Pour de nombreux étudiants engagés dans des projets de développement durable, la préservation du patrimoine naturel s’impose comme un objectif prioritaire. Qu’elles soient sociales, médicales ou environnementales, les voies pour y parvenir sont nombreuses et les organisations très diverses. Implantés dans le sud de l’Inde et sur l’île de Madagascar la communauté Sadhana Forest et l’association lilloise Avertem en sont de parfaits exemples. Jean-Arthur Le Pennec et Julie Le Bigot nous en disent plus sur la nature de leurs engagements respectifs…

 

« Pour résumer le concept, Sadhana Forest est une structure de vie communautaire internationale qui vise à promouvoir et appliquer l’écologie sociale. Ses membres se mobilisent autour d’un projet de reforestation de zones arides et dévastées par l’activité humaine. Cet espace existe depuis sept ans dans le Madhya Pradesh, un état indien situé tout près de Pondichéry. » La communauté s’est développée à l’initiative d’Aviram Rozin. Citoyen israélien, il décide en 2003 de repartir à zéro avec femme et enfants pour fonder un espace éco-responsable, comme l’explique Jean-Arthur : « Ici, tout est dédié à l’écologie et la protection de l’environnement. Notre régime alimentaire est végétalien. Le fonctionnement du village respecte un cycle perpétuel de recyclage. Les déchets alimentaires servent de compost pour nos futures récoltes de légumes, les cendres issues du foyer sont réutilisées pour la vaisselle et les huttes sont construites avec du bois de récupération et des cordes. »

 


 

Chacun apportant ses talents et son envie, les volontaires s’astreignent à un emploi du temps bien spécifique. « Nous travaillons cinq heures par jour sur différents projets forestiers. Nous développons également diverses activités en direction des populations locales. » Mais au delà de l’approche strictement solidaire, chacune des équipes s’investit sur le terrain pour sauvegarder un trésor naturel en voie de disparition. « Notre but premier réside dans la reforestation de 70 hectares de terrain extrêmement dégradé. Nous travaillons pour recréer la forêt tropicale locale. Ce type de forêt est endémique du sud de l’Inde et du Sri Lanka. Elle abrite une richesse biologique exceptionnelle ainsi qu’une grande diversité d’espèces dont 1000 variétés d’arbres, lianes et autres buissons. Cette forêt tropicale est maintenant proche de disparaître totalement. A ce jour, seul 0,01% de sa superficie est encore intacte. C’est donc l’ultime occasion de sauvegarder cette magnifique forêt. En parallèle, nous travaillons à la préservation des ressources hydriques et la gestion des sols. »

 

Les volontaires de la communauté développent également un projet éducatif et préventif et une école de la région est en passe de renaître de ses cendres. L’instruction et la sensibilisation sont en effet deux enjeux vitaux pour la pérennité de la démarche de Sadhana. C’est pourquoi les visiteurs sont régulièrement conviés à participer aux séances de l’éco cinéclub. Séances durant lesquelles ils peuvent visionner des documentaires et des courts métrages spécialement produits pour l’occasion.

 

« La restauration des écosystèmes est éminemment importante »


« Avec Avertem, nous développons des démarches similaires à celle de la communauté de Sadhana », assure Julie Le Bigot. « Nous procédons régulièrement à la réintroduction d’espèces médicinales endémiques au coeur de la forêt de Tampolo. Menées en partenariat avec l’Union internationale de conservation de la nature, ces campagnes ont déjà permis de replanter 70 pieds d’une espèce rare avec l’aide des enfants des villages environnants. La restauration des écosystèmes est éminemment importante. Par ailleurs, une réflexion portant sur le choix des espèces, doit être menée en amont. Il est en effet préférable et plus viable de privilégier des souches locales par rapport à des espèces exotiques, comme c’était le cas auparavant. » Mais si la perspective de restaurer un espace naturel dégradé est louable, tous ne partagent pas cette vision des choses. « Les plus hostiles au projet pensent qu’il serait préférable de laisser les écosystèmes évoluer d’eux-mêmes et, éventuellement, se régénérer. Mais la main de l’homme est déjà passée par là, au travers de ces destructions… » La situation malgache est particulière puisque l’Etat a délégué la gestion de deux espaces à des associations villageoises. Ces structures tentent de préserver au mieux les ressources naturelles locales et par son action, Avertem, appuie leur démarche. Malgré cela, tout le monde ne voit pas cette gestion d’un bon oeil. « Même si nos équipes locales ne les ont jamais subies, des tensions existent. Certains villageois interpellent les personnes chargées de s’occuper de la forêt en leur reprochant de s’approprier ces ressources. »

Qu’ils s’attachent à la préservation d’un écosystème ou la valorisation et la réintroduction de plantes médicinales, les projets de Sadhana Forest et d’Avertem replacent la nature au coeur des débats en mettant en place des actions concrètes.


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