Frédéric Dart, chef du Département des stages et des étudiants boursiers étrangers du CNOUS (Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires) a débuté son intervention par une présentation de la politique française en matière d’accueil des étudiants étrangers pour ensuite détailler le rôle du CNOUS dans le dispositif d’accueil de ces étudiants.

La politique de la France sur l’accueil des étudiants étrangers :

L’évolution du nombre d’étudiants étrangers en France ces dernières années est significative des efforts effectués pour les attirer. En 1998, ils étaient 150 000. Claude Allegre, désirant augmenter ces effectifs, a crée l’agence Edu France, chargée de faire la promotion des études en France à l’étranger, notamment dans les pays où le flux des étudiants étrangers était en déficit.

Cette politique a fonctionné puisqu’en 2003, le nombre d’étudiants étrangers en France est passé à 220 000. La France se classe ainsi en troisième place parmi les pays d’accueil des étudiants étrangers (ex-aequo avec l’Allemagne), derrière les États-Unis (500 000 étudiants étrangers) et le Royaume Uni (275 000 étudiants). Parmi ces 220 000 étudiants étrangers suivant leurs études en France, 50 000 sont des résidents et 170 000 des non résidents.

La politique de la France visant à encourager les étudiants à venir y poursuivre leurs études a deux buts :

– La France cherche à attirer de façon privilégiée les étudiants en troisième cycle. Pour cela, elle a mis en place une politique de bourse, gérée par le CNOUS. Aujourd’hui, 20 000 étudiants étrangers perçoivent une bourse. En accueillant ces étudiants, La France espère en faire des ambassadeurs de la France dans leur pays d’origine. Cela permet également de promouvoir la langue française à l’étranger.
– Elle désire former les futures élites des pays étrangers afin d’instaurer un lien privilégié avec ces étudiants promis à des postes à responsabilité dans leur pays.

Le rôle du CNOUS :

Le CNOUS, qui pilote le réseau des CROUS, a pour objectif de donner à tous les étudiants les mêmes chances d’accès et de réussite dans l’enseignement supérieur. Pour cela, il gère de nombreux services de proximité pour les étudiants : le logement, les bourses et les aides sociales, la restauration, le soutien aux projets culturels et aux initiatives, l’ouverture sur l’international.

Au sein du CNOUS, la sous direction des affaires internationales gère les étudiants boursiers étrangers, et plus largement, œuvre pour faciliter l’accueil de l’ensemble des étudiants étrangers. Parmi ces derniers, 10% suivent un programme de type Erasmus, tandis que les autres viennent dans une démarche individuelle.

Chaque CROUS est autonome, et prend donc ses décisions de façon individuelle. Dans chacun d’eux, il existe un bureau des étudiants étrangers, qui s’occupe prioritairement des étudiants boursiers.

La gestion des logements par le CROUS :

Chaque CROUS possède ses propres critères pour l’attribution des logements. Parfois, les universités et les représentants étudiants sont consultés pour le choix de ces critères. Toutefois, ils ne sont pas toujours très clairs…

Au niveau national, 23% des logements en résidence universitaire sont attribués aux étudiants étrangers, ce qui représente 34 318 chambres. Proportionnellement, ils sont donc favorisés par rapport aux étudiants français. Ces logements sont répartis comme suit :
– 19425 chambres pour les étudiants étrangers individuels
– 7818 chambres pour les étudiants ERASMUS
– 3283 chambres pour les étudiants boursiers
– 2776 chambres sont attribuées dans le cadre de programmes interuniversitaires.

Au niveau local, le pourcentage de chambres réservées aux étudiants étrangers est le suivant :
– Aix : 33%
– Amiens : 34%
– Besançon : 21%
– Bordeaux : 24%
– Caen : 21%
– Clermont : 15%
– Corté : 8%
– Créteil :33%
– Dijon : 10%
– Grenoble : 22%
– Lille : 24%
– Limoges : 20%
– Lyon :24%
– Montpellier : 23%
– Nice :15%
– Paris : 20%
– Reims : 27%
– Rennes : 15%
– Toulouse : 23%

Si on fixe le taux de réussite des étudiants français à 1, celui des étudiants étrangers est de 0.8 en 1er cycle, 0.6 en 2ème cycle et de 0.7 en 3ème cycle. Les plus forts taux de réussite sont obtenus en IUT, les plus faibles en pharmacie.

Le rapport Cohen :

Frédéric Dart a également évoqué le rapport Cohen, qui préconise plusieurs pistes pour améliorer l’accueil des étudiants étrangers. En effet, selon le professeur Elie Cohen, malgré une reprise des inscriptions étrangères, des progrès restent à accomplir pour augmenter l’attrait des universités françaises. Il propose notamment :

– De faciliter le dispositif administratif à l’arrivée, notamment en généralisant les guichets uniques dans les universités et en simplifiant la procédure concernant l’autorisation provisoire de travail pour les étudiants en cours de cursus
– D’améliorer les réponses aux demandes de logement, notamment en passant par le marché privé
– D’amplifier les interventions des collectivités locales
– D’accélérer les procédures de pré-inscription dans les établissements français pour les élèves des lycées français de l’étranger
– De créer un « conseil pour l’accueil des étudiants étrangers », outil permettant d’assurer un suivi quantitatif et qualitatif de cette politique et de recevoir avis et propositions

 

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