Le sens du contact

Difficile quand on est doctorant de rompre l’isolement. L’association Contact se bat pour faire vivre la convivialité chez les jeunes chercheurs de Montpellier. Sa botte secrète ? Un… annuaire.

« Le seul lien qu’on a avec la fac c’est en octobre, quand on va payer les droits d’inscription. » Cyrielle et Anne-Laure font une thèse en biologie : l’une dépend du CNRS, l’autre de l’INSERM. Et pour les doctorants, l’intégration au sein de l’université semble être un concept incongru. « Les labos sont à l’extérieur du campus pour la plupart. Ceux qui arrivent en premier cycle, au moins, sont dans la fac. C’est toujours un peu free style mais au moins ils sont sur le site : il leur est plus facile d’aller à la rencontre des autres. Une fois que tu es thésard, tu n’existes plus. L’administration concentre le peu d’efforts dont elle dispose à orienter les étudiants en premier cycle, a priori plus « perdus ». Le SCUIO nous répond : « Vous êtes en doctorat, à ce stade on imagine que vous savez ce que vous voulez faire après« .

Pour remédier à ça, Cyrielle et Anne-Laure ont mis toute leur énergie et leur bonne humeur au service de l’association Contact. Objectif de cette association qui regroupe une vingtaine d’ « actifs » : créer des liens rassurants et humains par des animations, sorties ou clubs, établir un réseau de docteurs et doctorants de l’académie de Montpellier. Mais aussi, être leur interlocuteur privilégié auprès des administrations, défendre la condition du jeune chercheur, contribuer à sa formation et préparer son arrivée sur le marché professionnel. « A la fac, il peut y avoir des gens qui aiment se laisser porter par le vent et ne pas se poser de questions. Mais nous qui sommes investis dans les associations, on se dit que pour se sentir bien ici, pour réussir et bien vivre le présent, il faut avoir un peu préparé l’avenir, avec des forums d’insertion professionnelle et la possibilité de voir clairement les débouchés qui nous attendent. » Et ainsi se créer son réseau..

Des membres de l’association sont élus dans les conseils scientifiques : un passage par la représentation qui leur semble nécessaire « pour être reconnus et considérés. » Dans ces instances représentatives, l’association mène « un gros travail. Les doctorants en lettres, psycho et socio en particulier sont carrément laissés à l’abandon. »

Leur arme pour communiquer : un annuaire

Leur potion magique est simple comme un annuaire : l’Adum. L’annuaire des élèves et anciens élèves de l’académie de Montpellier est un outil essentiel. Grâce à lui, les docteurs communiquent avec des collègues et anciens collègues, les entreprises trouvent des compétences particulières parmi les doctorants. Les associations étudiantes informent efficacement leurs adhérents des actions suivies ou ponctuelles. L’association informe efficacement ses adhérents des actions suivies ou ponctuelles. La liste des mails a ainsi permis à l’association Contact elle-même d’attirer 500 personnes lors de sa demi-journée d’accueil de rentrée. « En sachant qu’il y a 1500 doctorants sur Montpellier, en avoir un tiers c’est déjà pas mal« . Des partenariats solides sont aussi exploités. L’ABG (Association Bernard Grégory) possède une banque de CV de docteurs : un pont électronique entre les données enregistrées dans l’Adum et les données requises pour la banque de CV ABG a dès lors été mis en place. Mais surtout, les directeurs des écoles doctorales ont un suivi statistique de leurs étudiants, grâce à une mise à jour régulière des fiches Adum par les étudiants eux-mêmes.

Devenu un outil indispensable de l’administration, l’Adum est désormais totalement intégré aux priorités des établissements partenaires : l’inscription des doctorants à l’annuaire est devenue obligatoire pour ces établissements, et l’association emploie maintenant 3 salariés.

Une formule qui fait des émules : des écoles doctorales de Grenoble, Paris et Marseille ont demandé à l’association d’établir des conventions afin que l’ADUM leur soit mis à disposition pour pouvoir également constituer leur annuaire et l’utiliser en tant qu’ outil de gestion. Ces conventions permettent à l’association de financer l’emploi de ses trois salariés.

 

Tous dans le bus

 

L’un des buts principaux de l’association étant d’offrir un espace de convivialité aux doctorants, les occasions sont nombreuses pour se retrouver, se souder et faire la fête. Un rallye au mois de juin rasemble tous les doctorants sur un week-end pour des activités culturelles et sportives. « Pour 30 euros le week-end, ils sont nourris, logés, trasportés… Cet été on est allé dans les gorges de l’Hérault. » Au menu de la première journée, découvrir Montpellier au rythme d’énigmes. Les participants qui sillonnent la ville sont reconnaissables par leur T-shirt. Le lendemain, tous dans le bus direction l’Hérault. « On se galère un peu à faire les équipes » : difficile pour les organisatrices de casser la tendance tenace chez les participants à rester dans le petit groupe qu’ils connaissent, et de les pousser à se mélanger. « Des nouveaux docteurs sont là aussi, ce qui favorise les échanges« . Soirée festive, descente en canoë des gorges de l’Héraut… L’ambiance est chaleureuse. Un week-end d’intégration à la fin de l’année ceci dit, est-ce bien sérieux ? « Et bien déjà, c’est en juin qu’il fait beau. Et puis il n’y a pas vraiment de fin d’année pour un doctorant. Ce n’est qu’en juin que tu commences un peu à ressortir la tête du guidon et à te dire « si je faisais autre chose que la thèse ?« 

Rentrée le 7 novembre

Dès l’automne, une demi-journée d’accueil permet de rencontrer les doctorants de toute discipline et de nouer des liens. Des petites sorties classiques rythment ensuite l’année : ciné, bar, apéro plage… Hormis le séjour ski en février, l’événement qui marque l’année est la participation à la Fête de la Science, du 08 au 14 octobre. A cette occasion, l’association fait appel aux doctorants pour un concours de posters de vulgarisation scientifique, et pour le Kézako, concours d’images scientifiques esthétiques et/ou insolites. Objectif ? « Les sortir de leur paillasse et leur faire expliquer leurs travaux au commun des mortels« .

 

Vous êtes doctorant à Montpellier, et souhaitez échanger avec d’autres doctorants pour cette rentrée ? Rendez-vous ce 7 novembre 2007 pour vous faire guider avec bonne humeur dans les arcanes de la thèse et de la fac, découvrir l’association, garder en poche un petit  » guide du doctorant  » très utile, et prendre l’apéro.


EN SAVOIR PLUS :

http://contact.asso.fr/

 

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