ANIMATRICE : Marie-Jeanne Charrier, ancienne présidente de l’association Phénix et administratrice d’Animafac.

INTERVENANT : Morgan Poulizac, ancien membre de la République des Idées, salarié de l’Agence nouvelle des solidarités actives

 

On a connu, en France, une construction progressive de l’État social, avec son apogée dans les années 1950 – 1960.
Il y a eu ensuite un désengagement de l’État. On a vu alors le champ social et les associations prendre une place de plus en plus importante. De grandes associations ont été créées telles que Emmaüs, les Restos du cœur (1980).

 

Les associations viennent-elles pour combler, compléter ou devancer l’État français ?

Elles ont développé cette triple disciplinarité face aux manques de l’État. Polyvalentes, elles sont de plus en plus capables de réagir face aux situations de crise de créativité. Elles sont le seul organisme capable d’être si proche du public concerné.

 

Quel type de partenariat avec l’État ?

Les associations ont pour vocation d’être l’incarnation d’une vigilance civique permanente. Elles vont agir sur des lieux / des mondes que l’État ne voit plus aujourd’hui. Elles doivent, comme l’État, aider et agir socialement, mais pas dans le même sens. Elles doivent partir du bas (le public) pour aller vers le haut (l’État)

 

Quelle est la capacité des associations à se considérer comme acteur fédérateur ?

Afin d’agir efficacement et d’avoir un poids face à l’État il faut que les associations se fédèrent. Elles doivent tisser des liens et avoir des contacts afin de créer une relation avec l’État.
Les associations étudiantes sont particulièrement petites et méconnues. Elles ont besoin de se fédérer par région, par thème, afin d’assurer une action de poids dans le long terme.
Pour exemple la pérennité d’Emmaüs s’est faite en se fédérant. Une organisation chapeaute aujourd’hui l’ensemble et se veut être l’interlocuteur privilégié de l’État.
Cependant, ceci peut créer quelques problèmes, notamment concernant l’identité associative des petites associations.

 

L’exemple des Enfants de Don Quichotte

Des actions ont été menées dernièrement sur le canal Saint-Martin, dans Paris, puis partout en France suite aux problèmes de logement des sans-abris. Une polémique a surgi sur la façon de faire de cette association. N’est ce pas trop médiatique, on fait un grand coup et dans un mois tout le monde aura oublié ? Est-ce qu’il y aura vraiment un impact positif de long terme sur la question du logement ? Trop médiatiques, des actions de ce type peuvent conduire a créer un esprit de méfiance entre l’État et les associations.

 

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