Qu’ils partent pour un périple de six mois en Amérique du nord à la rencontre d’une agriculture alternative et naturelle, qu’ils s’investissent au quotidien en faveur du dialogue interculturel ou qu’ils accompagnent les étudiants dans la réalisation de productions audiovisuelles, tous les projets associatifs découlent d’une même philosophie : le sens de l’engagement.

 

Accompagnées par Animafac depuis le 15 septembre 2010, date à laquelle le premier contrat de service civique a été signé au sein du réseau, les associations étudiantes voient leurs projets renforcés par l’arrivée de volontaires. Jeunes, comme eux, entre 18 et 25 ans révolus, ils-elles leur apportent une fraicheur, un enthousiasme et une vraie richesse personnelle. En retour, les jeunes qui s’engagent et s’investissent pleinement dans les desseins des structures d’accueil emportent avec eux tout le bagage et le savoir-faire de celles-ci. Ces jeunes, leurs tuteurs, les missions qu’ils accomplissent et la philosophie qu’ils défendent forment le Service civique associatif. 

 

Rassemblement national des volontaires, juillet 2012. Un président de l’Agence du Service civique s’est glissé sur cette photo. Saurez-vous le retrouver…

 

 

Dans ce dossier, vous pourrez découvrir : 


 

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Etudiant architecte strasbourgeois, Thomas Nussbaumer souhaitait lier son cursus et sa passion pour la musique au travers d’un projet concret. A la faveur d’une année de césure, il a donc répondu à l’appel de Rodéo d’âme. L’association alsacienne lui proposant, pour un temps, de rejoindre son équipe et de participer notamment à la production d’un opéra, il s’est donc engagé pour une mission de Service Civique.

 

Lancé dès son arrivée au coeur d’ambitieux projets, Thomas s’implique et soutient la création d’un opéra devant être joué au Zénith de Strasbourg. Entouré de Claire Audhuy, directrice de l’association et chargée de la mise en scène ainsi que de Gabriel Mattei, l’initiateur du projet, il contribue à l’éclosion d’une nouvelle adaptation du chef d’oeuvre de Bizet, Carmen. « Un challenge de taille qui réclame une attention toute particulière », selon Thomas. En effet, en plus des membres des étudiants happés par l’appel des planches, scénographes, directeurs artistiques, régisseurs généraux et autres professionnels de la communication ont également rejoint l’équipe. Outre les envolées lyriques de la bohémienne, Thomas participe à un vaste programme de valorisation d’anciennes synagogues de la capitale alsacienne. Edifiées au tournant du XIXème siècle, elles ont fait l’objet d’une réhabilitation tardive et de modifications profondes. « Certains édifices ont été progressivement transformés en habitations individuelles tandis que d’autres sont devenues des exploitations agricoles. Le résultat est parfois très surprenant, toujours saisissant », explique Thomas. Issu de multiples rencontres, d’échanges et d’interviews, un livre doit être édité en 2013 et pérenniser une part de cette mémoire urbaine de Strasbourg.

 

« Je recherchais une ouverture d’esprit (…), la curiosité a fait le reste »

 

Trait d’union entre l’association et le jeune homme, la musique joue un grand rôle dans la démarche de Thomas. « J’ai joué dans le même orchestre que Claire Audhuy et Gabriel Mattei m’a dirigé à plusieurs reprises. En tant que musicien, je ne pouvais qu’être séduit par le projet d’opéra. Les synagogues ont fini de convaincre l’architecte que je suis et la curiosité a fait le reste. » Plaçant la découverte et l’éveil au coeur de sa démarche, Rodéo d’Ame cultive également une hyperactivité et s’attèle à réaliser des projets aussi originaux que variés ; une variété et une philosophie qui ne sont d’ailleurs pas étrangères à l’engouement de Thomas. « C’est une ouverture d’esprit sur les choses matérielles et intellectuelles que je cherche dans cette mission», clame-t-il. Mais ce n’est pas tout ! Etudiant en architecture, germanophone, il voit dans cette expérience un bon moyen de valoriser ses compétences et les mettre au service d’un « projet qui en vaut la peine ». « Mon cursus d’architecte m’offre la possibilité d’apprécier la question des synagogues sous différents angles et le projet d’opéra impliquant des allemands et des suisses, ma maîtrise de la langue de Goethe est un avantage considérable. » Des compétences qui, associées à l’encadrement d’une équipe et la gestion d’un budget, seront « valorisables lorsque j’entrerai pleinement dans la vie professionnelle ».

 

Par le biais de cycles de rencontres artistiques, Rodéo d’âme interroge des thématiques engagées. Mettant en avant le regard d’artistes contemporains, l’association fait dialoguer l’outil artistique et des sujets de société forts comme lors des cycles Corps multiple (en 2006) et Mémoires vivantes (en 2007-2008). Multiplier les concepts et les points de vue pour mieux apprécier une problématique… Rodéo d’Âme propose aux esprits curieux un regard neuf sur le corps, la mémoire, l’oubli. Théâtre, expositions photographiques, édition, débats et rencontres… Plus qu’une somme d’outils, les formes d’expression que l’équipe de Rodéo d’Âme s’approprie renvoient à la complexité d’une notion et la définissent. Evoqué, il y a quelques mois, au travers d’un portrait, l’association s’était vu remettre le prix Shirin Ebadi 2011 pour l’ensemble de son travail.

 

Le croquis accompagnant l’article est l’oeuvre de Mathias Baudry. Il s’agit d’une « esquisse de costumes pour l’opéra Carmen »

Etudiante curieuse et globetrotteuse, Marie-Gabrielle Gaulard-Castello s’engage aux côtés de l’AP2I depuis plusieurs années au nom du dialogue interculturel. Depuis quelques mois, la jeune femme est passée d’une statut de bénévole à celui de volontaire en service civique.

 

En master 1 d’histoire contemporaine et en master 2 de Politiques et gestion culturelle, Marie-Gabrielle passe également un diplôme intensif d’arabe à Paris. Un cursus qu’elle résume modestement en affirmant « au niveau universitaire, ça va ». Mais le CV de la jeune femme ne s’arrête pas là ! Elle s’investit depuis plusieurs années en tant que bénévole au sein de l’Agence de promotion et d’ingénierie interculturelles, une association étudiante oeuvrant pour la promotion de l’interculturalité. Et depuis quelques mois, Marie-Gabrielle s’y est engagée pour une mission de service civique. Une étape qu’elle considère comme « une forme de reconnaissance du travail que j’ai effectué ».

 

 

Chargée du « Labo », un pôle d’organisation d’événements et de temps d’échange, Marie-Gabrielle s’épanouit et se sent en phase avec ses engagements citoyens. « Nous avons tous des identités propres, faites de points communs et de différences. Je trouve qu’il est important de cultiver sa curiosité et d’aller vers l’autre. C’est très enrichissant. » Ainsi, lors de ses « cafés labo », elle réunit intervenants, universitaires et curieux pour débattre et échanger des thèmes phares portés par l’association. Qu’il s’agisse de l’espace urbain ou de la jeunesse en méditerranée, le but de ces rencontres est de faire la liaison entre la théorie et la pratique du dialogue interculturel. Un projet à la fois simple et concret qui donne lieu à un véritable échange entre les participants.

 

Aller à la rencontre de l’autre, mettre en place les conditions d’un échange constructif tout en sollicitant la participation d’intervenants… La mission de Marie-Gabrielle est « multiple et passionnante », selon elle. Mieux, elle y voit une belle expérience de vie ainsi qu’un plus indéniable sur un CV. « Le service civique permet d’allier expérience concrète, passion et réelle activité professionnalisante », assure-t-elle avant d’ajouter que le «  »label service civique » doit être porté avec fierté par les volontaires ; et en premier lieu face aux recruteurs. »

 

Investie à fond dans la démarche de l’ Agence de promotion et d’ingénierie interculturelles, elle restera, de toute manière, liée à son association lorsque sa mission aura plus fin. D’autant qu’elle y porte et défend un projet personnel de plateforme web dédiée au rapport entre culture et citoyenneté des jeunes. Un projet d’ailleurs retenu parmi les 10 finalistes du PIEED 2013 ! 

 

 

Le portrait de Marie-Gabrielle vous a interpelé ? Vous aimeriez participer à l’un de ses cafés labo ? Visitez le site de l’AP2I dès maintenant ! 

 

Crédits photo : Au beau milieu d’un Café Labo, AP2I 2013

 

Unis à la ville comme dans leur mission de volontariat, Clémentine et Valérian ont décidé de mettre le Cap à l’Ouest. Traverser l’atlantique pour aller à la rencontre des représentants d’une agriculture à taille humaine, découvrir des pratiques, des terroirs et des philosophies. Un projet qu’ils portent depuis plus d’un an et que l’association Terre en vue leur permet actuellement de concrétiser.

 

Cap à l’Ouest, c’est une histoire de rencontres. Des rencontres faites de part et d’autre de l’océan et gravées sur le papier. Valérian, co-porteur du projet avec Clémentine, explique que les traces de cette expérience a pris la forme d’un carnet de voyages ; un carnet progressivement constitué et enrichi de textes, de photos et de dessins, jusqu’en octobre. Ce voyage, imaginé et développé au sein de l’association Terre en Vue, doit les conduire du Canada aux Etats-Unis. Un circuit de plusieurs milliers de kilomètres passant par les Rocheuses, la baie du St Laurent et les plaines infinies du Middle-Ouest. Et au coeur de leur démarche, les deux volontaires espèrent s’enrichir de rencontres et de trouvailles. « Nous voulions découvrir de nouvelles initiatives défendant une agriculture mieux ancrée dans son territoire, productrice de plantes de qualité, créatrice de liens sociaux, d’emplois, de savoir, mais aussi de paysages », assurent-ils d’une même voix.

 

 

Pourquoi se lancer dans l’aventure associative ? Etudiant au sein de l’Ecole d’agronomie de Rennes, Clémentine et Valérian ont très vite pris contact avec Terre en vue. L’intérêt commun pour la biodiversité et une agriculture durable, les conseils avisés de leurs amis, les ont persuadés de s’engager pleinement dans la structure pour une mission de 6 mois. Mais outre l’envie d’être utiles et de servir une cause qui leur tient à coeur, ils souhaitaient également mettre leur savoir-faire à l’épreuve de la réalité du terrain. « En finissant nos études d’ingénieurs agronomes, nous avions envie d’une expérience professionnalisante et différente avant de nous lancer dans la vie professionnelle. Nous voulions monter un projet à nous, qui reste en rapport avec le milieu dans lequel nous voulions exercer, » assure d’ailleurs Valérian.



 

Enfin, au delà de l’expérience et de l’engagement, ce voyage doit permettre aux deux volontaires de se faire une idée plus précise sur la réalité du terrain. L’Amérique du nord est-elle livrée au diktat des consortiums de l’industrie agroalimentaire ? Les petits exploitants et les modèles alternatifs y ont-ils leur place ? Bien que leurs premières rencontres soient concluantes, Valérian préfère rester prudent. Et si d’aventure vous souhaitez suivre le périple des deux volontaires de l’association Terre en vue, consultez leur carnet de bord !


 

 

 

Mobilisés au sein de nombreuses associations étudiantes, les volontaires en service civique abordent, au travers de leurs projets, des sujets variés. Culture, environnement, solidarité ou prévention… des thématiques alignées comme une mosaïque d’engagements citoyens.

 

Prolongeant la nature de ces engagements, Animafac propose régulièrement aux volontaires de prendre part à ses formations civiques. Durant deux jours de rencontre, ils sont amenés à échanger sur leur vision du dispositif, leurs projets – qu’ils soient associatifs ou personnels -, leurs parcours respectifs ainsi que sur le service civique en général. Mais ils prennent également le temps de la réflexion sur des sujets de société. Qu’il s’agisse de l’évolution de l’information, l’économie de la culture, le collaboratif ou la démocratie à l’épreuve du fichage, une trentaine de jeunes rencontre des personnalités marquantes, intervient et réfléchit sur des thématiques fondamentales.

 

Cliquez sur les sous-titres pour découvrir l’une de ces formations civiques.

 

 

30 volontaires se penchent sur la création artistique et l’économie de la culture

 

 

 

 

Le collaboratif au coeur des débats

 

 

 

Holp-up sur le bric-à-brac d’Emmaüs Défi !

 

 

 

Formation civique : à la découverte du CESE

 

 

 

Formation civique : fichage et démocratie font-ils bon ménage ? 

 

 

 

Des volontaires à la rencontre des rédactions de XXI et 6 Mois 

 

 

 

En 2012, plus de 300 jeunes ont effectué une mission de service civique par l’intermédiaire d’Animafac. Etudiants, jeunes actifs ou demandeurs d’emploi, les profils sont nombreux. Qui sont-ils.elles ? D’où viennent-ils.elles ? Vers quelle thématique se sont-ils.elles dirigé.e.s ?

 

 

 

Pour faire le point et appréhender la variété des trajectoires, voici quelques graphiques. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Majoritairement étudiants (240 personnes), les volontaires engagés sont également investis dans des cursus longs (193 personnes à Bac+3, Bac +4 et Bac +5)

 

 

 

 

 

 

Si la culture et les divertissements (158 personnes) ont séduit le plus grand nombre de volontaires, les questions de citoyenneté (79 personnes) ne sont pas en reste. Loin derrière, l’humanitaire (21 personnes), la santé (3 personnes) et l’éducation pour tous (1 personne) n’ont pas connu le même succès.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une majorité des volontaires provient d’Ile-de-France (101 personnes) et du nord-ouest (87 personnes). Les autres régions animafaciennes ont, pour leur part accueilli un nombre moins important de jeunes. Le sud-ouest (39 personnes), le sud-est (53 personnes) et les départements d’outre-mer (10 personnes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, on observe une situation équilibrée sur le plan de la parité… avec un léger avantage pour les femmes. Elles étaient en effet 174 à s’être engagées tandis que leurs homologues masculins étaient 152.

 

 

Crédit photo : Rassemblement national des volontaires à Paris, juillet 2012 @animafac

 

Jeune femme dynamique et souriante, Nikita Blauwart est passionnée par l’image. Engagée dans un cursus d’arts du spectacle à Rennes, elle a répondu à l’appel de l’association Docabilly et y effectue une mission de 9 mois. Idéal pour lier passion et professionnalisation.

 

Association créée en 2001, Docabilly entend soutenir la production de programmes audiovisuels initiés par des étudiants. Concrètement, elle accueille les porteurs de projets, leur offre une oreille attentive et va au devant de leurs demandes les plus variées. Avec un pareil programme, Nikita ne pouvait que se lancer dans l’aventure. C’est d’ailleurs ce qu’elle assure en abordant le sujet « Cette mission est une chance de compléter un cursus théorique par de la pratique. Elle me donne également la possibilité de m’investir dans un projet auquel je crois et pour lequel je veux me battre. » Le service civique, une activité associative comme une autre ? Pas forcément ! Nikita y voit également une belle occasion de se tester avant de faire le grand saut dans le monde professionnel. « Je conçois cette mission comme un laboratoire avant de le lancer définitivement dans la vie active », affirme-t-elle.

 

 

Un élément de terrain

 

Au sein de Docabilly, Nikita est un élément de terrain, une pierre angulaire de la démarche globale. C’est elle qui va à la rencontre des porteurs de projets, qui les briefe et les guide étape après étape dans la réalisation de leur film. « Il m’est même arrivé d’aller chercher des bénévoles pour constituer des équipes de tournages. Certains porteurs n’ayant que leur idée sous le bras, ils avaient besoin de renforts », précise la jeune femme. Un aspect de la mission réclamant une vraie maîtrise des enjeux du projet, un sens du relationnel aigu, de l’organisation… tout l’arsenal nécessaire dans le monde des arts du spectacle, en somme. Et si on ajoute à cela la gestion du matériel technique de l’association, le compte est bon.

 

 

Si la mission de Nikita s’achève dans quelques semaines, elle garde un très bon souvenir de l’expérience. Une étape fondatrice et formatrice. Si elle devait recommander le service civique ? Elle le ferait simplement. « Je commencerais par raconter tout ce que j’ai fait durant ma mission chez Docabilly. Ensuite, je ferais la même chose avec ce que j’ai fait l’année précédente. Le contraste suffirait, à mon avis », dit-elle en riant.

 

Pour en savoir plus sur les activités et missions proposées par Docabilly, il est possible de contacter l’association par mail

« Cultivons nos toits » est une structure grenobloise dédiée au développement d’une agriculture urbaine et de proximité. Engagé dans le monde des initiatives étudiantes depuis plusieurs années et président de l’association, Benoît Crassin y accompagne et guide les volontaires en service civique dans leurs projets.  

 

Selon toi, quel est le rôle premier d’un tuteur ? 

 

Au sein du service civique, nous sommes là pour accompagner et encadrer le volontaire du début de sa mission jusqu’au jour de son départ. Il est impératif de leur expliquer comment fonctionne le dispositif et l’aider dans toutes les phases de son intégration. N’oublions pas que nous avons affaire à des jeunes qui sont parfois inexpérimentés et n’ont encore jamais eu de contrat signé. Au delà de cela, il y a également l’accompagnement et le soutien au quotidien durant le développement du projet auquel le volontaire participe. 

 

En tant que citoyen et associatif étudiant, qu’est ce que le tutorat t’a apporté ? 

 

Au niveau du tutoral, c’est avant tout une belle expérience humaine qu’on nous propose. Au delà du service civique, j’ai fait une dizaine d’années de tutorat de gym. J’ai donc un petit peu de vécu en terme de transmission du savoir et de l’accompagnement. Quel que soit le contexte et le projet, c’est toujours aussi enrichissant et positif. Quoi qu’il arrive, c’est toujours le même plaisir de partager avec les autres. Tous les volontaires et tous les projets que j’ai découvert durant ces dix ans d’activité m’ont vraiment marqué. 

 

Quel bénéfice peut tirer une structure comme Cultivons nos toits au travers du Service civique et l’accueil d’un volontaire ? 

 

Une énorme bouffée d’énergie. Les gens qui nous rejoignent sont ultra motivés et toute l’équipe en profite. A titre personnel, j’adhère complètement au dispositif du Service civique. La disponibilité des volontaires et leur envie débordante sont un Plus indéniable pour le projet d’une association.

 

Pour en savoir plus sur la démarche et les projets de l’association Cultivons nos toits, lisez le portrait d’association qu’Animafac lui a consacré.

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