Créées il y a quarante ans, les Junior Entreprises permettent aux étudiants d’accumuler une précieuse expérience professionnelle dans un cadre pédagogique. Le président de la Confédération Nationale des Junior Entreprises, Frédéric Astier, revient sur les spécificités de cette structure ainsi que les grandes différences qui l’opposent au concept de « Louer un étudiant ».

 

Quelles différences majeures pouvez-vous évoquer entre le concept de la Junior entreprise et celui du site « Louer un étudiant » ?

 

F.A. : Les deux projets sont très différents. « Louez un étudiant » propose, par le biais d’une structure informatique, un service de mise en relation entre des clients cherchant à effectuer une étude ponctuelle ou un projet et des étudiants bénéficiant du statut d’auto entrepreneur. La Junior Entreprise propose au client d’entrer en contact avec des associations qui pourront travailler sur leurs projets par le biais de plusieurs étudiants compétents. Elle peut garantir un encadrement et une gestion de l’étude ainsi que de l’équipe. La Junior Entreprise constitue une protection pour l’étudiant face au client. Elle assure également un meilleur suivi face à la commande.

 

Dans quelle mesure l’activité d’une Junior Entreprise peut-elle faire l’objet d’une valorisation d’expérience ?

 

F.A. : Les missions confiées aux étudiants dans le cadre d’une Junior Entreprise entrainent obligatoirement une plus value pédagogique. Elles ne peuvent être effectuées que lorsqu’elles sont en accord avec les matières enseignées dans l’établissement. Une Junior Entreprise créée dans une école d’ingénieurs ne pourra pas réaliser une étude de marché. On s’assure donc de la continuité de cette plus value dans l’application du cursus scolaire. Cette sécurité est renforcée par le contrôle de la Confédération Nationale des Junior Entreprises. Sans ce contrôle les étudiants risquent de faire n’importe quoi et seront livrés à eux-mêmes. Le risque réside également dans la perte de qualité des missions effectuées. La CNJE dispense également des formations à des étudiants appelés à agir dans l’administration et la gestion des Junior Entreprises. Ils y acquièrent des compétences en communication, en gestion de trésorerie et en management.

 

Une expérience au sein d’une Junior Entreprise constitue t-elle un point fort sur un CV ?

 

F.A. : Les entreprises que l’on a sollicitées affirment qu’un engagement en Junior Entreprise fait une réelle différence sur un CV. Elles savent que les étudiants ont eu l’occasion de mettre en application leur cursus et qu’ils ont pu mettre en application des compétences en matière de gestion et de management.

 

Quelle est la place de la pédagogie dans une Junior Entreprise ?

 

F.A. : L’aspect pédagogique est primordial dans les Junior Entreprises. La vocation éducative est clairement spécifiée dans les statuts de chacune d’entre elles. Elles sont créées afin de mettre en pratique des enseignements théoriques. Par ailleurs, les étudiants membres de Junior Entreprises bénéficient du soutien constant de l’équipe enseignante de leur école.

 

Des incubateurs tels que celui de l’université Paris Dauphine pourraient-ils devenir des partenaires pour le monde des Junior Entreprises ?

 

F.A. : Ces structures rassemblant des créateurs d’entreprises et des porteurs de projets, elles ne pourraient que bénéficier de compétences ciblées ; celles-là mêmes qui sont utilisées par les Juniors Entreprises. Dans ce contexte, des partenariats sont toujours envisageables.

 

Quelques mots à propos du réseau européen JADE ?

 

F.A. : Le réseau a été créé il y a 20 ans à partir du concept français des Junior Entreprises, datant de 40 ans. La CNJE l’a créé  afin d’ouvrir la formule à l’ensemble de l’Europe. Il rassemble aujourd’hui 15 fédérations qui commencent à développer le concept dans leurs pays respectifs. Leur développement est cependant limité par le manque de temps et de moyens.

 

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