En ce 8 mars 2013, journée internationale des droits des femmes, Animafac vous propose un dossier spécial consacré aux femmes engagées dans le monde associatif étudiant.

 

Qu’elles s’investissent au sein d’une association de développement durable, qu’elles luttent contre l’analphabétisme des enfants du désert algérien ou qu’elles se mobilisent pour la réinsertion des détenus, les femmes s’engagent. Mais sont-elles reconnues ? Découvrez au sein de ce dossier les premiers résultats de notre étude sur la place des femmes dans les associations étudiantes ainsi que les portraits de quatre jeunes femmes engagées !

 

Crédits illustration : Lizzie Stardust, Banksy

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Ne pas se sous-estimer, continuer le combat et rester dans la lumière ! Tel est le message de Meriem Chikirou Menal. Etudiante et associative toulousaine, elle s’engage au nom des femmes et de ses convictions.

 

Membre de SIDRA depuis sa création en 2009, Meriem s’est engagée par conviction. L’association menant notamment des projets de lutte contre l’analphabétisme des enfants du sud de l’Algérie, son pays d’origine, il lui semblait naturel de s’y investir. Tout d’abord responsable de la communication, Meriem est devenue présidente de l’association en 2012. Un rôle qu’elle endosse avec force ! La présence de Meriem à sa tête revêt pourtant une signification particulière pour elle, même si « cela reste quelque chose de très naturel à mon sens puisqu’à SIDRA, nous sommes une majorité de femmes.»

 

Valoriser le rôle des femmes ! 

 

Au delà de son investissement, Meriem y voit une occasion de mettre en lumière et valoriser l’action des femmes dans le monde associatif. Pour elle, c’est le prisme masculin qu’il faut briser en priorité : « il reste encore beaucoup à faire pour que le rôle des femmes soit justement reconnu. Elles sont pourtant présentes à tous les étages du monde des assos. Elles coordonnent les projets, gèrent les équipes… Mais on ne parle d’elles qu’en terme de bénévolat » assure-t-elle. Une perception inéquitable que le parcours de Meriem contribue à nuancer. Mieux ! Il pourrait, selon elle, susciter des vocations « La valorisation des projets portés par des femmes contribuera à persuader d’autres femmes de s’engager à leur tour. L’exemple est pourvoyeur d’un cercle vertueux ».

 

Pour en savoir plus sur les projets portés par SIDRA, rendez-vous sur la page facebook de l’association.

Fondatrice de Dream, un incubateur de projets étudiants tourné vers le social et le développement durable, Sarah Toumi est tombée dans la marmite de l’engagement lorsqu’elle était toute petite. Une première association créée en Tunisie à 14 ans, puis Dream, 5 ans plus tard… Un long parcours pour une jeune femme d’à peine 25 ans.

 

Tout démarre par une prise de conscience : face aux inégalités et aux discriminations de toutes sortes, Sarah s’engage avec la ferme intention d’agir et de changer les choses ! Les associations, comme la société, semblent ainsi vouées à la domination masculine : « il suffit de se balader lors d’un événement pour percevoir le problème. Les femmes y sont minoritaires et encore plus dans les postes à responsabilité. On a davantage tendance à les voir à l’échelle du bénévolat ». Ce profond déséquilibre proviendrait, selon elle, de l’éducation et du poids de la société. Le fait que les enfants soient enfermés dans des modèles figés influerait sur leur capacité à se lancer, se prendre en main et s’investir.

 

« Les femmes, une valeur ajoutée au monde associatif »

 

Au sein de l’incubateur parisien, les cas d’étude se succèdent et l’attention que porte Sarah à l’équilibre de son équipe et la réalisation de ses projets est centrale. Être une femme engagée n’est pas une simple expression pour elle. Outre leur contribution aux débats publics, les femmes constituent pour elle une valeur ajoutée au monde associatif : « les femmes engagées sont souvent plus sensibles et partent de cette sensibilité pour créer des choses. Elles évoluent dans le palpable, le sensible, l’humain. Et je pense que le monde associatif est tourné vers ça », affirme-t-elle pour conclure.

 

Découvrez tous les projets de l’association Dream sur leur site !

Etudiante à Clermont-Ferrand, Megan Carnal découvre et s’investit sans compter au sein du GENEPI. Passer du bénévolat à la présidence en un an… une étape qui en effraierait plus d’un. Pas Megan ! Et c’est tambour battant qu’elle mène à bien ses projets et se nourrit de ses expériences.

 

Arrivée en 2011 dans le monde des associations étudiantes au travers du GENEPI, Megan vit ses premiers pas comme un bouleversement. Mener des cycles de soutien scolaire à destination de personnes en prison, mettre en place des activités culturelles et socio-éducatives, mener une réflexion sur le monde carcéral… le large champ d’actions de l’asso a tout d’abord surpris Megan : « passer d’une simple vie étudiante à celle d’une associative engagée, c’est un changement radical. C’est un investissement totalement différent selon que l’on soit d’un côté ou de l’autre de la barrière », affirme t-elle en souriant.

 

Rencontrer des personnalités complexes et profondes, gérer des équipes tout en menant à bien des projets sociaux… c’est précisément ce qu’elle recherche en s’impliquant dans l’asso. Et de ce point de vue, la jeune femme est comblée. Mieux ! Après une première année de bénévolat au GENEPI de Clermont-Ferrand, elle en est élue présidente. Un défi qui ne la fait pourtant pas trembler !

 

Une question d’investissement et de reconnaissance

 

Dans l’inconscient collectif, le milieu carcéral est davantage considéré comme un monde excessivement masculin et comme un territoire hostile à une jeune femme. Mais, nous dit-elle plein d’allant, la réalité est tout autre ! Pour elle, la découverte, l’entraide, l’écoute et le partage sont essentiels pour le développement des projets du GENEPI tout autant que pour les détenus qu’elle rencontre. 

 

S’engager dans le monde associatif ? Pour Megan, c’est surtout une question d’investissement et de motivation. Les gens qui le font sont certes minoritaires mais « ne font pas semblant » et mériteraient, selon elle, d’être mieux reconnus.

 

Pour en savoir plus sur les différentes missions remplies par le GENEPI, rendez-vous sur leur site internet.

Bénévole pour Ethika et relais du Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable (REFEDD), Anaëlle Sacco s’engage sur tous les fronts. Etudiante au sein de Rouen Business School, elle entend valoriser et promouvoir l’écologie auprès de ses camarades et de la population locale. Un défi qui ne lui fait pas peur.

 

Tout commence par un séjour Erasmus passé en Ecosse. Anaëlle y croise des personnalités marquantes et découvre l’esprit associatif. Un esprit qui ne la quitte pas et qu’elle emporte dans ses valises, direction Rouen ! Elle s’engage ainsi, dès son retour, au sein d’Ethika et du REFEDD pour défendre ses convictions personnelles et l’idée du développement durable.

 

Depuis septembre, la jeune femme représente un réseau national tout en mettant en place des projets concrets tels qu’un marché de Noël durable au coeur de son école : « J’ai décidé que je devais m’engager à tout prix. M’engager dans autre chose que mes études. Je me sens très concernée par l’environnement et à partir de là, le choix était vite fait », assure-t-elle.

 

Pour l’expérience et l’aventure !

 

Bien que novice, Anaëlle porte un regard vif et précis sur le monde des assos étudiantes. « Si, de l’extérieur, les choses ont l’air infiniment complexes et abstraites, le flou se dissipe dès qu’on franchit le pas ». Dès le début, Anaëlle participe aux premières réunions et contribue à mettre en place des projets. Très vite, elle comprend ce qu’est la réalité du monde associatif. Pour elle, s’engager pour défendre un projet est avant tout une expérience humaine forte qui permet de rompre avec le quotidien. L’aventure, quoi ! Investie dans des structures majoritairement féminines, Anaëlle ne se pose pas vraiment de question sur la parité dans le monde associatif et affirme même qu’à l’échelle d’une équipe comme Ethika, le problème n’existe pas.

 

Sans doute partie pour un second séjour à l’étranger, Anaëlle espère continuer à mener des projets dès son retour… sans préciser le nombre de structures qu’elle épaulera. Mais une chose est sûre, le monde associatif n’a pas fini d’entendre parler d’elle !

 

Pour en savoir plus sur les projets d’Ethika, connectez-vous sur la page Facebook et pour tout (re)découvrir le REFEDD, rendez-vous sur le site de ce réseau national.

Lorsque l’on parle d’associations étudiantes, la conjonction des sphères associatives et étudiantes laisse deviner un univers égalitaire, sans disparités de genre. Si le principe d’égalité des sexes y est reconnu et défendu par tous, comment cela se traduit-il dans les faits ? Comment rendre notre univers encore plus fidèle à ses valeurs et le placer à la pointe de ces questions ?

 

Pour la jeune génération la cause est entendue : l’égalité entre les hommes et les femmes est un principe acquis et qui ne saurait être remis en cause. Par conséquent, l’évolution des mœurs nous aurait conduits à ne plus adopter de comportements discriminants visant à écarter les femmes de certains postes, notamment à responsabilités. Cela se traduit-il dans les faits par une égalité réelle en termes de répartition des responsabilités entre hommes et femmes ? Si les assemblées politiques et les entreprises semblent encore à la traîne, qu’en est-il des associations et des associations étudiantes en particulier ?

 

Etude sur la place des femmes dans les associations étudiantes

 

Selon les chiffres issus de l’étude menée actuellement par Animafac sur la place des femmes dans les associations étudiantes, les postes de dirigeant de ces structures sont occupés dans 58 % des cas par des hommes et 42 % par des femmes. Un écart qui reste important donc, à mettre en regard des données collectées par Viviane Tchernonog et Muriel Tabariès pour le monde associatif en général : 61 % de dirigeants hommes. Entre le monde associatif étudiant et le monde associatif dans son ensemble peu de différence, alors que l’on pouvait s’attendre à ce qu’une plus grande imprégnation des principes de l’égalité des sexes se traduise dans l’organisation des structures.

 

Constatant cela, il ne s’agit nullement de pointer un doigt accusateur vers nos structures, mais simplement de dresser un constat : nous sommes sincèrement convaincus que les mêmes opportunités doivent être offertes aux hommes et aux femmes, mais pourtant nous constatons dans nos structures des écarts équivalents à ceux que l’on observe dans les autres organes de la société civile. Comment faire alors pour interroger nos pratiques et nous permettre d’agir d’avantage encore en conformité avec nos valeurs ? Tel est le sens du programme « L’égalité au pouvoir » mené par Animafac, qui se propose de mieux comprendre pour mieux agir.

 

Sur le volet de la compréhension, le programme « L’égalité au pouvoir » s’appuie sur une étude, dont les conclusions seront disponibles mi-avril. Construite autour d’une phase quantitative et d’une phase qualitative, elle naît dans son intention d’un constat surprenant : selon une enquête portant sur les besoins en formation des responsables associatifs étudiants, lorsque des femmes hésitent à prendre des responsabilités, c’est dans 57 % des cas par peur de ne pas être à la hauteur, chiffre qui tombe à 29 % chez les hommes. Une différence importante, qui laisse entendre qu’un des freins dans l’accès aux responsabilités se trouverait dans la représentation de ces postes et les préjugés inconscients relatifs aux compétences et activités propres – ou supposées telles – aux hommes et aux femmes. Une piste que vient corroborer les conclusions d’une précédente étude réalisée par Animafac sur le même thème.

 

Les premières tendances qu’indiquent les 25 entretiens réalisés dans le cadre de la nouvelle étude soulignent une faible prise de conscience initiale de ces enjeux, tant par les hommes que par les femmes. Si des disparités sont parfois constatées, elles sont atténuées par l’idée que le principe d’égalité est un bien désormais acquis, qui devrait produire ses effets dans les prochaines années. L’entretien agit souvent comme un révélateur de cette problématique, amène à prendre conscience de ces enjeux.

 

Vers un nouveau féminisme ?

 

Autre tendance forte, l’idée que des actions de revendication fortes, du type de celles menées par les féministes il y a quelques années ou de collectifs plus contemporains comme la Barbe, ne sont plus d’actualité, l’essentiel des droits étant assurés. À ces modes d’action sont préférés le débat et la sensibilisation, et l’idée qu’il faut agir d’abord sur les représentations et les stéréotypes. Le terrain d’action privilégiée est alors l’éducation au sens large, qui ne doit pas cantonner les filles à des rôles subalternes, pour leur permettre de se projeter ensuite sur des postes à responsabilité et au-delà d’être pleinement autonomes. Plusieurs personnes interrogées ont d’ailleurs insisté sur l’importance de rencontres effectuées, comme moyen de prendre confiance en leurs capacités et de se projeter vers certains rôles. 

Dans le prolongement de l’étude sur la place des femmes dans les associations étudiantes, Animafac organise le samedi 8 juin 2013 un grande journée à Paris qui rassemblera de nombreux étudiants et personnalités publiques.

 

Cet événement sera l’occasion de s’interroger plus largement sur la place des femmes et leur accès aux responsabilités dans la société civile en général.

 

Par la suite, notre réseau mettra en place des actions de sensibilisation et la diffusion d’outils visant à permettre aux associations de disposer de conseils et d’exemples de bonnes pratiques pour leur permettre d’être pleinement actrices, dans leur fonctionnement, du principe d’égalité homme/femme.

 

Autant de rendez-vous à noter dans son agenda, et dont nous vous tiendrons informés, pour, ensemble, mettre l’égalité au pouvoir !

Le ministère des droits des femmes organisait hier à la Villette une rencontre pour annoncer un ensemble d’actions dédiées à l’égalité femme-homme. Un seul mot d’ordre : le 8 mars c’est toute l’année !


Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes est trop souvent la veille d’un 9 mars où tout redevient comme avant.

 

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, a souhaité faire de la veille du 8 mars une journée de mobilisation en faveur d’une action continue pour progresser sur les questions d’égalité femme-homme. Des acteurs du monde associatif, de l’entreprise, des collectivités locales, des mouvements de jeunesse,… étaient ainsi réunis afin de partager des expériences, se former et échanger lors d’ateliers de travail.

 

La présence d’une centaine de jeunes en service civique a par ailleurs permis d’expérimenter un temps de formation civique et citoyenne dédiée à la question des stéréotypes. Cette dernière devrait intégrer à terme le répertoire des formations proposées aux volontaires dans le cadre de leur engagement.

 

UN CALENDRIER DE L’EGALITE

 

Qu’on se le dise, l’égalité homme-femme est une priorité gouvernementale. Le président de la République François Hollande l’a réaffirmé à l’issue de cette journée, qui s’est clôturée comme elle avait commencé : en donnant la parole à des acteurs, et en privilégiant des interventions vivantes. L’association TIF, l’agence de recrutement Mozaik RH, la sociologue Françoise Héritier, le père de la jeune Malala Yousafzai, la chanteuse Juliette, les humoristes Blandine Métayer et Océane Rosemarie, et bien d’autres ont ainsi présenté leurs actions et leur engagement quotidien.

 

Mais la journée était aussi l’occasion pour le ministère de dévoiler son calendrier de l’égalité. Un moyen pour chacun d’y inscrire des initiatives ou événements dédiés à l’égalité homme/femme. Les travaux initiés par le réseau depuis le début de l’année, et notamment le colloque « l’égalité au pouvoir », seront la contribution d’Animafac à cette action en faveur de l’égalité. 

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