Forme d’engagement plébiscitée par les jeunes, l’association est aujourd’hui considérée comme un espace de découverte, de construction de l’individu et d’apprentissage du sens du collectif. Le Ministère de l’Education Nationale encourage son développement dans les établissements du Supérieur tandis que la réforme récente de la validation des acquis de l’expérience prévoit de prendre en compte l’expérience associative bénévole…

Cependant, qu’en est-il dans les faits, quelles formes de valorisation sont choisies, quelle reconnaissance en attendent les étudiants ?

La reconnaissance de l’engagement associatif dans les cursus, si elle apparaît de manière claire pour la première fois dans la circulaire du Ministère de l’Education Nationale, est une nouveauté essentiellement pour les associations étudiantes des universités. En effet, dans les écoles de commerce et d’ingénieurs la valorisation de l’engagement associatif est effective depuis longtemps : bonus dans la moyenne, projets d’étude, mémoires, etc. Mais cette circulaire ne vient pas prôner une harmonisation des pratiques déjà bien établies dans les écoles. D’abord, parce que cette circulaire ne trace pas un chemin unique vers telle ou telle modalité exclusive des autres. Ensuite, parce que celle-ci considère l’unité d’enseignement optionnelle comme étant le meilleur moyen de validation de l’action étudiante et propose ainsi une hiérarchie des modalités de valorisation, la bonification n’étant envisagée qu’en dernier.

A côté des dispositions de ce texte, une autre voie de reconnaissance de l’engagement associatif est possible, celui de la validation des acquis associatifs au même titre que les acquis professionnels. Plus généralement identifiés par le terme : validation des acquis de l’expérience (VAE). Cependant, cette voie n’est offerte qu’aux personnes de plus de 20 ans ayant interrompu leurs études depuis plus de deux ans.

Ces dispositions réglementaires et législatives répondent-elles aux attentes des militants associatifs étudiants qui souhaitent tout de suite valoriser leur engagement ? Peut-être. Si c’est le cas, leur mise en place dans les universités reste encore longue et parcellaire.

En attendant une généralisation de l’unité d’enseignement optionnelle associative, qu’elles sont les solutions immédiatement envisageables pour l’étudiant membre d’une association qui cherche à valoriser son engagement dans son cursus ?


Un plus dans le CV

Derrière la reconnaissance de l’engagement associatif par la voie diplômante, l’enjeu est celui de l’insertion professionnelle [1].

Aussi, dans la phase de recherche d’un emploi, ce sont les compétences acquises et les prises de position lors de la construction du projet associatif qu’il faut savoir valoriser. Nombreux, sont les individus qui grâce à leur passage dans une association ont acquis des savoir-faire : parler en public, gérer un budget commun, travailler en collaboration avec d’autres personnes… Autant de choses à côté desquelles, l’étudiant strictement consommateur d’enseignements universitaires, passe le plus souvent. Etre responsable associatif, c’est d’autre part, faire des choix selon des convictions personnelles, qu’il faut savoir mettre en avant : participer à une association mettant en place une plate-forme de commerce équitable, travailler dans un média étudiant, sensibiliser aux dangers de la route…

Autant de prises de positions, qui, si elles sont cohérentes dans le parcours de l’individu peuvent faire la différence. Encore faut-il bien peser les conséquences de ses choix. L’activité associative n’est pas un élément demandé dans un CV ou lors d’un entretien d’embauche, le mentionner c’est revendiquer cet engagement. Aussi, avoir lutté contre la prolifération des OGM ne sera-t-il pas le meilleur moyen d’intégrer un consortium chargé d’en faire la commercialisation, mais peut-être un plus recherché dans une entreprise attachée à la qualité nutritionnelle… Une chose est sûre, si l’on souhaite valoriser son expérience associative, il faut la faire comprendre et surtout la faire vivre.

Notes

[1] Les propos de ce paragraphe font suite au débat animé par l’auteur de l’article, entre Dominique de Calan, délégué général de l’UIMM, Jérôme Chapuisat, Président des CEMEA et Directeur Général de l’ONISEP, et des responsables associatifs étudiants sur le thème :  » Quelle valorisation de l’engagement associatif « , lors du forum des Associations Etudiantes le 16 mars 2002.

 

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