Au mois de février eurent lieu les élections aux centraux de l’université Paris II Panthéon Assas. Et c’est le 22 mars dernier qu’une poignée d’étudiants a élu ses représentants aux conseils d’UFR (Unité de Formation et de Recherche).

Loin de toutes préoccupations et pressions électorales et indépendant de toutes associations de Paris 2, j’ai néanmoins pris le parti de décrire les évènements s’y rapportant.

Si la scène syndicale au sein de Paris 2 n’accueille qu’un nombre faible d’acteurs, il n’en reste pas moins que cela leur donne une importance significative lors de ces élections. Voir se présenter 7 associations censées représenter 18000 étudiants, c’est bien peu. C’est en tout cas moins d’une 15 aine d’associations actives qui agissent à Assas. Science Po Paris avec moins de 5000 étudiants héberge plus d’une trentaine d’assoces. Ainsi, le vote des élus au sein d’Assas est un vote par dépit. C’est parce qu’il leur faut finalement bien choisir un bulletin, plus ou moins proche de leurs idées, et de ce que les assoces leur proposent, que les étudiants votent pour l’une ou l’autre. Les grandes associations nationales politisées sont présentes. Et l’UNEF reste bien accrochée à son statut de leader depuis qu’elle a combattu le GUD (association d’extrême droite) du temps de l’alliance PSA-UNEF-ID. Quant à l’opposition, l’UNI, elle ne rassemble guère son électorat, si tant est qu’il existe encore.

Les autres associations prétendant tout ce qu’elles ne sont pas, c’est-à-dire aconfessionnelle, apolitique, « apartisane » de tout ce qui prête à la démagogie finalement ; font entendre leur voix. La plus ancienne, peut-être trop, s’effondre, se souciant plus de son devenir que de l’avenir des étudiants qu’elle représente. Je parle ici de La Corpo, une association prisonnière d’un lourd passé, payant le tribut de ce dernier. Du temps où Assas était occupé par le GUD, Occident et autres mouvements d’extrême droite en effet, La Corpo planait dans les mêmes sphères, avec entre autres, Jean-Marie Le Pen comme président. Cela reste pleinement dans les esprits.

Puis il y a les associations ambitieuses, proches des valeurs étudiantes, déterminées à faire entendre leur voix car finalement, ses membres sont aussi des étudiants. A l’instar de la jeune association Assas.net qui en l’espace de deux ans, deux élections, a su se forger une identité et un déterminisme à la hauteur de ce qu’attendent les étudiants de Paris 2. Avec pour objectif l’entraide étudiante, elle a débuté par un forum où sont mutualisées fiches de TD, ressources documentaires etc. Quelques chargés de TD encore aujourd’hui participent à ces aides.

Il y a en a bien d’autres des associations. Mais aujourd’hui, il y a le RED. Rassemblement des Etudiants de Droite ou Rassemblement Etudiant de Droite, ses membres corrigent sans cesse leur acronyme. Et le RED fait front. Soutenus officiellement par le Front National de la Jeunesse (FNJ), ses membres ont pris pied au sein de l’administration avec un élu au conseil d’administration et un autre au CEVU. Encore quatre autres ont été élus au sein des collèges étudiant au conseil d’UFR de droit (2 étudiants) et UFR d’économie et de gestion (2 étudiants).

Abstentionnisme

À les voir, on s’en doute déjà un peu. À entendre leurs prises de position anti républicaines, on panique à l’idée qu’ils ne s’expriment davantage. Bien que leur présence émane d’un droit fondamental, qu’ils aient été élus démocratiquement, un seul fautif : l’abstentionniste. Et c’est bien connu, les minorités ne loupent pas le coche, elles vont voter. La loi des grands nombres passe à la trappe. Car avec un taux d’abstention aux centraux (élections au Conseil d’administration, Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire et Conseil scientifique) de près de 85% et 94% aux conseils d’UFR, les enjeux sont faussés, et les associations dépitées.

Et à Assas, on n’en veut pas de l’extrême droite.

Une conférence sur l’IVG a été organisée par l’UNEF, qui avait pour l’occasion invité Simone Veil à s’exprimer et à débattre avec les étudiants. Cette dernière a finalement annulé car la présidente de ce syndicat l’avait prévenue qu’il pouvait y avoir quelques perturbations.
C’est effectivement ce qui est arrivé. Peu après le début de la conférence, une quarantaine d’étudiants ont débarqué en hurlant, insultant les intervenants, gesticulant, montrant des parties corporelles indécentes et faisant sonner leur cor de chasse. Qui oserait perturber le bon fonctionnement d’une conférence aussi intéressante qu’indispensable ? Je vous l’avoue, le RED. Mais c’est à ce moment là qu’on est heureux d’être a Assas. Quand tout un amphithéâtre s’est levé afin de les faire partir. Si la conférence a pu continuer, le mal était déjà fait.

Ce n’est pas seulement un amphi que le RED a envahi, mais l’essence même de l’université. Alors espérons cette fois ci que ce soit toute une université qui se lève.

 

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