Depuis la première édition d’un fascicule équivalent en 2001, la situation a beaucoup évolué. La plupart des propositions avancées à l’époque ont en effet été reprises, discutées, mises en place avec plus ou moins d’ambition dans les établissements d’enseignement supérieur.

En particulier, une circulaire ministérielle datant du 29 août 2001 leur demandait tout à la fois de généraliser la création de bureaux de la vie étudiante, de réformer le Fonds d’aide à la vie étudiante, d’informer et de conseiller les porteurs de projets, de mieux reconnaître les engagements étudiants, à la fois grâce à des conventions entre les associations et les établissements, et par la multiplication d’unités d’études optionnelles, de stages et de mémoires.

Cette importante avancée était non seulement utile sur le fond, mais aussi remarquable par la qualité de la concertation. Cela a certainement facilité l’accueil par les universités de cette circulaire.

Ensuite, très vite après sa nomination, Luc Ferry a pris l’initiative de la campagne  » envie d’agir « . À plusieurs occasions, le ministre de l’éducation nationale a incité les jeunes de 11 à 28 ans à  » s’engager  » et a mobilisé à leur intention partenaires et points d’appui.

Les progrès enregistrés ne sont bien sûr pas suffisants. Même attirés par la vie associative, trop de jeunes restent encore à l’écart, sans savoir par où et avec qui commencer. Malgré de réels efforts, les campus sont souvent froids et désagréables, ce qui favorise la diffusion d’un mal-être nocif. Plus généralement, la distance entre les jeunes et les institutions est grande, la participation aux élections baisse encore, la culture démocratique s’avère bien peu vivace.

Les échanges permanents qui sont au cœur de la logique de notre coordination nous permettent d’observer que décidément :

– Le développement de la vie associative parmi les étudiants conduit à des résultats positifs en termes de création de liens sociaux et politiques, de compléments de formation, de créativité civique, pour le plus grand bénéfice de la société ;
– Certaines  » recettes  » préconisées pour cela fonctionnent, et qu’il est fort dommage qu’elles ne soient pas davantage appliquées ;
– Il s’agit pour autant de faire preuve de souplesse, pour adapter les propositions à des environnements très divers, et permettre au plus grand nombre d’acteurs de s’approprier les stratégies recommandées.

Aussi, Animafac prend l’occasion de son troisième forum pour réclamer non seulement la poursuite des efforts entamés, mais aussi pour proposer de nouvelles mesures pour développer la vie associative étudiante.


1) Parier sur la démocratie participative dans l’enseignement supérieur

Bousculée par des évolutions très brutales, la communauté universitaire n’est plus qu’un terme sans beaucoup de substance : étudiants sans repère, émiettement du corps des enseignants et des chercheurs, locaux sans âme, etc. La plupart des  » usagers  » des campus n’ont que bien peu d’idées sur ce qui s’y passe et s’y prépare ; l’essentiel des nouvelles mesures décidées au bénéfice des étudiants, du tutorat aux actions culturelles ne profite, c’est classique, qu’à la minorité la mieux informée.

Il est indispensable de multiplier et de mieux mobiliser des canaux d’information et de médiation. À l’instar des pistes empruntées par certaines collectivités locales, l’essor d’une démocratie participative dans l’enseignement supérieur peut grandement y aider.

Les efforts pour encourager les initiatives étudiantes vont dans ce sens. On peut contribuer beaucoup à la vie de la collectivité par la conduite de projets, même d’ambitions modestes. Mais d’autres voies complémentaires sont possibles, visant à améliorer l’information et la possibilité d’expression de tous. Ainsi, il faut encourager la mise en scène de forums associatifs et de toutes mesures pour ouvrir au plus grand nombre la possibilité d’agir collectivement. De même, il importe d’inviter largement à s’informer et à débattre : les anciens des programmes Erasmus avec le service des relations internationales ; l’ensemble des associations artistiques avec le service culturel ; simples intéressés avec le relais  » handicap  » de l’établissement. À condition d’avoir anticipé les marges de manœuvre, en termes d’évolution des politiques publiques et d’actions directement menées par des associations, des avancées très positives sont possibles.

Une étape s’avère particulièrement importante, celle de la négociation des contrats pluriannuels entre l’État et les établissements. Il y a tout à gagner à ouvrir largement le débat, en s’appuyant sur un questionnaire bien diffusé, en réunissant l’ensemble des corps intermédiaires dans des réunions ad hoc, bref, en reprenant les méthodes les plus efficaces utilisées à l’occasion des enquêtes publiques dans les territoires.

2) Évaluer et faire progresser les bureaux de la vie étudiante

Demandée en 2001 par une circulaire, à nouveau souhaitée par le ministre cette année, la généralisation des bureaux de la vie étudiante est en cours. Mais leur installation s’effectue dans des environnements très variés, avec des moyens très hétérogènes, à partir de cultures différentes. Et, à ce jour, bien rares ont été pour leurs animateurs les occasions d’évaluer ensemble leurs pratiques, d’échanger leurs bonnes idées, de s’offrir mutuellement des perspectives enrichissantes.

La palette de leurs activités effectives ou réclamées par le ministère est pourtant bien vaste, information utile à tous, implication dans l’accueil des étudiants étrangers, l’aide aux étudiants handicapés, l’action culturelle ou les pratiques sportives, sans omettre, bien sûr, leur rôle de point d’appui pour les bénévoles et les porteurs de projets collectifs. Il ne s’agit pas de les confondre avec d’autres services dédiés à l’action culturelle dans son ensemble, ou à l’orientation et l’insertion professionnelle, même si des interactions sont évidentes et souhaitables :

Nous préconisons que soit conduite une enquête pour dresser un état des lieux du fonctionnement des bureaux de la vie étudiante et discerner bonnes idées comme échecs enrichissants, afin que chaque établissement profite des expériences des autres. Nous estimons souhaitable une réunion nationale des bureaux de la vie étudiante, pour que les résultats d’une pareille enquête soient publiquement débattus.

Nous sommes certains que beaucoup d’associations étudiantes et particulièrement la coordination qu’est Animafac sont prêtes à contribuer autant qu’il le faudra à la réussite de ce processus d’évaluation.

3) Aménager autrement le temps et l’espace dans les campus, pour y encourager la vie associative

Cette question cruciale interpelle l’ensemble des modes d’organisation des établissements d’enseignement supérieur, à juste titre critiqués pour être fermés presque aussi souvent qu’ils ne sont accessibles. Nous n’aborderons pourtant ici que quelques-unes des pistes qui peuvent contribuer à l’essor des engagements étudiants.

Il est évident que la vie associative est une victime de ces traditions d’organisation. Dans des établissements dont les deux missions fondamentales sont la recherche et la certification des connaissances, tout ce qui a trait à la vie de la communauté universitaire est négligé, faute de moyens mais aussi d’attention.

Créer des liens entre les individus, favoriser la créativité civique et solidaire, dynamiser l’action culturelle, s’ouvrir à son environnement ne sont en rien des processus naturels. Ils réclament des aménagements adéquats, dont nous allons tâcher ici de donner quelques exemples. En remontant en arrière, de l’aboutissement d’une démarche à son origine, il apparaît que :

– Il importe de faciliter l’utilisation d’amphithéâtres et de salles pour autre chose que des cours et des examens. Pour qu’un établissement soit, tel que le décrit la loi Savary, porteur effectif d’un projet culturel, il est nécessaire qu’il soit accessible pour d’autres activités que la transmission formelle des savoirs. En particulier, il est utile que des salles intelligemment équipées soient accessibles le soir et le week-end, au-delà des périodes d’ouverture de l’ensemble de l’établissement. Et puis, pourquoi ne pas réfléchir à utiliser les restaurants universitaires pour autre chose que leur fonction initiale. Ces grandes salles ne sont quelquefois occupées qu’une dizaine d’heures dans la semaine. Quel gâchis !

– Il faut mettre en œuvre une palette de médias complémentaires. Du journal de l’université à son site web, de livrets ad hoc (annuaires des associations, programmes d’événements) à une radio ou une télé campus, les expérimentations sont nombreuses de ce qui peut être entrepris. Il s’agit aussi d’organiser un système performant d’affichages, pour prévenir de manifestations mais aussi égayer des murs soit sinistres, soit confisqués par les annonces de soirées commerciales.

– Pour préparer un projet, il faut en avoir les moyens matériels. Or, la tradition universitaire conduit à n’attribuer normalement de locaux qu’aux amicales de filières et aux organisations représentatives des étudiants. Pas aux associations qui conduisent des projets ! Il n’est pas toujours souhaitable de leur confier des locaux permanents. On peut réfléchir à des systèmes de réservation, pour que des bureaux équipés soient utilisés quelques heures par ceux qui travaillent à la réussite d’une initiative ; pour que des locaux soient prêtés pour quelques semaines ou quelques mois, le temps de la réalisation d’un projet. Il est en tout cas indispensable de repenser un système qui entraîne trop souvent une perversion évidente : nombreuses ont été les associations candidates à des élections dans le simple objectif d’obtenir un local, en vue de préparer une représentation théâtrale ou d’éditer un journal.

– Pour que se constituent puis se renouvellent des associations, des lieux de rencontres sont indispensables. Des progrès importants ont été enregistrés depuis le plan  » Universités 2000 « . Il est assez fréquent aujourd’hui qu’un bâtiment compte quelques bancs dans ses couloirs, une ou deux salles de documentation et/ou de discussion, et même, quelquefois, une cafétéria agréable. Mais le chemin est encore long pour faire des campus des lieux de vie.

4) Mieux connaître la vie associative

Malgré l’engouement actuel en faveur des associations, dès grandes célébrations du centenaire de la loi qui permettait leur création jusqu’aux dossiers spéciaux qui foisonnent à travers les médias, la connaissance de cet univers est encore bien modeste. On cerne à peu près les enjeux économiques qui le traversent, on dénombre assez précisément les salariés qu’il emploie, mais tout ce qui n’est pas aussi quantitatif est largement demeuré dans l’ombre, méconnu. Il est pourtant essentiel de mieux comprendre les modes actuels de socialisation, pour effectivement répondre aux déficits de liens sociaux et politiques qui sont par tous constatés.

En particulier, les études sur les engagements des jeunes et des étudiants se comptent presque sur les doigts d’une main, le plus souvent à l’initiative d’associations dirigées par des jeunes. L’université se doit remplir son rôle social de décodeur de la société – dont les associations, et parmi elles les associations étudiantes, constituent un acteur central – et produire une connaissance qui puisse, pourquoi pas, nourrir les politiques publiques. Les angles d’attaque du sujet sont multiples – social, historique, politique, thématiques, il appartient simplement aux chercheurs de s’en saisir.

Pour encourager ces démarches, les autorités de tutelle peuvent faire valoir ces orientations dans le cadre de leur contractualisation avec les établissements, au-delà du libre-arbitre des chercheurs.

5) Ouvrir les campus à leur environnement et réciproquement

Les campus ressemblent trop souvent davantage à des ghettos repliés sur eux-mêmes, coupés de la ville et de ses habitants, qu’à des lieux de vie étudiants. L’équilibre des territoires et la nécessaire cohérence de la ville appellent l’interactivité entre villes et campus. Il s’agit de considérer les étudiants, les universitaires, comme des acteurs de leur ville et de ne plus voir les campus comme des sanctuaires clos du savoir.

L’impact d’un site d’enseignement supérieur sur un environnement ne peut plus être négligé. Dans chaque domaine, il importe que des contacts se nouent, que des échanges s’organisent, entre tous les protagonistes. Parmi les enjeux les plus évidents apparaissent les questions de logement, le transport et la sécurité. Mais d’autres champs sont à considérer avec la même attention : l’action artistique et culturelle, les pratiques sportives, l’insertion professionnelle et le développement économique, jusqu’aux relations internationales, puisqu’il serait aberrant que collectivités territoriales, écoles et universités décident de politiques contradictoires par défaut de concertation. Même l’aide sociale et l’action sanitaire méritent d’être examinées dans un esprit de complémentarité et de mutualisation, tant il est souhaitable d’organiser un maillage des politiques publiques qui transcendent les divisions administratives pour s’efforcer de répondre aux besoins des habitants.

Les associations étudiantes et les étudiants participant au développement local représentent des acteurs essentiels à cet esprit d’ouverture. Des radios campus aux festivals culturels étudiants se déroulant dans la ville, de l’accompagnement scolaire à la participation étudiante aux processus de délibérations, les exemples sont nombreux qui montrent une forte capacité de médiation. Quelles que soient les modalités envisagées pour organiser ces dialogues et délibérer ensemble, selon les situations locales, il est essentiel de respecter plusieurs principes directeurs :

– L’interdépendance est telle aujourd’hui, que toute évolution des politiques publiques, en particulier la définition d’un projet d’établissement ou d’un schéma directeur urbain doit prendre en compte cette nécessaire complémentarité ;

– Cet esprit doit trouver une démonstration dans des rencontres régulières aux plus hauts niveaux entre établissements d’enseignement supérieur, collectivités locales, services déconcentrés de l’état et corps intermédiaires intéressés.

– Il s’agit de faire valoir et de développer le rôle de médiateur permanent mais aussi de laboratoires que peuvent jouer les associations étudiantes, par leur dynamisme, leur souplesse et leur inventivité.

6) Une Maison des initiatives dans chaque ville universitaire !

Les projets des jeunes nourrissent la vie urbaine, encore faut-il que les villes leur donnent les moyens de se concrétiser. À l’image de celle qui s’est développée à Paris en direction du public étudiant, mais qu’il est possible d’élargir à l’ensemble des publics jeunes scolarisés ou non, une maison des initiatives constitue une plate-forme formidable pour la réalisation des « envies d’agir », en incitant les jeunes associatifs à se montrer créatifs, innovants et utiles, tout en inscrivant de facto leur démarche au cœur de la cité.

Une pareille  » maison  » constitue un puissant vecteur de communication entre une collectivité et sa jeunesse. Autour de participations civique, solidaire, culturelle, elle permet de tisser des liens multiples entre étudiants et jeunes non scolarisés, entre étudiants de différents campus et filières, entre les jeunes et la population locale et les différentes institutions, et particulièrement entre les jeunes et un monde associatif trop souvent replié sur lui-même. Elle facilite enfin l’animation de conseils de jeunes impliqués dans le suivi de la politique municipale.

Loin de la logique classique des maisons des associations, davantage tournées vers l’organisation de permanence d’accueil du public, attentives à l’attractivité pour des jeunes du lieu même et de sa décoration, de telles Maisons des initiatives s’appuieraient sur quatre piliers :

– Un espace où sont concentrés les moyens (locaux, salles de réunion, de répétition, postes de travail, de PAO, photo ou vidéo…) alloués temporairement aux associations dirigées par des jeunes qui en font la demande ;

– Une animation assurée par les associations elles-mêmes, favorisant la formation et la documentation des porteurs de projet, ouvrant des espaces de débat et concentrant les capacités de communication ;

– L’identification et le montage de programmes de bénévolat au sein d’associations  » instituées « , notamment dans le domaine de l’action sociale, et la promotion de ces espaces d’engagement auprès des publics jeunes.

– La mise en place d’un dialogue permanent, entre les jeunes et les représentants des institutions, autour des conseils de jeunesse.

7) Mettre en place le volontariat civil

De nombreux jeunes souhaitent participer à temps plein durant plusieurs mois à un projet civique et solidaire, en interrompant le cours de leurs études ou avant de chercher une intégration professionnelle plus durable.

Il est certain qu’une pareille expérience peut s’avérer très riche. Elle peut permettre au  » volontaire  » de mûrir en tant que citoyen mais aussi que professionnel, à la société de mobiliser de nouvelles forces vives pour créer des liens sociaux et politiques supplémentaires, mais aussi d’expérimenter des pratiques originales dans des champs négligés.

Une loi en ce sens à été votée dès l’année 2000. Un arrêté vient récemment de paraître. Il reste encore beaucoup à faire pour améliorer le dispositif envisagé et encourager son usage, tant par les associations que par les jeunes.

Il nous paraît notamment important :

– De définir le volontariat non pas seulement en termes de domaines d’activité mais surtout de types d’activité. En l’état, une association de lutte contre l’exclusion peut très bien donner un rôle administratif à un volontaire, concurrent à un emploi, tandis qu’une association hors du champ de l’arrêté ne peut engager de volontaire pour coordonner l’action de bénévoles.

– De préciser l’accord à trois entre le volontaire, l’association et l’état qui paraît la seule méthode satisfaisante pour énoncer les objectifs assumés ensemble par les trois parties. Les deux conventions entre l’état et, d’une part le volontaire, d’autre par l’association représentent un système à la fois compliqué et sans justification pertinente.

– De bâtir un cadre souple et efficace pour régler les questions d’indemnisation des volontaires. Comment comparer des centres de vacances ou de découvertes de la nature avec des associations en ville sans patrimoine immobilier pour loger les volontaires ? Pourquoi uniformiser une indemnité lorsque les environnements et les parcours individuels sont aussi divers ?


8) Faire valoir le bénévolat associatif

Les institutions qui baillent les fonds publics réclament avant tout des associations une bonne gestion administrative et comptable, et une efficacité matérielle. Pour être un partenaire satisfaisant, il faudra avoir abattu son  » quota  » d’heures d’accompagnement scolaires ou de formation, encadré son  » bataillon  » de jeunes en déshérence durant un nombre de jours bien calculés conventionnellement.

En privilégiant le quantifiable, ils délaissent des pans entiers de la démarche associative qui sont pourtant régulièrement réclamés lors de sorties récurrentes sur le rôle politique des associations. À ce compte matériel en effet, nombre d’associations en viennent à se méfier d’un bénévolat souvent imprévisible, et confortent une professionnalisation qui peut les pervertir. Les associations ne sont pas des entreprises : le résultat final ne constitue qu’une partie de l’objectif visé. C’est tout un projet qui sous tend l’action associative, où les bénévoles ont une place et un rôle à jouer, où l’animation et la qualité importent au moins autant que les résultats quantifiables. Le bénévolat repose sur la volonté de l’individu d’agir et de partager. Au-delà de leurs résultats concrets, les échanges qui en résultent sont bénéfiques à l’être humain, à la société, au politique.

Dans les établissements supérieurs, trois écueils particuliers sont à discerner.

– Le goût de l’animation : c’est la version universitaire de la recherche de résultats matériels. Ici, seule importe le spectacle finalement produit, l’exposition décorative, le débat public plus ou moins passionné ; les administrations en viennent presque à subventionner les projets étudiants comme elles achèteraient des prestations d’animation. Elles négligent alors tout ce qui, plus discrètement, est nécessaire à la vivacité réelle du monde associatif étudiant.

– L’envie de certifier : Si, comme nous l’avons précédemment développé depuis deux ans, certaines unités d’études liées à la vie associative peuvent être mises en place, l’essence du bénévolat est d’être un engagement libre. Si son objet devient l’acquisition d’une (bonne) note délivrée par un enseignant, l’engagement change radicalement de nature. Du bénévolat, on passe aux  » travaux pratiques « , où ce qui importe devient la capacité à mettre en pratiques des compétences utiles pour la vie professionnelle.

– L’impératif professionnalisant : Quand la croissance est en berne, quand le chômage repart, la réaction doit être vigoureuse. Il advient qu’on encourage les jeunes à créer leurs propres emplois grâce à leurs engagements. Rien à redire, sauf quand ces objectifs deviennent totalitaires, et quand fondations et pouvoirs publics développent des orientations trop exclusives, qui négligent l’intérêt en soit d’indispensables projets collectifs sans but professionnel ni lucratif.

À ce sujet, il est sans doute souhaitable de promouvoir d’une part l’esprit associatif, d’autre part l’esprit d’initiatives, en sachant faire la différence entre ces attitudes distinctes, pourtant souvent confondues.

Animafac s’attèle aux deux objectifs, et souhaite, au-delà de son ambition reconnue pour une plus grande implication des étudiants dans la vie associative, contribuer à la diffusion d’un plus fort esprit d’initiatives parmi les étudiants. Nous croyons utile le développement d’un  » esprit d’entreprendre  » encore bien peu partagé, particulièrement dans trois directions : le monde universitaire, souvent désemparé face à ces enjeux ; les jeunes femmes, régulièrement en retrait pour de bien mauvaises raisons ; l’économie sociale et solidaire, totalement méconnue des jeunes, alors qu’elle offre pourtant des débouchés intéressants sur le fond comme sur la forme.

 

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