Portrait de Jean-Luc Estournel, adjoint à la santé à la mairie de Villeurbanne et fondateur en 1995 de l’association Etudiants contre le SIDA.

 

Ferru de Foucault, Jean-Luc s’implique dans la vie étudiante dès le lycée. Etudiant, il est administrateur de mutuelle étudiante sur Lyon, à une époque où les engagements mutualistes sont très politisés. « Le principe de plaisir est important dans toute chose. Y compris dans un engagement politique ».

 

S’épanouir. Avoir des amis malades fait évoluer son regard sur l’engagement. Agir en santé communautaire lui semble dès lors plus important que les motions et batailles de courants. La lutte contre le sida s’impose comme un combat plus riche de sens. Il se recentre donc sur l’associatif et lance Etudiants contre le Sida (ECLS) en 1995. Un constat dans ses analyses de terrain le marque : la résistance des jeunes aux discours des adultes. D’autant que ces résistances se doublent d’effets rebonds en matière de santé : face aux discours techniques, le refus de modifier son comportement et un regard péjoratif sur les malades. Il cherche alors une approche plus adaptée.

 

Pêle-mêle. Plus de cours de mécanique sexuelle mais des conférences thématiques sur « Littérature, sexe et Sida », « L’architecture face au sida » accompagnées de stands. Une méthode qui annonce celle d’Etudiants contre le Sida. Eclectique comme son parcours universitaire : économie, sciences politiques, sociologie, autant de disciplines pour assouvir son insatiable curiosité. En 9 ans, il mène au sein d’ECLS une démarche portée par des pairs. Il y développe projections vidéo, reportages photo débouchant sur des expositions ou encore « Latex aestetica » : un défilé de mode retraçant 20 ans de lutte contre le sida. Insolent et créatif, à son image. Jeux de rôle pour mettre en lumière les conséquences des préjugés homophobes, révèlent sa passion de sociologue et son refus d’une normativité qui gomme les différences.

 

Et après. Jean-Luc souhaite aujourd’hui s’investir dans la recherche épidémiologique et la sociologie de la santé, pour y approfondir les thèmes qui lui sont chers : la prise en charge de la douleur en milieu hospitalier est le sujet de sa thèse. Il laisse derrière lui une association d’échelle nationale, qui sera la responsabilité des générations montantes. S’il la laisse un jour.

 

En savoir plus : www.leprogres.fr/ecls

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