Portrait d’Hélène Vincent, présidente de l’Espace Vie Etudiante, au cœur du campus de Grenoble.

« J’ai toujours été à l’université« . A 26 ans, Hélène est aujourd’hui en thèse d’économie sociale à Grenoble. Engagée à l’Unef dès sa deuxième année, élue vice-présidente du Crous puis de l’université… un chemin construit pas à pas, sans ruptures.

Jusqu’au lycée, elle fait de la gym à haut niveau, huit à dix heures par semaine. A la fac, elle a la bougeotte et veut profiter de cette période où il est « facile de ne rien faire« . Lors des grèves de 97, des cadres de l’UNEF la repèrent, elle s’embarque dans une aventure qui l’enrichit. « Quand on fait des études sans regarder autour, on se dit qu’il n’y a pas de problèmes. A côtoyer des gens qui recensent les problèmes, on découvre des injustices partout« . Le président de l’université la charge du dossier EVE, projet hérité d’un rêve de faire du campus grenoblois un autre quartier latin, lieu de vie à part entière. Peu de gens maîtrisent le dossier et s’en soucient : elle bétonne les statuts et se bat pour que le bâtiment soit la maison de tous les étudiants, géré par une association étudiante. Lorsque les lieux ouvrent en avril 2004, le pari est réussi.

Angles arrondis

Curieuse de tout, elle parvient à y faire cohabiter BDE, syndicats, corpos, assos de spectacle vivant, aux différences culturelles profondes. De tels compromis sont rares, et emblématiques de sa personnalité. EVE est une association qui gère du personnel : de militante d’un syndicat, elle se retrouve donc patronne de quatre salariés. Sans négliger sa thèse consacrée à la viabilité économique des mutuelles. Une expérience aux conséquences directes sur son parcours professionnel : plus qu’enseignante – chercheuse, elle se voit aujourd’hui chargée de mission dans une collectivité territoriale.

« Je ne renie pas mon engagement syndical« . Mais elle goûte tout autant l’associatif, aime ses moments festifs. L’un sans l’autre lui semble incomplet. « Un engagé associatif a des valeurs pour lesquelles il s’active, mais s’arrête à sa satisfaction personnelle. L’action syndicale permet de porter ces valeurs au cœur de la société« . Conciliatrice née, s’est-elle ouverte ? Durcie sûrement. Elle avoue ne plus tolérer « certaines prises de position trop libérales« . Affirmée, aussi. Plus jeune, elle ne passait pas Sciences-Po pour une histoire de note d’anglais au bac. Dommage pour l’école, elle y aurait été une élève brillante.

 

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