Réunis sous l’égide du collectif Appel de la jeunesse, une trentaine d’associatifs ont pris part à un happening organisé ce jeudi 31 mars. A quelques pas des travées feutrées du Palais Bourbon, ils entendaient réclamer le retrait du Bisphénol A de l’industrie agroalimentaire. Substance hautement nocive, elle serait la cause de nombreux cancers et de maladies chroniques mortelles, notamment chez les jeunes. Soléane Duplan, coordinatrice du Réseau Environnement Santé, revient sur l’impact sanitaire de cette substance et sur les enjeux de la campagne qui s’annonce.

 

« Le collectif a été constitué en 2009 à la suite de la mort d’un étudiant. Ce dernier ayant succombé à un cancer, plusieurs de ses camarades ont tenté de comprendre les sources de sa maladie. Spécialistes et scientifiques ont donc pris part à des conférences organisées par ce tout jeune collectif afin de mettre en avant les sources potentiellement cancérigènes. Parmi les facteurs environnementaux, la pollution chimique, inhérente à la présence de substances toxiques dans notre environnement, joue un rôle majeur dans cette situation. L’environnement au sens large bien sûr. Cela comprend l’alimentation, l’eau consommée, l’air que l’on respire aussi bien chez soi que dans la rue. Tous les jours nous sommes imprégnés par une foule considérable de molécules et de produits dangereux. »

 

Les perturbateurs endocriniens, la face immergée de l’iceberg

 

« Les perturbateurs endocriniens posent de graves problèmes sanitaires. Ils ont notamment un impact sur la prolifération de certains cancers, des maladies cardiovasculaires, l’obésité, le diabète ainsi que des troubles de la fertilité. De plus en plus de jeunes sont touchés par ces maladies devenues chroniques. Au coeur du problème, on retrouve le Bisphénol A. Il est présent dans une grande partie de contenants alimentaires, des boites et des canettes, de l’électroménager… C’est LA substance emblématique de la famille des perturbateurs endocriniens. Une récente étude a démontré que 94% des citoyens américains sont contaminés. Dans ce contexte, on voit mal comment la situation pourrait être différente en France. Mais cette substance peut tout à fait être éliminée de l’organisme.  La publication scientifique Environnemental Health Perspectives annonçait récemment qu’en passant d’une alimentation en conserves aux produits frais, l’on pouvait éliminer jusqu’à 75% de la contamination en 10 jours. Une grande partie de la population a adopté un mode d’alimentation en conserves. Voilà pourquoi nous voulons les protéger en demandant la suppression des Bisphénol A (BPA). La campagne « Générations cobayes, non merci » se décline en plusieurs volets, domaines de sensibilisation et de lutte, tous basés sur des travaux de scientifiques. Hormis les BPA, la campagne portera également sur les pesticides, les OGM et pourrait aller jusqu’aux ondes électromagnétiques. »

 

 

 

Les politiques face aux réalités économiques

 

« De droite ou de gauche, les députés soutiennent unanimement cette initiative. Ils sont dans une logique de réglementation. Selon la couleur politique, il y a des propositions de lois. Mais pour l’heure, cet élan ne s’est traduit que par l’interdiction du BPA dans les biberons. Alors qu’il faudrait étendre cette interdiction à l’ensemble des contenants alimentaires. Les scientifiques l’ont prouvé : l’alimentation est la première source d’exposition au BPA. Une proposition émanant du Nouveau Centre et de l’UMP prévoit une interdiction pure et simple du BPA. Mais c’est irréaliste car les industriels ne sont pas prêts à renoncer à un marché mondial absolument énorme. D’ailleurs, si la France portait ce projet, il ne serait pas relayé à l’étranger. Les interdire dans les contenants alimentaires, cela reste possible. »

 

Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à visiter le site officiel de la campagne « Générations cobayes, non merci ! »

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