Il est loin le temps de la thèse d’Etat, œuvre d’une vie préparée avec dévotion dans les couloirs feutrés d’une Université parfois oublieuse du monde extérieur. Le doctorat n’est plus d’Etat mais commence à être reconnu dans de multiples milieux professionnels et secteurs de la société.

Une thèse, pour quoi faire ? Il y a peu, le doctorat servait surtout à devenir enseignant à l’université ou chercheur dans un grand organisme comme le CNRS. Mais depuis le milieu des années 80, le doctorat s’est peu à peu ouvert sur d’autres métiers.

Bien sur, on pense d’abord à des emplois de chercheur dans des grands groupes industriels. Mais l’émergence de problèmes de société complexes, liés à l’environnement, aux mutations économiques et sociales, aux biotechnologies et à la santé, ont multiplié le besoin d’expertise de haut niveau. Dans nos sociétés dominées par la circulation et la transformation de l’information au sens large, la gestion de la complexité devient un enjeu majeur.
De nouveaux employeurs potentiels des docteurs sont apparus : collectivités territoriales, sociétés de conseil et de services, agences à vocation scientifique, etc. Cette évolution touche toutes les disciplines, y compris les Sciences de l’Homme et de la Société pour lesquelles le besoin d’expertise est critique. Ce mouvement d’ouverture des doctorats est enclenché dans tous les pays à haut niveau technologique.

Ainsi, la thèse est un tremplin vers tous les métiers qui nécessitent une haute technicité ou une forte capacité à gérer des problèmes complexes, et pas uniquement vers les carrières académiques.


Comment se lancer ?

La première des conditions est d’être sûr de sa motivation. Ne vous lancez surtout pas dans une thèse pour repousser votre entrée dans la vie active. Un doctorant n’est plus un étudiant, mais un professionnel de la recherche, à qui l’on demandera d’être rapidement  » opérationnel et productif « , comme les autres chercheurs.

La seconde clef est l’accès à l’information : pour ne pas se perdre dans la jungle des sujets, laboratoires, financements et débouchés, il est indispensable de ne pas rester dans son trou. De multiples moyens d’information existent. Ainsi, le site Web de la Guilde Des Doctorants contient divers outils pour accéder aux informations les plus utiles : Guide du Doctorant (conseils, depuis le choix d’une thèse jusqu’à l’insertion professionnelle) ; propositions de thèse ; liens vers les informations relatives aux financements. Vous y trouverez aussi un annuaire des associations de doctorants qui pourront vous renseigner au niveau local.

Enfin, un point important est votre capacité à anticiper votre avenir. Vous gagnerez beaucoup de temps si vous sortez un peu de vos recherches pour faire le point sur vos projets professionnels. C’est une des difficultés de la thèse car, dans l’esprit de beaucoup de directeurs de thèse, son but est encore l’entrée dans une carrière académique. Heureusement, cette vision de l’insertion professionnelle s’élargit peu à peu…


Le contenu des formations doctorales

En pratique, la thèse s’apparente à une activité professionnelle (de chercheur) avec une formation continue. Un doctorant travaille donc au sein d’une équipe de recherche, sous la supervision d’un responsable (son directeur de thèse), tout en ayant des formations complémentaires. Ces formations (4 à 7 semaines par an) concernent différents aspects : congrès et écoles thématiques, initiation à l’enseignement supérieur, séminaires de contact avec le monde socio-économique (Doctoriales®), préparation à l’insertion professionnelle…
Enfin, un doctorant doit normalement bénéficier des même facilités matérielles que les autres chercheurs de son équipe : bureau, téléphone, Internet, reprographie, remboursement des frais de mission, etc. Cela est souligné par la  » Charte des Thèses  » qui définit les conditions minimales pour le bon déroulement d’une thèse, et qui est signée par tout doctorant.

Pour conclure, lancez-vous dans une thèse comme vous choisiriez un emploi : si ce que l’on vous propose vous plaît, en sachant pourquoi vous le faites et seulement si les conditions matérielles sont acceptables.

 

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