Les raisons invoquées pour expliquer ces émeutes ont été très variées et confinent parfois à la bêtise. Que penser de ces politiques ou journalistes qui suggéraient à grand renfort d’images chocs, ou de théories vaseuses que l’Islam, la polygamie, l’immigration clandestine pouvaient être à la racine de ces événements ? Comment oublier que deux jeunes sont morts électrocutés et un troisième a été grièvement blessé parce qu’ils se croyaient poursuivis par les forces de l’ordre ? Qui était en tort ? On ne se promène pas dans un transformateur EDF comme dans un centre de loisirs.

Après de brèves échauffourées, la tension monte d’un coup avec le lancement de gaz lacrymogène dans une mosquée en pleine période de Ramadan. La coupe est pleine. Reviennent en mémoire les propos tenus par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le sentiment d’être pris pour des citoyens de seconde zone, met le feu aux poudres et se propagera en un rien de temps sur le reste du territoire. Les dérapages verbaux de Nicolas Sarkozy ne feront l’objet d’aucun mea culpa. Plus agressif que jamais, le ministre voit dans ces émeutes une illustration de ses propos.

En mettant par la suite en avant des arguments de religion, de polygamie, d’éducation, les journalistes créent une grande confusion des genres et incitent à la haine raciale en distinguant très clairement la population noire et celle d’origine maghrébine. Étaient-ils les seuls lors de ces émeutes ? La condamnation d’un certain nombre de jeunes français dits de souche démontre clairement que le ras-le-bol est général. Évoquer l’islamisation des banlieues c’est agrandir l’incompréhension et stigmatiser plus sûrement une population qui doit déjà au quotidien se battre contre les préjugés. On est peut-être une France Back, Blanc, Beur, mais c’est chacun de son côté. Alors bien sûr, on va déblatérer sur l’intégration, mais pour que le liquide rentre dans la bouteille, il faudrait encore dévisser le bouchon et secouer le tout. En France, toute la pulpe reste en bas.

 

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