Intervenants : Clément Boudin président de l’AFIJ

 

Bénédicte Cesso, coordinatrice Ile de France de l’AFIJ

 

 

 

A l’heure où le diplôme ne représente plus le sésame d’accès à l’emploi, mais où les expériences concrètes sur le terrain comme les stages et les compétences extra-scolaires, notamment en milieu associatif, sont de plus en plus valorisées, les associations représentent un terreau fertile d’apprentissage professionnel. Il s’agit donc de déterminer dans cet atelier où se situent les associations étudiantes dédiées à l’insertion professionnelle des jeunes dans le paysage des acteurs d’accession à l’emploi. Quel rôle mènent-elles auprès des étudiants ? Quelles moyens peuvent-elles mettre en place pour favoriser l’accès à l’emploi ? Quels partenariats peuvent-elles établir avec les acteurs d’insertion à l’emploi ?

 

Autant de questions qui seront abordées afin de mieux cerner les enjeux de ce milieu.

 

 

 

Intervention de Clément Boudin et de Bénédicte Cesso

 

Présentation de l’Afij

 

 

L’ AFIJ, Association pour Faciliter l’Insertion professionnelle des Jeunes diplômés est une association mixte composée d’étudiants et de professionnels. Elle travaille avec 135 salariés, dont 20 en Ile de France.

 

La mission quotidienne de l’Afij est d’accueillir les jeunes et de les mettre en relation avec les entreprises en leur proposant des offres et en les accompagnant dans la recherche de leur premier emploi.

 

Les jeunes rencontrent en effet un certain nombre de difficultés pour accéder au premier emploi. Ils ont une tendance à se dévaloriser et à méconnaître leurs compétences. Il faut donc leur faire prendre conscience de leurs qualités et leur permettre de rencontrer des recruteurs.

 

Des conseillers de l’Afij sont aussi là pour soutenir les étudiants et les aider à voir les débouchés de leur filière.

 

Chaque année, 50 000 jeunes sont accompagnés. L’Afij travaille avec 17 500 recruteurs et recueille 22 000 offres d’emploi.

 

Elle intervient auprès des universités en proposant des conférences et des simulations d’entretiens.

 

 

 

Les problèmes de l’insertion des jeunes

 

La France a atteint les 10% de chômage depuis 10 ans. Dans certains quartiers, le chômage des jeunes de 18-24 ans est de 25%.

 

 

Il y a plusieurs causes qui peuvent être évoquées pour expliquer cela :

 

– le système d’information et d’orientation pour l’insertion des jeunes ne fonctionne pas bien.

 

– la discrimination envers les étudiants internationaux et les jeunes de banlieues

 

– les personnels universitaires des services d’insertion ne sont pas bien formés

 

– le capital culturel personnel. Chacun a tendance à reproduire le schéma qu’il a vu appliqué dans son entourage proche. Les personnes dont les parents n’ont pas une situation élevée socialement auront plus de difficultés à s’élever aussi.

 

 

L’Afij n’a pas d’outils concrets à mettre directement à disposition des associatifs étudiants mais certaines de ses activités peuvent être reprises pour faciliter l’insertion professionnelle :

 

– organiser un événement sur comment orienter et monter un projet professionnel

 

– parler des secteurs en développement ex: l’économie sociale

 

– casser les mythes sur les étudiants. Un étudiant issu d’un cursus universitaire ne produira au final pas moins de richesse qu’un étudiant d’une grande école. Démontrer les qualités de l’université et des étudiants qui en sont issus

 

– lutter contre les phénomènes de discrimination

 

– faire se rencontrer les entreprises et les étudiants en organisant des conférences, des débats, des petits déjeuners rencontre.

 

 

Présentation des actions des associations dans le champs de l’insertion professionnelle

 

A l’exception des réseaux d’anciens, les associations étudiantes sont peu nombreuses à ne se préoccuper que de l’insertion professionnelle, même si on ne peut pas nier leur existence. L’insertion professionnelle n’est généralement pas au coeur du projet associatif. Un grand nombre d’associations présentes, notamment des associations culturelles d’accueil des étudiants internationaux, propose un volet d’aide à l’insertion professionnelle. Grâce aux témoignages de chacun, nous pouvons retenir quelques exemples d’actions mises en place dans les associations pour favoriser l’insertion professionnelle des étudiants.

 

 

Le soutien à l’insertion professionnelle peut se faire à partir de plusieurs niveaux :

 

– la formation de l’étudiant par une aide à la rédaction de lettres de motivation et CV

 

– l’information de l’étudiant par l’organisation de temps d’échanges, de conférences avec des professionnels de l’entreprise

 

– la mise en relation de l’étudiant avec le mileu professionnel par une aide dans la recherche de stages, ou la mise à disposition par exemple d’un annuaire des anciens

 

 

Conclusion des échanges

 

A l’heure actuelle, l’enseignement universitaire reste trop général et ne prépare pas suffisamment au monde du travail à la différence par exemple des écoles. Même s’il est vrai cependant que la création de master pro désacralise le monde professionnel ce qui est une bonne chose et une avancée.

 

Il faut donc donner les moyens aux étudiants de trouver un premier emploi sans pour autant tout leur donner immédiatement. Leur avenir professionnel étant en jeu, les étudiants doivent se montrer intéressés et faire l’effort d’aller à la recherche de l’information. Les assos pourraient alors jouer un rôle d’intermédiaire entre l’information et les acteurs de l’insertion professionnelle. Mais elles ne peuvent pas et ne doivent pas se substituer aux véritables professionnels de l’insertion professionnelle. Par ailleurs, les débouchés sont différents pour chaque filière et il serait difficile de former les associations aux opportunités présentées pour chaque cursus. Par contre les étudiants de chaque filière, bien intégrés et au courant des débouchés de leur filière peuvent mieux que les associations généralistes orienter leurs condisciples.

 

Concernant les associations, elles ne doivent pas négliger le pouvoir formateur de l’expérience associative. Car ce sont dans les associations que se développent en effet des compétences extra-professionnelles, qui peuvent compter et faire la différence lors de la recherche d’un emploi.

 

C’est justement le programme que développe Animafac intitulé «Bénévolat et compétence» qui a pour objectif, à travers plusieurs formations organisées avec des responsables RH d’entreprises, de faire prendre conscience aux jeunes associatifs des compétences acquises lors de leur engagement associatif et de la manière dont ils peuvent les valoriser face à un recruteur.

 

 

 

 

 

 

 

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