Portrait de Souleymane Kologo, chimiste accompli, ancien président de l’Ugeb et membre de l’Aebf.

 

 » Défendre coûte que coûte les intérêts matériels et moraux des étudiants « . S’il a finalement opté pour la chimie et l’électrocristallisation du cuivre, Souleymane n’en demeure pas moins un redoutable militant de la cause étudiante. Partageant son temps entre Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et Marseille, où il termine sa thèse, cet ex-président de la renommée Union générale des étudiants burkinabés (Ugeb) ne tarit pas d’éloges sur les vertus de l’engagement étudiant :  » en plus de me révéler à moi-même, mes dix années de militantisme m’ont donné une seconde famille « . Dix années marquées par quelques hauts faits d’armes :  » les grandes grèves étudiantes qui ont secoué le Faso en 1999-2000 ont finalement débouché sur un accord débloquant l’allocation d’aides financières pour tous les étudiants burkinabés jusqu’à la maîtrise « . Un réel progrès dans un pays où 90% des étudiants sont issus de milieux très modestes.

 

Faire plus. Intarissable sur ces années de lutte au service de la cause étudiante, Souleymane n’est pas non plus à court d’arguments lorsqu’il s’agit de fustiger la politique des institutions internationales en matière d’enseignement supérieur.  » Pour le FMI, les Etats africains doivent en priorité avoir les moyens de rembourser leur dette, non de former leurs élites « . En d’autres termes, il s’avère matériellement très difficile pour tout étudiant burkinabé de poursuivre ses études au-delà de la maîtrise.  » Ceux qui veulent continuer sont contraints de s’exiler à l’étranger « . Ce fut le cas de Souleymane, qui eut néanmoins la chance de décrocher une bourse de thèse de l’Agence universitaire de la francophonie.

 

Mais tous les étudiants n’ont pas cette opportunité. C’est à ce moment qu’interviennent l’Ugeb et ses différentes sections nationales. L’Association des étudiants burkinabés de France (Aebf) est de celles-là. Créée au début des années soixante, cette dernière tente d’améliorer la condition des étudiants burkinabés en France. Comment ?  » En menant des actions de lobbying dans la presse, aux niveaux politique et associatif « . Si des progrès ont été réalisés, leur situation demeure précaire, beaucoup d’étudiants étant contraints de rentrer au pays faute de papiers en règle.  » La lenteur dans l’attribution des permis de travail en décourage plus d’un « , regrette Souleymane. Lui-même sait qu’il devra tout mettre en oeuvre pour échapper à cette situation, tout docteur qu’il soit. Car même une thèse made in France ne constitue plus un gage de sécurité pour des étudiants étrangers toujours sur la sellette.

 

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