François se souvient de son week-end d’intégration à HEC : « On avait tous un pichet de vin devant nous, chacun montait sur la table et buvait tout d’un trait, au goulot. Ils avaient réservé un train spécialement pour nous qui arrivait au cap d’Agde. Je te laisse imaginer l’état du train à l’arrivée« . Défouloir après deux ou trois années de bachotage en prépa et de concours épuisants, le week-end d’intégration est souvent le théâtre de débordements que François ne comprend pas forcément : lui est entré à HEC par les passerelles ouvertes aux lettres et sciences humaines. « Mon frère avait même lors d’un week-end d’intégration arraché le toit ouvrant d’un bus, l’assurance avait eu du mal à comprendre comment avait pu se dérouler le sinistre« .

Mais le couple « école de commerce ou d’ingé » + « week-end d’intégration » ne rime pas toujours avec biture. Preuve en est avec celui organisé par les mines Saint Etienne : trois jours en montagne, avec des gros sacs. « On n’avait pas trop la place de prendre de l’alcool« , explique Guillaume. Le premier jour, une marche non stop toute la journée pour dormir au sommet. Deuxième jour, rando sur les crêtes. Et pour finir, activités sportives. Rafting, spéléo, grand rappel de 200 mètres de haut… pas le temps de souffler ! Une fois des petits groupes de dix randonneurs constitués, chaque groupe est encadré par un élève de deuxième année responsable d’une association étudiante, « Comme ça dans l’année, si on veut s’adresser au bureau des arts ou à l’asso sportive, on sait qui c’est« , et par un accompagnateur enseignant de l’école. C’est que le voyage d’intégration est autant organisé par les chercheurs et les enseignants, que par les élèves responsables du BDE. L’école finance également une grosse part du voyage, qui est facturé 100 euros aux étudiants pour un coût de 500 euros. Un voyage pensé et orienté vers la cohésion d’une promo. « Durant la rando, tout le monde lutte un peu, surtout ceux qui n’ont jamais fait de montagne. On s’entraide, certains portent le sac des autres... » Des petits ateliers de théâtre, de communication sont organisés, et le soir, c’est détente : barbecue, et soirée. « Notre groupe est resté proche le reste de l’année. Mais les enseignants veillent à constituer des groupes de travail durant les cours qui ne sont pas les mêmes qu’au voyage d’intégration, pour qu’on ne reste pas en petits noyaux de dix. »

Côté Dauphine, « grand établissement » depuis 2005, c’est plus classique. 500 étudiants prennent le car pour le Sud Ouest : huit heures de trajet, largement le temps de faire connaissance. Un animateur de car fait venir les étudiants un par un à l’avant du véhicule et leur demande de se présenter. Très tendance, un « mister car » et une « miss car » sont élus, avant la finale qui départagera le « mister WEI » et la « miss WEI », entendez Week-End d’Intégration, en direct sur Channel 9, la télé étudiante de Dauphine. « Si ça devient trash ou malsain on coupe court. Un mec peut montrer ses fesses et une fille a plutôt intérêt à être mignonne et sympa pour être élue, mais on ne force personne à rien, pas de bizutage« , explique Albert. Si les humilitations sévissaient encore il y a une dizaine d’années, une bonne ambiance est préservée aujourd’hui par les organisateurs. A l’arrivée vers minuit-deux heures du mat’ sur les lieux, on est rapidement mis dans le bain : ça commence directement par une soirée, avant de s’écrouler à l’aube dans son bungalow. Le lendemain, après le brunch, c’est plage. « Toutes les associations sont représentées, et chacun est là pour faire sa promo« . Celles qui rythmeront l’année se font donc connaître par un jeu d’olympiades : un slalom sur sable pour le club ski, un tournoi de foot pour l’association sportive… Et rebelote avec le gala du soir, avant le retour le lendemain. Tout ça pour un total de 111 euros.

« En arrivant je ne connaissais personne, je suis reparti en connaissant tout le monde. Avoir un réseau d’amis plus important, ça aide au niveau des cours. » C’est aussi ce week-end d’intégration qui a poussé Albert à s’impliquer dans l’associatif en prenant des responsabilités au sein du BDE.  » Si je n’avais pas été en asso, ma vie à la fac aurait été moins amusante, et moins formatrice. » confirme Jade, président du BDE. « Le côté vicieux, c’est qu’on y passe du temps, et qu’on bosse moins les cours. Il m’est arrivé de nombreuses fois de rester sur la fac jusqu’à minuit-une heure du mat’, et que les vigiles m’ouvrent l’issue du parking, par derrière. » Mais Albert estime que ce week-end d’intégration et l’engagement associatif qui s’en est suivi favorise la réussite académique : « même au niveau des relations avec les professeurs, qui soutiennent mieux votre dossier que quelq’un qui n’a jamais mis les pieds hors de chez lui« .


EN SAVOIR PLUS :

Le portail de la communauté étudiante d’HEC

Le site web élèves de l’École des Mines de Saint-Étienne

Le portail des étudiants de Dauphine

 

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