On entend souvent le terme de “ médicaments génériques ” sans trop savoir de quoi il s’agit en réalité. Le Cismef (Catalogue et index des sites médicaux francophones), les définit comme des médicaments “ dont le brevet du principe actif est tombé dans le domaine public, permettant ainsi la commercialisation de copies du médicament original. ” Ils présentent la même composition qualitative et quantitative, la même forme pharmaceutique et la même biodisponibilité que le médicament original. Seule différence : ils sont moins onéreux.

 

Depuis près d’une demi-douzaine d’années, l’accès aux médicaments génériques est devenu la principale préoccupation des malades du continent africain. Particulièrement ceux vivant avec le VIH pour qui les antiretroviraux (ARV) sont la seule bouée de sauvetage. Si en Occident, la question de la fabrication et de l’usage des médicaments génériques ne se pose plus, ce n’est pas le cas pour les pays africains qui continuent de se battre pour obtenir eux aussi ce droit, sans obligations restrictives. La guéguerre qui a opposé des firmes pharmaceutiques aux autorités médicales de ces pays révèle l’ampleur du fossé qui sépare le Nord du Sud sur ce sujet.

 

En Afrique du Sud des militants anti-Sida se sont ainsi vaillamment opposés aux firmes pharmaceutiques pour obtenir l’autorisation de copier leurs produits et secourir ainsi les millions de malades que compte le pays de Nelson Mandela. Le 9 décembre 2003, un accord est trouvé entre les deux parties : les deux géants pharmaceutiques, GlaxoSmithKline et Boehringer Ingelheim consentent à la reproduction de trois antiretroviraux, l’AZT, la Lamivudine et la Névirapine. L’Afrique du Sud est, en outre, autorisée à les commercialiser dans une quarantaine de pays d’Afrique subsaharienne.

 

Cinq ans de lutte.

 

À l’OMC (Organisation mondiale du commerce), le combat pour l’accès aux médicaments génériques sur le continent a été âpre. Il a fallu cinq années de lutte pour qu’enfin, les populations des pays en développement puissent avoir accès à ces médicaments bon marché.

 

Des négociations avaient été ouvertes sur le sujet à l’initiative des pays en développement en 1999. Ils entendaient casser le monopole des firmes pharmaceutiques dont les brevets constituaient une entrave à l’achat des remèdes indispensables à leurs malades. En fin de compte, il a été défini que ces pays pouvaient recourir aux licences obligatoires et ainsi contourner les brevets afin de produire ou d’importer les médicaments lorsque cela est nécessaire.

 

Cependant, nombreuses sont les organisations non gouvernementales à dénoncer ces accords. Dans l’un de ses communiqués, Act Up pointe du doigt leurs non-dits et parle même de “ mauvais accords ”. C’est surtout la dépendance des pays africains qui inquiète. Dépourvus d’industries pharmaceutiques propres, de nombreux pays sont toujours à la merci de l’extérieur (Inde, Brésil, Chine…) pour se procurer les précieux médicaments. C’est dire combien le combat est loin d’être gagné dans la lutte contre le VIH sur le continent noir.

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