Les lycéens et collégiens désireux de créer leur média sont nombreux. Pour les aider à évoluer et à défendre leurs droits, l’association Jets d’encre les fédère en réseau.

Des journalistes en herbe, pas forcément. Mais des jeunes qui souhaitent s’exprimer et proposer une information alternative, sûrement. C’est ainsi que Maxime Coudour décrirait la presse jeune et lycéenne. Président de l’association Jets d’encre, qui met en réseau ces jeunes médias, il a vu passer de nombreuses publications venues de toute la France, d’établissements scolaires ou de quartiers. Il est pourtant bien incapable d’en dresser le portrait. « La presse jeune est indéfinissable, pas un journal ne se ressemble. Ils sont le reflet de ceux qui les écrivent, en perpétuel mutation, mais désireux de profiter de la liberté de la presse pour s’exprimer ».


C’est précisément cette liberté de la presse que Jets d’encre a souhaité rendre accessible et connue à ces jeunes rédacteurs. « Ils ont des droits, mais ne le savent souvent pas. Une circulaire émise en 2002 offre, par exemple, aux mineurs le droit d’être directeurs de publication. Un proviseur ou un professeur ne peut donc pas obliger ses élèves, si ces derniers ne le souhaitent pas, à leur faire relire leurs publications ». Mais attention, pas question, pour autant de se faire l’ apôtre d’une presse qui, sous prétexte de droits, en oublierait ses devoirs. « L’association propose une charte de déontologie aux adhérents ainsi que des formations sur les droits et devoirs du journaliste » explique Maxime qui déplore que l’on ne retienne de la presse lycéenne que ses grands scandales, à l’image de Ravaillac, journal d’Henry IV censuré par la direction car ses rédacteurs y posaient nus… « 180 rédactions ont participé au concours national de journaux scolaires et aucune d’entre elles n’a eu de procès ».

Finances frileuses.

Une image négative qui aurait tendance à refroidir encore plus des financeurs déjà peu enclins à prêter de l’argent à d’aussi jeunes bénéficiaires. « Le manque de subventions est l’un des plus gros problèmes de la presse lycéenne. Certains arrivent à s’autofinancer grâce à leurs ventes, la plupart s’adressent aux conseils de vie lycéenne ou au Maison de Jeunesse et à la Mairie lorsqu’il s’agit de publication de quartier. Mais tout cela reste très insuffisant ». Jets d’encre a trouvé un début de solution en s’affiliant au réseau des Juniors Associations. « C’est un énorme progrès car ce réseau permet à des mineurs de se constituer en association, et donc de demander plus de financements » explique Maxime.

 

Jets d’encre peut ainsi proposer plusieurs activités aux rédactions du réseau. L’association organise chaque année le festival Expresso qui réunit une cinquantaine de journaux de toute la France pour un « contre la montre » durant lequel les jeunes journalistes présents doivent produire un numéro spécial en moins de 17 heures. Jets d’encre propose également des échanges de pratiques afin que ces rédactions puissent profiter de leurs expériences respectives. Les membres de l’association sillonnent, enfin, la France pour écrire des journaux en direct à l’occasion de festivals ou congrès. Une bonne manière de faire connaître le réseau aux partenaires, mais aussi à des publications jeunes pas toujours faciles à identifier. Pour adhérer, un seul critère : avoir moins de 25 ans.


Pour en savoir plus :

www.jetsdencre.asso.fr

 

 

 

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