrent que la santé est un tout, autant intérieur qu’interne.

Qui fait vraiment attention à la santé ? Un constat montre une précarité des étudiants dans ce domaine. Ils n’ont pas tous les moyens de s’offrir une vie sociale. La précarité des étudiants augmente et le statut des étudiants diminue.

En effet, 50 % des étudiants travaillent. Ils ont pour bon nombre d’entre eux des soucis économiques. Par ailleurs une étude de la SMEREP montre que 9 % des jeunes ont des idées suicidaires dans l’année, c’est évidemment un problème. Il devient nécessaire de travailler à la promotion du bien être. Il y a un manque évident d’information. Les jeunes ont besoin de cours d’éducation sexuelle, pour enfin dépasser le tabou qui règne autours de la notion de corps.

 

L’Etat doit faire de la prévention.

Le rôle de l’Etat est d’accompagner les jeunes, d’être un pourvoyeur de moyens. Dans ce sens, il a pourvu financièrement l’INPES (Institut National pour la Prévention et l’Education à la Santé) et nous devons l’inciter à travailler et à subventionner d’avantage les associations étudiantes.

L’Etat considère les associations comme des outils ou des auxiliaires. Elles doivent se démener pour trouver des subventions, monter des projets qui auraient du être mis en place et financés à la base par l’Etat, et il leur est en plus demandé de faire des comptes rendus précis des différents emplois de ces subventions. Selon Yannick Gillant, les associations sont les mieux placées pour travailler sur la santé et la prévention des risques, car les messages passent mieux des pairs pour les pairs. De plus les associatifs ont peu de difficultés à dépasser les tabous qui empêchent les institutionnels d’avancer (par exemple faire une campagne de prévention sur ‘le cannabis au volant’ ou sur ‘comment pratiquer une fellation « safe »’).

La Médecine Préventive dans les universités doit aussi devenir un partenaire incontournable des associations, car ces services disposent d’une grande liberté d’action, qui peut leur permettre de monter des projets intéressants avec les acteurs étudiants qui en font la demande.

 

Sur les comportements des étudiants face à la prévention des risques

Les étudiants sont près à partir à l’étranger pour travailler sur la santé à l’international, mais peu s’engagent sur la santé en local. Yannick Gillant pointe ce paradoxe : le problème est humanitaire quand on parle de 20 % de la population africaine infectée par le VIH, il est épidémiologique quand il s’agit de la population homosexuelle ! (Sur Paris en effet 20% de la population homosexuelle d’une certaine classe d’âge est contaminée).

Cette formule insiste sur le fait qu’il y a plus de jeunes qui s’engagent à partir à l’étranger pour parler SIDA qu’en France, alors que le besoin est important aussi. On se rend compte que prévention, sensibilisation et formation constituent une formule adaptable à toute thématique bien qu’elle soit employée majoritairement par les associations de prévention routière.

L’association BEN arrive à fonctionner car la prévention routière est un sujet porteur et un problème de santé publique, c’est-à-dire que l’Etat met de plus en plus de moyens à disposition et prend plus en compte les associations sur ce thème.

 

Laetitia Hamot clôture cet atelier sur un point encourageant : les associations en générale, les associations étudiantes en particulier sont de plus en plus représentées et entendues à divers niveaux institutionnels. Animafac, par exemple, fait partie du CNVA (Conseil National de la Vie Associative), et a été sollicité pour contribuer au rapport Wauquiez. Enfin, il faut que les différentes associations présentes fassent remonter aux volontaires locaux d’Animafac, présents dans plusieurs villes, leurs différents besoins et envies. Il est possible d’organiser des formations en conséquence ou des conférences sur des thématiques bien précises.

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