Interview de Guillaume Houzel, président du Conseil de l’Observatoire de la vie étudiante, auteur d’un rapport sur les engagements bénévoles des étudiants (Documentation Française, 2003).

Le bénévolat a-t-il un avenir ?

G.H. :
Oui, pas seulement pour ses résultats pratiques mais aussi pour son apport démocratique. Notre société connaît un terrifiant déficit de liens politiques. Le bénévolat est une voie extrêmement ouverte pour l’accès à la sphère publique. Dans notre société, beaucoup mobilisent des solidarités défensives, grâce au cercle familial ou à des amis. Mais on ne se tourne pas assez vers les autres. Notre société a besoin d’accroître son capital social. Cela passe par la multiplication de liens gratuits, où l’on se tourne vers les autres sans y être obligé. Que ce soit un club de pêche ou un groupe très militant. Recréer un sens de communauté, affirmer des identités collectives à condition que cela reste ouvert. C’est ainsi qu’on encouragera naturellement l’expression d’une citoyenneté active.


Comment définir justement le bénévolat ?

G.H. : Il n’est pas strictement superposé au monde associatif : 20% du bénévolat se déroule ainsi hors associations. Il peut avoir lieu auprès d’institutions, par exemple lors de grandes journées de nettoyage d’un étang municipal. Il s’agit aussi d’actions informelles entre amis ou voisins. De son côté, le secteur associatif mobilise l’équivalent d’un million de salariés à temps plein : ces deux cercles se recoupent largement sans s’identifier complètement l’un à l’autre.

Des propositions ?

G.H. : Il faut reconnaître davantage le bénévolat, l’encourager et comprendre son originalité. Il est crucial que la norme collective aille vers une plus grande valorisation du bénévolat, et lui consacre un espace spécifique. Un jeune bénévole faisant du soutien scolaire n’est pas un employé gratuit. C’est un citoyen qui décide d’agir en société, sans contrepartie financière.

 

 


 

En savoir plus : www.francebenevolat.org

 

 

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