Atelier « système bancaire »

L’atelier visait à recenser les problèmes les plus fréquents rencontrés par les étudiants étrangers désireux d’ouvrir un compte bancaire afin d’identifier des solutions à proposer collectivement aux banques.

Trois types de problèmes ont émergé :

problèmes liés à la mauvaise connaissance du système législatif français, voire de la langue française : de nombreuses personnes signent des contrats qu’elles ne comprennent pas, et ont par la suite de mauvaises surprises. D’autres croient qu’ils sont obligés de prendre un « package » à la banque, ou que les étudiants étrangers n’ont pas droit de disposer d’une carte bleue.

problèmes pratiques : Les temps d’obtention des moyens de paiement (chéquiers, carte bleue…) sont souvent trop longs : certains attendent en effet plus de trois semaines. Par ailleurs, les étudiants ont cours durant les horaires d’ouverture des banques et il leur est donc difficile de pouvoir s’y rendre.

problèmes dues à la mauvaise volonté des banques : certaines exigent la présentation d’une carte de séjour pour permettre à l’étudiant d’ouvrir un compte alors que la délivrance d’une carte de séjour est normalement conditionnée à la présentation d’un RIB. D’autres refusent de délivrer une carte bleue ou de négocier un découvert autorisé, et ne donnent qu’une carte de retrait. Dans la très grande majorité des cas, la banque refuse d’accorder un prêt aux étudiants étrangers, puisqu’elles n’acceptent pas une caution familiale du pays d’origine.

Les étudiants souhaiteraient être accueillis de façon plus spécifique. Les banques pourraient notamment mettre en place, durant la période de rentrée scolaire, un guichet particulier pour les étudiants étrangers, où leur serait délivrées des informations objectives et adaptées à leur situation. Par ailleurs, un réel effort devrait être fait en terme de rapidité et de réactivité, notamment en ce qui concerne l’émission de moyens de paiement, ou l’encaissement de chèque en provenance du pays étranger.

Un tour de table a ensuite permis aux associations de présenter les actions qu’elles ont mises en œuvre pour faciliter les démarches des étudiants étrangers qui veulent ouvrir un compte. Elles sont nombreuses à avoir instauré un partenariat avec une banque (les plus fréquentes étant la société générale et la BNP).

Par ailleurs, beaucoup ont mis en place un système de parrainage. Concrètement, chaque étudiant étranger arrivant en France est accompagné d’un parrain de l’association, qui l’accompagne dans ses démarches auprès de la banque partenaire. L’association a négocié auparavant certains avantages auprès de la banque. Ainsi, pour chaque compte ouvert, la banque verse une somme à l’étudiant qui ouvre le compte, mais aussi au parrain et parfois à l’association. Ces sommes sont en général de l’ordre de 20 euros.

Certaines associations ont également négocié d’autres points : la gratuité de la carte bleue, une autorisation de découvert, etc.

Enfin, certaines associations vont plus loin : ainsi, dès le mois d’août, le bureau de l’association Aloha de Tours va négocier avec le directeur de leur banque partenaire. L’association a obtenu certains des avantages précités (gratuité de la carte bleue, versement de 20 euros à l’étudiant qui ouvre son compte), mais surtout, ils ont obtenu que la banque organise dans une salle spéciale, deux journées réservées aux étudiants étrangers (en septembre et en janvier). Les ouvertures de compte de tous les étudiants étrangers sont alors traitées en même temps dans cette salle, ce qui permet un gain de temps (et de fatigue !) important pour tous.

L’ensemble des associations ayant établi de tels partenariats ont ainsi pu donner un certain nombre de conseils aux autres membres : ils ont notamment insisté sur la nécessité d’aller solliciter un grand nombre de banques, afin de voir laquelle propose les services les plus avantageux. Ce travail est à faire au plus tôt, avant l’arrivée des étudiants étrangers, par exemple durant l’été. Enfin, il est souvent intéressant que ce soit le même conseiller qui gère le compte de l’association et celui des étudiants étrangers.

Des solutions d’urgence, en cas de problème, ont également été évoquées : ainsi, la Poste ouvre un compte sur simple présentation d’un titre de séjour et de papier d’identité (pas besoin de carte de séjour ou d’attestation de logement).

 

Atelier « aide aux démarches »

L’atelier visait à partager et échanger entre les associations participantes, les nombreuses actions qui permettent de faciliter les démarches administratives des étudiants étrangers arrivant en France.

Un site Internet, riche en renseignements pratiques, est un très bon outil. En effet, l’étudiant pourra le consulter depuis son pays d’origine, et préparer au mieux son départ.

Plusieurs informations essentielles doivent y figurer :
– Il semble indispensable de donner des informations sur les visas. Aujourd’hui, il en existe trois types : le visa étudiant, le visa concours étudiant, et le visa touristique. Le visa concours ne donne pas automatiquement droit au titre de séjour étudiant. Il faut également prévenir les étudiants, que, malgré ce qu’ils entendent parfois dire dans leur pays d’origine, il sera quasiment impossible d’obtenir un titre de séjour en venant avec un visa touristique.
– Les étudiants étrangers n’ont souvent pas idée du coût de la vie en France. On peut donc indiquer sur le site un ordre d’idée du budget nécessaire pour être relativement tranquille les premiers mois qui suivent leur arrivée.
– On peut également donner des informations plus détaillées sur la région, ses richesses culturelles, son climat…
– Des liens vers des sites juridiques, peuvent également être utiles.

Il est également possible d’établir un partenariat avec les consulats. Ainsi, ceux-ci pourraient mettre des liens sur leur site qui renvoient vers les sites des associations, ou au moins donner les coordonnées des membres du bureau.

D’autres initiatives ont été exposées :
Certaines associations vont accueillir les étudiants à l’aéroport, ce qui permet à ces derniers de ne pas se sentir trop perdus à leur arrivée. De plus, les jours suivants, un membre de l’association accompagne chaque étudiant, l’aide et le conseille dans ses démarches auprès de l’université, de la préfecture, etc.

L’association peut également tenir un stand à l’université durant les inscriptions. Les étudiants découvrent ainsi l’association dès les premiers jours de leur séjour. Une présence les jours d’inscription où les premières questions et tracas administratif surgissent permet en outre d’apporter de multiples renseignements et explications quand aux documents qui leur ont été distribués.

– Une association délivre également aux étudiants étrangers avec qui ils sont en contact avant leur arrivée en France des e-mails confirmant qu’ils sont bien inscrits à l’université. Elle fournit parfois aussi des attestations de logement. Ceci permet à l’étudiant de montrer qu’il a un interlocuteur en France qui l’aidera dans ses démarches.

Les associations peuvent également témoigner de la logique du parcours universitaire. En effet, il arrive que les cursus de certains étudiants étrangers semblent peu cohérents aux autorités, et qu’ils refusent de renouveler leur titre de séjour.

Cet échange de pratiques s’est montré enrichissant pour les différentes associations présentes qui y ont puisé de nouvelles idées. De nombreuses personnes ont exprimé le souhait de recevoir, lors d’une prochaine rencontre, une formation sur les droits des étudiants étrangers en France. Ceci leur permettra en effet d’améliorer la qualité des actions de l’association, et de fournir des informations plus pertinentes aux nouveaux étudiants étrangers.

 

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