Redonner à la nature la place qu’elle a progressivement cédé au béton et à l’acier, semer et récolter sur les contreforts de la cité… l’association grenobloise Cultivons nos toits se mobilise depuis juin 2011 pour promouvoir et porter une agriculture urbaine. Une démarche empreinte des valeurs du développement durable que défendent Benoît Crassin et son équipe. Témoignage…

 

Ecologie, alimentation, lien social… De nombreux enjeux interviennent dans la concrétisation du projet. Dans un contexte d’urbanisation constante, le développement de l’autonomie des villes et l’éco-responsabilisation de leur gestion revêtent désormais une importance majeure. « L’association entend véhiculer et promouvoir les valeurs du développement durable au sein des villes et répondre aux besoins d’autosuffisance alimentaire des populations environnantes », assure Benoît. Il fonde tout d’abord  »The Green Traveler » avec Florent Aubourg. Au coeur du dispositif, un guide du tourisme écologique permet aux globetrotters de dénicher bonnes adresses et contacts utiles pour s’assurer un périple éco-responsable. Au cours d’un séjour d’un an en Australie, cet étudiant en marketing puise une part importante de son inspiration, appréciant notamment le mode de fonctionnement des sociétés dites modernes sous un nouveau jour. De retour en France, il crée avec Florent l’association Cultivons nos toits et se consacre à l’agriculture urbaine.

 

 

« Les pouvoirs publics sont derrière nous »

 

Concept importé du Canada, ce mode de production s’appuie sur l’ingéniosité de ses défenseurs et s’enracine toujours plus profondément dans le bitume des villes françaises. Point de départ de l’aventure, un terrain est mis à la disposition de l’association par une commune du sud de Grenoble. Une véritable aubaine que Benoît et ses acolytes ne tardent pas à exploiter. « Très vite, nous avons mis en place une expérimentation portant sur différentes techniques d’agriculture hors sol ; le tout reposant sur l’équilibre et la symbiose des êtres vivants ». 400 m² sont, en effet, mis en culture et alimentés par… des carpes. Les poissons entrent dans un cycle naturel. Ils produisent de l’ammoniaque, elle-même dégradée en nitrates, et contribuent pleinement à la croissance des plantes dans un circuit fermé et autosuffisant. Le cas fait école et d’autres projets ne tardent pas à fleurir. A tel point que les pouvoirs publics n’hésitent plus à appuyer de telles initiatives. Benoît y voit une formidable opportunité et l’explique par un intérêt commun. « Les autorités se tiennent au courant de ce qui se fait à l’étranger et se rendent compte du bien-fondé d’une telle démarche. Au niveau local, les pouvoirs publics sont derrière nous. A leur échelle, ils n’ont pas forcément le temps de mettre de tels projets sur pied et comptent sur l’aide et l’initiative des associations pour lancer la dynamique ».

 

Entreprises et collectivités, tous s’associent au projet

 

L’entreprise peut-elle constituer un point d’ancrage aux cultures urbaines et leurs valeurs sociales ? C’est en tout cas ce que pensent certaines sociétés de Valence. Récemment sollicitée par l’une d’entre elles, l’association étudie actuellement un nouveau projet. Benoît explique notamment qu’ « il s’agira de végétaliser le toit de cette entreprise et de permettre, dans un premier temps aux employés de cultiver leurs fruits et légumes. Reste à savoir si cet espace restera réservé aux seuls membres de l’entreprise ou si, à terme, les particuliers pourront y accéder » Un autre projet lie, cette fois, l’association à la commune de Bourg-Lès-Valence et concerne un projet de retraitement de cuves industrielles pouvant être utilisées pour la culture. Grand projet de 2012, l’association entame le développement d’une première ferme « r »urbaines pour la formation, la recherche et le loisir. En collaboration avec la commune du Vif (38), 300m² sont alloués au développement d’une ferme pédagogique. Par exemple, une serre de 40m² sera destinée à la conception d’un atelier pédagogique et de nombreux modules tels que l’aquaponie et la production de lombricompost viendront s’y greffer.

 

Et les particuliers dans tout ça ?

 

Un particulier peut-il s’emparer de la démarche de l’association et propager, à son échelle, l’agriculture urbaine ? Benoît n’en doute pas. Pour lui « elle peut fleurir partout, selon les initiatives et les projets. » Chacun peut tenter de répondre à la nécessité de voir émerger une alimentation plus saine. Il assure également que « des solutions techniques sont développées dans ce sens, abordables et simples pour cultiver sur son balcon ou son toit. Il existe notamment des sacs en fibres géotextiles vraiment performants que l’on trouve principalement sur le net. Il suffit de se lancer ! »

 

Le projet de Cultivons nos toits vous intéresse ? Vous désirez en savoir plus sur l’agriculture urbaine ? Alors n’hésitez pas à vous connecter sur le site officiel de l’association.

 

 

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