Animafac: Comment est née l’idée de cette émission, l’Amphi de France Info?

 

Elle est née d’un constat, entre la direction et moi, qu’il faut ouvrir l’antenne à des paroles qu’on entend rarement, comme celle des étudiants, pourtant nombreux en France. Les médias sont souvent un peu monosujet quand on parle de la jeunesse, l’information les concernant est parfois un peu caricaturale. Il y avait un vrai intérêt à les entendre, à écouter ce qui se disait, dans les facs, dans les écoles, dans les universités, et de les confronter à l’actualité : France Info est avant tout une antenne d’actualité. Cette idée est revenue sur le devant de la scène avec les événements dans les universités l’an dernier et avec également les émeutes en Grèce: tous ces événements ont prouvé l’urgence de donner la parole à la jeunesse. On est une radio de service public et on est là aussi pour ça

 

 

Animafac: Quelles études as-tu suivi et quels souvenirs gardes-tu de ta vie étudiante?

 

Des très bons souvenirs dans l’ensemble. J’ai suivi des études en deux temps : après mon bac scientifique, j’ai commencé des études d’architecture, parce que je voulais être architecte naval et puis finalement j’ai abandonné; c’était une spécialisation après les 6 ans d’école donc c’était long et un peu compliqué. J’ai ensuite arrêté les études quelques temps pour aller faire du bâteau, ma passion. Et j’ai pris le temps de réflechir sur ce que je voulais faire (ou plutôt ne pas faire).

J’ai donc rejoint une filière histoire / histoire de l’art à Nancy et puis de la même façon je me suis vite rendu compte que je n’étais pas fait pour ça. En plus, il n’y pas tant de débouchés autre que l’enseignement lorsqu’on se lance dans cette filière et du côté de la recherche, les possibilités sont limitées. Finalement, le journalisme me tentait, et on n’est pas loin du travail d’enquête que l’on fait en histoire. Donc j’ai tenté les concours des écoles reconnues et c’est le CUEJ a bien voulu de moi! Puis j’ai commencé à travailler à Radio France, directement puisqu’il existe des liens forts avec le CUEJ .

En fac d’histoire, j’avais 22 ans, et j’ai adoré cette liberté de lire des livres, d’aller dans la bibliothèque; c’est extraordinaire de faire des études comme ça, après le formatage au sortir du bac par exemple. On a une liberté phénoménale! On peut alors s’ouvrir à plein de choses, et rebosser via les bouquins. Et puis la fac de lettres de Nancy est plutôt sympa.
Le CUEJ a Strasbourg m’a offert également 2 belles années. En plus, Strasbourg est une ville sympa pour étudier malgré le froid (mais venant de Nancy, j’étais équipé!) J’y ai suivi un cursus « professionnalisant » comme on dit et on avait tous envie d’être déjà dans le boulot. D’autant que le CUEJ a tissé beaucoup de liens avec des partenaires médias: Radio France en radio, France 3 en télévision et c’est aussi une rare école où des magazines sont faits par les étudiants dès la première année.

 

Animafac: Avais tu un engagement associatif durant cette période étudiante?

 

J’étais investi en fac d’histoire dans le « Cercle des étudiants en histoire », façon Cercle des poètes disparus, avec lequel on avait mis en place un petit journal (ça me travaillait déjà un peu…) mais c’était peut-être un peu corporatiste.

Mais sinon, non, je venais déjà d’une famille très investie dans l’associatif, des Touaregs venaient à la maison! et mes parents m’offraient par ce biais une ouverture sur le monde. C’est à mon sens ce que l’on cherche d’abord dans l’associatif : changer d’horizon, découvrir de nouvelles personnes…

 

Animafac: Et à quand un Amphi d’envergure nationale?

 

L’émission reste francilienne c’est le constat, mais l’envie est d’élargir. Il y a des contraintes de temps, techniques et budgétaires qu’on ne peut nier. Personnellement, je suis à l’antenne tous les soirs de la semaine… Faut-il alors me remplacer une fois par semaine, ce qui est toujours compliqué…? Mais on y réfléchi, notamment avec les Régionales qui approche et qui constitue un événement qui pourrait donner lieu à des délocalisations de l’Amphi. Mais il va falloir d’ores et déjà y penser!

L’envie est même double : elle est d’aller en régions mais aussi d’aller dans les établissements offrant des formations courtes (IUT, BTS,…) pour rencontrer des étudiants qui ont un quotidien d’étudiant différent et qui auront forcément un autre rapport à l’actualité.

 

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