L’Europe de l’Est a La Pech’

Que savons-nous de la vie associative étudiante au Belarus ou en Ukraine ? La réponse se situe, malheureusement, bien souvent entre « pas grand chose » et « rien du tout ». Une lacune à laquelle l’association nantaise La Pèch’ s’efforce de remédier : soutien à la vie démocratique au Belarus, rencontre avec des associations caucasiennes à travers un Euroforum très dynamique…

« Là-bas, il y a la dictature et tout le monde s’en fout. » Tout le monde sauf les militants de La Pêch’ qui, depuis qu’ils ont découvert ce qui se tramait derrière les murs du Belarus, dernière dictature européenne, sont bien décidés à faire qu’on s’y intéresse. En 2004, alors que l’association vient juste d’être créée, ils sont neuf à partir en reportage dans ce petit pays coincé entre la Russie, l’Ukraine, la Lituanie et la Pologne. « On ne voulait pas que ce soit seulement un voyage de tourisme, alors on a rencontré énormément de gens là-bas, des journalistes, des historiens, des associations travaillant sur l’explosion de Tchernobyl… » raconte Ulrich Huyguevelde, président de La Pêch’ et initiateur du projet. De cette expédition, ils tirent des articles, bien sûr, mais aussi une exposition photo qui traversera la France et poursuivra même son voyage au-delà des frontières de l’hexagone.

En 2006, ils décident de retourner dans le pays, pour couvrir les élections législatives cette fois. « La tension était plus palpable. On a assisté à des manifestations durant lesquels les forces de l’ordre ont tiré sur la foule. Et puis c’était beaucoup plus difficile de parler avec des Biélorusse : pour eux, traîner avec des étrangers était très dangereux » se souvient Ulrich. Pas question pour autant de baisser les bras. Aujourd’hui, ils s’emploient à soutenir la création d’associations étudiantes dans le pays et ont déjà permi à plusieurs étudiants de venir passer quelques temps à Nantes.

Euro-forum Caucase.

Du beau boulot pour une si jeune association ? C’est que cette volonté de créer des liens avec les jeunes originaires des pays de l’ex-URSS, Ulrich et ses camarades l’ont développé il y a déjà bien longtemps, au cours d’un voyage en Ukraine alors qu’ils étaient encore lycéens. Les voilà déjà convaincus de la nécessité de mieux connaître leurs voisins de l’Est. A quatre, ils créent donc une association dans le but d’initier un jumelage entre leur lycée de Guérande et des établissements ukrainiens. Une mission menée à son terme en moins de deux ans.

Passés à la fac, ils décident de profiter de leurs études pour continuer sur cette voie. La Pêch’ voit le jour en 2004. Le voyage au Bélarus sera leur premier projet, mais au fil du temps et des rencontres, leurs ambitions vont s’étoffer. Lors d’un voyage en Géorgie et en Arménie, destiné à mieux connaître le Caucase du Sud, ils rencontrent de jeunes arméniens qui leur font part de leurs difficultés à communiquer avec leurs voisins d’Azerbaïdjan en raison du conflit de frontière qui oppose les deux pays. La Pêch’ se porte alors volontaire pour les aider à communiquer.

L’Euroforum Caucase est né. Très vite, il va dépasser le simple cadre de l’échange bilatéral. Six associations adhèrent à ce réseau international : trois venant de l’Union Européenne (Espagne, France, Pologne) et trois du Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan). Leur but ? Organiser des forums de discussions sur des thèmes transversaux et se donner ainsi les moyens de mieux se connaître. La première rencontre aura lieu en Géorgie, sur le thème du Caucase. Après plusieurs jours de discussions, les participants repartent avec la ferme intention de donner suite au projet. A Nantes, La Pêch’ organise un colloque « Le Cau’quoi ». Les Espagnols, eux, militent auprès de leur université et parviennent à initier un cursus sur l’histoire des pays du Caucase. La Pologne enfin, mettra en place de nombreux cafés-débats tandis que, côté Caucasiens, on fournit les outils.

Aidés par la Commission Européenne, l’Euroforum se retrouve une nouvelle fois à Nantes en mai 2007. Les discussions portent cette fois sur les politiques de jeunesse et les attentes des pays du Caucase quant à leur entrée dans l’Union. « Notre but est de relayer l’information et les attentes de ces jeunes qui vont bientôt intégrer l’Europe politique » explique Ulrich. « Cela nous permet également de mettre en commun nos connaissances et nos pratiques, de voir ce qui marche et ne marche pas et de tenter, ensuite, d’en tirer le meilleur dans nos pays respectifs. »

Eduquer à l’Europe.

Au-delà de ces projets menés main dans la main avec l’Europe de l’Est, c’est également une autre vision de l’Europe que tente de promouvoir La Pêch’. Depuis un an déjà, ils prodiguent dans les lycées des cours de sensibilisation à l’Europe. « On entend parfois des propos hallucinants de méconnaissance et de suspicion » raconte Ulrich. En septembre, ils proposeront également un voyage à Bruxelles aux étudiants, afin de leur faire mieux connaître les institutions. Ulrich, lui, partira prochainement approfondir ses connaissances de l’Est en étudiant quelques mois en Russie. Quand on a le virus d’une grande Europe qui dépasse les frontières…

En savoir plus :

http://www.lapech.com

 

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