Les étudiants sont souvent prêts à partir à l’aventure,à aller se frotter à leur homologues en Europe, voire même plus loin. Pourtant, nombre d’entre eux sont rebutés par les multiples démarches à accomplir. A cela s’ajoute les nombreuses inquiétudes à l’idée de quitter un environnement connu et rassurant. Certains se découragent alors, remisant à plus tard leur envie d’ailleurs. Face à ces constats et stimulé par la Présidence française à l’Union Européenne, le gouvernement se penche sur la question. A la demande d’Eric Besson, de Jean-Pierre Jouyet et de Valérie Pécresse, le Conseil d’Analyse de la Société a publié un rapport intitulé « Encourager la mobilité des jeunes en Europe ». Cette étude de réflexion alimente le débat et contient des pistes d’actions pour aider les jeunes à franchir le pas. Propositions.

 

Ce rapport préconise tout d’abord de dresser un état des lieux des flux de mobilité des jeunes, que celle-ci soit organisée ou spontanée (la plus difficile à quantifier) ainsi que des flux financiers qu’elle induit.

Il invite ensuite à stimuler chez les jeunes un « désir de mobilité«  , à grand renfort de démonstration des avantages de la mobilité (ouverture à l’identité européenne, enrichissement culturel, multilinguisme…) ; de sensibilisation (Internet, contacts avec les jeunes mobiles pour favoriser le mimétisme…) ; ou d’incitation financière des organismes opérant dans ce champ.

Une fois l’envie de bouger amorcée, il s’agira de créer un environnement propice à franchir le pas. Car pour l’heure, il s’agit bien souvent d’un parcours d’obstacles (juridiques, matériels et culturels) pour les jeunes prêts à tenter l’aventure.

Dans cette étude sur la mobilité, il est ainsi préconisé :

Un « Plan européen pour le logement des jeunes », avec la construction de nouvelles résidences étudiantes ainsi que des tarifs spécifiques dans les auberges de jeunesse ;

Un assouplissement des règles de circulation des personnes dans l’espace européen (élargissement de l’espace Shengen) ;

Une suppression des clauses de sauvegarde pour les travailleurs, portabilité des bourses nationales pour les étudiants et chercheurs ;

Un accompagnement dans la mise à niveau linguistique avant départ ;

Une amélioration de la mise en correspondance des niveaux d’enseignement pour de meilleures certification et validation, ainsi qu’une meilleure reconnaissance bilatérale des diplômes

Loin de s’en tenir aux déplacements scolaires et étudiants, cette étude préconise également un élargissement des soutiens publics à tous les types de mobilité, notamment les mobilités associatives liées à un service civique par exemple, qui pourraient s’effectuer sur moins de 3 mois ; ou professionnelles comme les stages et les volontariats en entreprises.

Le Service de Volontariat Européen (SVE), qui reste méconnu et sous-exploité, pourrait voir ses financements augmenter. 4500 européens y participent déjà dont 400 français, mais il s’agirait de doubler voire de tripler cet effectif. Enfin, les mobilités de découverte, comme dans le cadre d’un jumelage, d’un voyage culturel ou d’un programme de coopération seraient également soutenues.

En s’attaquant à ce vaste chantier, la France entend avant tout simplifier les procédures, les circuits d’information et les parcours des candidats au départ. Ainsi, des partenariats entre les Etats européens sont vivement souhaités pour éviter redondances et perte d’informations, articuler les interventions juridico-financières, ou mieux encore, instaurer des guichets uniques pour les jeunes et organismes encadrants.

Des outils autres que les simples bourses sont également à l’étude pour faciliter toutes les étapes du parcours de mobilité (chèques mobilité,  » carte interrail « …)

QUELQUES CHIFFRES SUR LA MOBILITE ETUDIANTE

– En 2005, dans l’UE 2,73 millions d’étudiants en mobilité, un nombre qui a quadruplé depuis 1975.

– La moitié de ces étudiants vient d’Asie, 24 % sont Européens dont 17 % de l’Union Européenne, 12 % viennent d’Afrique, 6 % d’Amérique du Sud et 4 % du reste du monde

– En France, 83% des étudiants qui sont en mobilité le sont au sein de l’UE, dont 46% en Angleterre

– En France, 20% des étudiants étrangers sont européens

– En 20 ans, le programme Erasmus a permis la mobilité de 1,7 millions d’étudiants

– La France est 10ème au classement des pays ayant profité pleinement de ce programme.

A lire :

– le rapport du Centre d’analyses stratégiques : « Encourager la mobilité des jeunes en Europe »


 

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