Quatre jeunes sur dix occupent un emploi non qualifié dans les trois ans qui suivent leur sortie de l’école ou de l’université. C’est l’inquiétant constat de deux notes publiées ce mois par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES).

Dans les années 80, la population des non-qualifiés était majoritairement ouvrière, masculine et industrielle. Elle est maintenant en grande partie employée, féminine et tertiaire, note la DARES qui publie en décembre 2004 deux notes sur l’emploi non-qualifié. Entre 1984 et 2002, l’emploi non-qualifié a augmenté moins vite que l’emploi qualifié. Si bien qu’en 2002, 5,3 millions de salariés occupaient un emploi non-qualifié, répartis entre 3,2 millions d’employés et 2,1 millions ouvriers. La chute des effectifs ouvriers est allée de pair avec une hausse de la qualification. C’est l’inverse pour les employés, puisqu’avec la forte croissance des effectifs, le poids des non-qualifiés s’est accru.

Pragmatiques

Entre 1984 et 2002, l’emploi non qualifié s’est nettement féminisé, aux deux tiers en 2002. Mais surtout, il s’est notablement rajeuni : quatre jeunes sur dix occupent un emploi non qualifié, ne serait-ce que quelques mois, dans les trois ans qui suivent leur sortie de l’école ou de l’université. Si cette proportion est plus élevée pour les jeunes non-diplômés, les jeunes de tous niveaux sont concernés : 50% des élèves issus de CAP et de BEP, 40% des bacheliers et 15% des diplômés du supérieur. Pragmatiques, ils acceptent le plus souvent ces emplois pour échapper au chômage et continuent leurs recherches en parallèle. Cependant, la probabilité de connaître une « bonne trajectoire » (ndlr : l’accès à l’emploi qualifié) apparaît plus forte quand le niveau de diplôme et le milieu social sont élevés.

 

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