L’interview.fr était au départ au journal étudiant, au format « papier numérique ». Quelle était sa démarche et pourquoi avoir fait le choix de ce format spécifique, prévu pour une consultation sur Internet et rappelant dans le format un magazine « classique » ?

Tout le concept journalistique de linterview.fr tournait autour d’un mot : la rencontre. Très large, me direz-vous, c’est pour cela que nous l’avons choisi. Nous réalisions des reportages sur tous les sujets susceptibles d’intéresser les étudiants (la crise vue par les DRH, la jeunesse cubaine ou encore une plongée dans le monde du sado-masochisme), ainsi que des interviews de personnalités très variées. Nous souhaitions un journal très travaillé graphiquement, c’est pour cela que nous avions choisi ce modèle de « journal papier adapté au web », adopté également – je ne peux le cacher – faute de moyens pour une impression papier.
 

Depuis 2009, l’interview.fr s’est spécialisé dans le webdocumentaire. Pourriez-vous définir ce qu’est un webdocumentaire ? Pourquoi avoir effectué une transition de votre site pour se consacrer exclusivement à ce format ?

Rapidement, cette forme de « magazine papier adapté au web » nous a frustré. En effet, réaliser des reportage sur le web, et ne pas en utiliser pleinement ses capacités techniques (photos, sons, vidéos, textes) est dommage. C’est pour cela que nous nous sommes spécialisés dans le webdocumentaire, qu’il n’est pas possible aujourd’hui de définir, tant ses formes sont variées. C’est aussi son intérêt. Il existe cependant une base commune : le webdocumentaire doit être multimédia et, surtout, présenter de l’interactivité. Il peut être réalisé en collaboration avec les internautes, ou amélioré par eux (ajout d’informations par commentaires). Après, tout est libre (choix des médias utilisés, temps…). Il suffit de regarder quelques webdocumentaires pour se rendre compte qu’ils sont tous très différents.
 

Internet ne permet pas seulement d’adopter de nouvelles formes, il propose également de nouvelles modalités de travail en commun et facilite les échanges. Quels sont selon vous les avantages offerts par le web en termes d’organisation du travail au sein d’une équipe et en termes d’échange entre différents médias ?

Effectivement, Internet offre de nouvelles modalités de travail.  Bien sûr, au sein de notre rédaction, nous avons des conférences de rédaction, comme dans tous les médias, mais la plupart des échanges se fait via le web. Nous utilisons tous Gmail et d’autres services de Google. Ce sont des véritables outils d’organisation qui s’adaptent très bien à la rédaction d’un média, quelle que soit sa taille. Il se trouve que je voyage de plus en plus pour réaliser des reportages, et je peux aisément mettre des articles à jour et rester en contact avec la rédaction, même à l’autre bout du monde.

Le web offre aussi la possibilité de rentrer en contact avec les autres médias. Nous réalisons, au minimum, des échanges de liens. Sinon, la collaboration peut-être plus poussée : échange de contenu, échange de visibilité… Via les mails et les commentaires, nous sommes amenés beaucoup plus rapidement à entrer en contact avec nos collègues du web.

 
Vous êtes à l’origine de la plateforme Youthmedia France, portage en France d’un modèle déjà existant dans les autres pays européens. Pourriez-vous présenter ce projet et indiquer quels peuvent être ses apports pour les médias étudiants ?

Je n’en suis pas vraiment à l’origine. Il s’agit d’un réseau social de jeunes journalistes qui existait au niveau européen. Depuis un an, les fondateurs, des allemands, ont décidé de lancer des plateformes nationales. J’ai donc été chargé de lancer la plateforme française. Elle permet aux jeunes journalistes français de se créer un compte et de publier photos, articles, vidéos et sons. L’idée est de les mettre en contact grâce au web, eux qui, bien souvent, restent dans leur coin.  Selon moi, le vrai plus est de pouvoir entrer en contact avec d’autres jeunes journalistes passionnés, français ou non, et de commencer ensuite des collaborations. Nous organisons pour cela des rencontres autours de journalistes célèbres.

 

Cet article fait partie du dossier Les médias étudiants et le web

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