Une recrudescence face à laquelle les associations réagissent

 

Le sida a été déclaré « grande cause nationale » pour l’année 2005. Aujourd’hui, les chiffres inquiètent. En 2004 en France, 7 000 personnes ont découvert leur séropositivité et 1500 ont développé un sida avéré.

Face à cette recrudescence, les associations martèlent qu’il est temps d’agir. Elles ont regroupé dans une tribune interassociative leurs chantiers prioritaires, et demandent entre autres la création avant la fin de l’année d’une mission interministérielle de lutte contre le sida. Lire le communiqué  » Sida : état d’urgence »

Les jeunes (15-29 ans) représentent, de nouveau, plus de 10% des cas de Sida déclarés. Etudiants contre le Sida s’en préoccupe depuis 10 ans dans une démarche de prévention « structurelle » qui a fait ses preuves à l’étranger mais reste peu utilisée en France . L’association lance dès lors sa campagne « Sida, pour faire face, parlons-en ! », qui se poursuivra tout au long de l’année universitaire. Avec une note humoristique, trois personnages reproduisent les postures des petits singes de la sagesse chinoise qui préfèrent « ne rien voir, ne rien entendre, et ne rien dire ».

 

Des points-rencontres dans toute la France

 

Dans la mesure où l’information sur le terrain demeure, pour cette Journée Mondiale Sida, le premier pilier de l’action, signalons des points-rencontres animés par des étudiants le jeudi 1er décembre sur des campus ou écoles à l’initiatives d’associations membres de la Fédération des associations jeunes et étudiantes LGBT-mOules frItes et par Etudiants contre le sida.

Les parisiens ont en particulier 2 rendez-vous « fédérateurs » :

– Un Forum associatif organisé par le Sidaction, à Beaubourg, les 30 novembre (de 9h30 à 14h30) et 1er décembre 2005 (de 9h30 à 18h30).

– Une marche/manifestation pour dénoncer le manque de moyens des associations mais aussi le démantèlement de nombreux droits qui fragilise les plus vulnérables, en pleine année « Sida Grande Cause nationale » à l’initiative d’Act-up, départ à 18h30, le jeudi 1er décembre, du Parvis de Beaubourg.

 

Dans votre région. Pour que vous chacun puisse prendre part à cette mobilisation, nous pouvons aussi conseiller, pour plus d’information sur votre région, le recensement fait par les Crips de toutes les actions qui sont menées en France à l’occasion du 1er décembre. Les résultats du « recensement » sont accessibles à partir de la page : www.lecrips.net/1dec/index.htm

 

Et aussi…

 

– La campagne de L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé : http://www.inpes.sante.fr/

– Quand une trentaine de grands créateurs de mode se mobilisent pour les 20 ans d’une association de lutte contre le sida, dela donne -notamment – une exposition unique au palais de Tokyo d’une soixantaine de pièces mode et designe customisées. De nombreuses manifestations sont par ailleurs organisées dans toute la France par le groupe SOS :

http://www.groupe-sos.org

 

– Un immense Ruban rouge de 900 mètres carrés sera exposé du 1er décembre 2005 au 1er mars 2006 sur la façade Ouest de la Tour Essor, située Porte de Pantin, le long du périphérique à Paris. AIDES souhaite ainsi rappeler chaque jour aux centaines de milliers de personnes fréquentant cet axe autoroutier que la mobilisation doit se poursuivre au-delà de 2005. www.aides.org

 

Un dossier coordonné par : Etudiants contre le sida

Tout voir

Les dernières données de l’Institut de veille sanitaire (InVS), publiées samedi 26 novembre 2005, font état d’une recrudescence de la transmission du sida en France.

 

On estime à 7 000 le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité VIH en 2004, dont environ un quart a été contaminé dans les six mois précédant leur diagnostic. En 2004, 1 500 personnes ont développé un sida avéré. En France, 150 000 personnes vivent avec le VIH. Le sida y tue plus d’une personne par jour.

 

Or, « une personne sur deux développant la maladie n’était pas au courant de sa séropositivité », a souligné le ministre de la santé Xavier Bertrand, relevant que la proportion de rapports sexuels non protégés avait doublé en 10 ans.

Les personnes de nationalité française, contaminées par des rapports hétérosexuels, représentent une proportion non négligeable des découvertes de séropositivité en 2004 (17%).

 

Mais une découverte de séropositivité sur trois (32%) concerne une personne d’Afrique subsaharienne et même une découverte sur deux en Ile-de-France. Le nombre de cas de sida a augmenté de 44% entre 1998 et 2004 parmi les Africains, alors qu’il diminuait de 52% chez les Français.

 

Les femmes représentent les deux-tiers des découvertes de séropositivité chez les personnes d’Afrique subsaharienne en 2004. 21% des Africaines dépistées positives en France le sont à l’occasion d’une grossesse.

 

Par ailleurs, la surveillance des types de VIH circulant en France laisse penser qu’une partie des Africains contaminés l’ont été après leur arrivée sur le territoire.

 

Il existe également des disparités géographiques, l’Ile-de-France et les départements français d’Amérique (Guyane, Martinique, Guadeloupe) se trouvant nettement plus touchés.

 

Les homosexuels masculins représentent une découverte de séropositivité sur quatre en 2004, plus qu’en 2003 (24% contre 19% au 1er semestre 2003), dont la moitié sont des contaminations survenues dans les six derniers mois. Cette augmentation est particulièrement importante à Paris.

 

Phénomène inquiétant, non seulement les homosexuels sont plus nombreux à prendre des risques, mais la prise de risque est plus fréquente chez les homosexuels séropositifs (56% contre 28% pour les homosexuels séronégatifs).

 

Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, s’est dès lors déclaré inquiet « de la recrudescence de la transmission », ainsi que « devant la diminution ou parfois même de l’absence de comportements de prévention ».

 

En savoir plus : L’Institut de veille sanitaire (INVS)

A l’occasion de la Journée Mondiale Sida, le 1er décembre 2005, Etudiants Contre Le Sida lance une nouvelle campagne de sensibilisation, inspirée par des initiatives québecquoises et nord américaines. Partant d’une approche de la prévention qui laisse de côté les discours médicaux « hygiènistes », pour privilégier un message centré sur les questionnements, sur la relation, les affects, le mal-être … la campagne s’efforce de suggérer des « ressources » (numéros verts, site web, associations et réseaux d’associations) qui permettront d’accèder à des services où l’on aide à renforcer l’estime de soi qui conditionne le geste préventif. Elle se poursuivra tout au long de l’année universitaire 2005-2006.

 

La Journée Mondiale Sida, 25 ans après l’identification de l’épidémie, en cette année de ‘’Grande Cause Nationale 2005’’, nous invite à nous remobiliser en prenant la mesure d’une épidémie qui se poursuit, avec près de 5000 contaminations nouvelles en 2004, en France. L’information ‘’sur le terrain’’, en l’occurrence campus et grandes écoles, à Paris, dans l’agglomération lyonnaise, ainsi que dans 8 autres villes universitaires en France, avec le concours de la Fédération des associations jeunes et étudiantes LGBT-mOules frItes, demeure, pour cette Journée Mondiale Sida, le premier “pilier” de notre action, avec des points-rencontres animés par des étudiants, le jeudi 1er décembre. Ces stands, mais également nos deux expositions photos, la formation d’étudiants-relais en novembre, notre participation au Forum associatif du Sidaction à Beaubourg, à la soirée SIDA BASTA 2, aux Subsistances (Lyon) sont autant d’activité autour de notre nouvelle campagne ‘’Pour faire face au sida, parlez-en !’’.

 

Les jeunes (15-29 ans) représentent, de nouveau, plus de 10 % des cas de Sida déclarés. Tout en ayant une perception assez réaliste de la gravité du Sida nourrie par une bonne information sur le sujet, ils se sentent personnellement peu exposés au risque. Ce constat souligne combien les modalités de la prévention sida auprès des jeunes doivent évoluer. Pour sensibiliser les jeunes il faut leur proposer des actions participatives, portées par des “pairs” et favorisant une réflexion personnelle, autonome, plutôt que de tenter, vainement, de les convaincre de changer de comportement. D’autant que l’adolescence est aussi un âge de fragilité spécifique, le mal-être étant, faut-il le rappeler, le premier problème de santé des adolescents et jeunes adultes.

 

Étudiants Contre Le Sida développe, depuis 10 ans, une approche de prévention ‘’structurelle’’ qui vise à amorcer une prise de conscience, auprès d’un public vulnérable, en renforçant l’estime de soi, qui conditionne la confiance en l’avenir et l’adoption d’attitude préventives. Nous rejoignons, ici, l’ONUSIDA pour considérer que chacun d’entre nous peut contribuer à réduire la propagation du VIH. Qu’il n’est pas pas besoin d’être un scientifique de haut niveau travaillant sur un remède pour faire la différence, se protéger et protéger les autres de l’infection à VIH, accueillir dans sa vie quelqu’un qui vit avec le VIH ou encore simplement parler du VIH et du sida parce que cela permet d’y voir plus clair. Parce que cela aide, simplement, à faire face à ses angoisses.

 

Avec une note humoristique, les 3 personnages de notre campagne ‘’Sida, pour faire face, parlez-en !’’ reproduisent les postures des petits singes de la sagesse chinoise qui préfèrent ‘’ne rien voir, ne rien entendre, et ne rien dire’’, à la manière des jeunes qui esquivent la confrontation avec la réalité, surtout parce qu’ils ont du mal à parler sereinement de sexualité, parce qu’ils craignent le rejet, l’incompréhension ou simplement d’être maladroit. Ce visuel met en avant un texte qui interpellera les jeunes les plus vulnérables, notre cœur de cible. Et un public souvent oublié par des messages qui semble tenir l’utilisation du préservatif pour un geste réflexe, ce qu’il n’est pas. Une sélection de ressources pour trouver une aide ponctue notre message en invitant à réagir, tout en respectant la lberté de choix.

 

Cette campagne démarre lors de la Journée Mondiale Sida, mais sera déclinée en deux autres phases, avec des visuels différents illustrant que pour faire face au sida, au fil de l’année universitaire. Rendez-vous pour le printemps (mars) et lors de la Journée Mondiale de l’homophobie, le 17 mai 2006.

 

Avec le soutien de l’INPES, du Conseil Régional Rhône-Alpes, des Caisses Primaires d’Assurance Maladie de Paris et Lyon, des villes de Lyon et Villeurbanne, de la DDASS du Rhône.

 

Lire aussi : Homophobie, risque et souci de soi

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