Depuis quelques mois, le réseau d’associations étudiantes ligérien évoque sa difficulté à accéder à des locaux. Développer ses projets, se réunir, avoir une place dans son campus, tels sont les enjeux de cette quête … Afin d’amorcer une réponse, Animafac organise un débat avec les universités sur le thème de la place des associations étudiantes dans les campus. Rendez-vous le samedi 11 décembre 2010 à Nantes.

 

 

 

 

 

En amont, la rédaction d’Animafac.net a interviewé trois associations de la région qui partagent avec nous leurs points de vue…

 

 

 


Diversités

Diversités est une association angevine qui édite le journal K.Libre. Elle est également à l’origine d’une initiative concrète et innovante. Alliée à six autres entités, elle a fondé un collectif dans une démarche de mutualisation de locaux. Dimitri Perraudeau se livre sur les raisons et les circonstances du développement d’un projet ambitieux.

« L’occasion de mettre en place un collectif s’est présentée lors d’un forum d’accueil des étudiants organisé par la ville d’Angers lors de la rentrée 2009. Plusieurs associations, dont Diversité, étaient présentes sur un stand. Après quelques échanges, nous (Diversité et l’AFEV) avons mis en évidence que plusieurs structures avaient besoin de nouveaux locaux. Pour plusieurs raisons. Certaines avaient l’intention de quitter leurs bureaux pour en trouver de plus adaptés à leurs besoins. D’autres pensaient que le moment était venu se se rapprocher du centre ville et de capter l’attention d’une population jusqu’ici inaccessible pour des structures de la périphérie angevine. En mobilisant notre réseau, en apprenant que d’autres associations entreprenaient les mêmes recherches.

Dès lors, sept entités se sont fixé comme objectif de constituer un collectif et de prendre possession de nouvelles installation au début de l’année 2010. N’ayant nulle part où nous retrouver, nous organisions des réunions dans des bars. L’opération a été assez rapide. La recherche active a commencé à partir de janvier 2010. Le local adéquat est trouvé début mars et nous nous installons un mois plus tard. Nos besoins sont emprunts d’immédiateté à cause d’une situation spécifique : un organisme, qui a été dissout il y a 5 ans, gérait la  maison des étudiants et proposait différents services aux associations étudiantes, des aides, des conseils. Il y avait même un espace informatique à disposition. Mais à la disparition de l’association gérante, la ville et l’université, qui participaient activement au financement du lieu, se sont opposées sur l’évolution qu’il devait connaître.

Plutôt que d’attendre que l’université et la ville proposent un projet, nous avons voulu constituer un collectif et commencer à bâtir un dossier solide. Notre démarche est indépendante. Nous passons par un bailleur privé. Mais nous demandons une subvention à la ville au titre du fonctionnement du collectif. Les sept associations qui constituent la structure (Diversité, Afev, CEMEA, GENEPI, Dissonante, Buzz Mediatik, Angers Calling) ont établi une démarche qui permettra, le cas échéant, d’en accueillir d’autres, leur permettant de bénéficier de services concrets comme une boite postale, un accès à une salle de réunion et une situation géographique plus avantageuse.

L’absence absolue de locaux accessibles constitue inévitablement un frein aux activités associatives. Ne pas pouvoir se réunir ou recevoir, ne pas avoir de visibilité… même si toutes les associations n’ont pas les mêmes besoins. Cela correspond à un travail d’identification face aux interlocuteurs ».

DIPP

DIPP, « Des Idées Plein la Prod » est une association nantaise qui produit des contenus et des supports audiovisuels. Charles Sauvion, son directeur des programmes évoque les problèmes rencontrés par DIPP dans sa recherche de locaux.

« Concrètement, DIPP ne dispose pas de conditions optimales en terme de locaux. Nous avons toujours été soutenus et aidés par l’Université de Nantes, aussi bien financièrement que dans la conduite du projet. A la base, nous étions hébergés dans un local situé tout près du pôle audiovisuel. Nous disposions d’un espace suffisant. Pour cause de travaux, l’administration nous a déplacés à l’autre bout du campus.
Pour les associations étudiantes, la situation est plutôt compliquée à Nantes. C’est généralement l’université qui gère l’hébergement de ses associations. Mais la plupart sont logées dans des conditions qui ne reflètent pas leurs besoins. Pour les autres, celles qui nécessitent moins d’espace, elles sont disséminées dans les différentes UFR.

En outre, la ville de Nantes met à notre disposition une série de salles municipales qui permettent de trouver des créneaux pour des réunions ou des groupes de travail. Mais cela reste très ponctuel. Si les structures historiques peuvent trouver où se loger, la quête est beaucoup plus ardue pour les nouvelles entités. DIPP, comme les radios associatives, a besoin de place pour travailler, développer des projets, accueillir des volontaires. La situation actuelle ne nous permet pas de créer un surcroit d’activité. Pour l’heure, rien ne laisse présager que nos interlocuteurs municipaux mettent en place un projet pour régler ce problème. En revanche, la ville soutient et aide les associations en se portant garant auprès des organismes bancaires. Cette donne rassure les bailleurs.

DIPP et le journal EUROPA se sont récemment associés et constituent actuellement un dossier pour mutualiser un espace de travail, des moyens techniques et, à  terme, des salariés pour des missions comptables ou administratives. La finalité serait, bien entendu, de créer un pôle associatif regroupant plusieurs formations à l’image de ce qui a été fait à Angers par Diversité et l’AFEV. Le rassemblement est sans doute une bonne formule et trouverait un créneau à Nantes. »

A toi de jouer

Présidente de l’association « A toi de jouer » et ancienne relais d’Animafac au Mans, Marie Ravet évoque la question des locaux associatifs étudiants. Le projet EVE de l’université du Maine est un bâtiment devant, à terme, accueillir les associations étudiantes du Mans.

« Une dizaine d’associations du Mans se sont réunies en fin d’année 2009 afin de rédiger une lettre commune de revendications concernant les locaux leur étant alloués par l’administration de la fac. Chacun assurait par cette action vouloir s’impliquer concrètement dans la réalisation du projet. La lettre a d’ailleurs été lue devant le conseil d’administration. Le but de tout cela était d’obtenir un local où se réunir et entreposer un peu de matériel. Mais rien n’est venu. » affirme Marie.

Alors que l’on annonce trois salles pour toutes les associations, les derniers éléments n’incitent pas Marie à l’optimisme. « C’est pire que prévu. On nous a d’abord dit que le service culture de la fac aurait des locaux dans le bâtiment. Un service qui occupait des préfabriqués depuis quelques temps. On nous a ensuite dit qu’au lieu des trois salles, nous ne disposerions que d’une salle… pour dix associations. Nous avons même proposé de nous installer dans ces fameux préfabriqués. Malgré leur isolement. »  Les rares structures disposant d’un local doivent travailler dans des conditions difficiles. Excepté deux ou  trois associations de filières qui disposent de locaux dans leurs services universitaires, toutes les structures sont dans la même situation. »

Malgré les demandes renouvelées des associatifs, aucune réponse définitive n’est donnée. L’administration leur demandant d’attendre l’inauguration du bâtiment. Une inauguration devant intervenir en février 2011.

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