Les dernières données de l’Institut de veille sanitaire (InVS), publiées samedi 26 novembre 2005, font état d’une recrudescence de la transmission du sida en France.

 

On estime à 7 000 le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité VIH en 2004, dont environ un quart a été contaminé dans les six mois précédant leur diagnostic. En 2004, 1 500 personnes ont développé un sida avéré. En France, 150 000 personnes vivent avec le VIH. Le sida y tue plus d’une personne par jour.

 

Or, « une personne sur deux développant la maladie n’était pas au courant de sa séropositivité », a souligné le ministre de la santé Xavier Bertrand, relevant que la proportion de rapports sexuels non protégés avait doublé en 10 ans.

Les personnes de nationalité française, contaminées par des rapports hétérosexuels, représentent une proportion non négligeable des découvertes de séropositivité en 2004 (17%).

 

Mais une découverte de séropositivité sur trois (32%) concerne une personne d’Afrique subsaharienne et même une découverte sur deux en Ile-de-France. Le nombre de cas de sida a augmenté de 44% entre 1998 et 2004 parmi les Africains, alors qu’il diminuait de 52% chez les Français.

 

Les femmes représentent les deux-tiers des découvertes de séropositivité chez les personnes d’Afrique subsaharienne en 2004. 21% des Africaines dépistées positives en France le sont à l’occasion d’une grossesse.

 

Par ailleurs, la surveillance des types de VIH circulant en France laisse penser qu’une partie des Africains contaminés l’ont été après leur arrivée sur le territoire.

 

Il existe également des disparités géographiques, l’Ile-de-France et les départements français d’Amérique (Guyane, Martinique, Guadeloupe) se trouvant nettement plus touchés.

 

Les homosexuels masculins représentent une découverte de séropositivité sur quatre en 2004, plus qu’en 2003 (24% contre 19% au 1er semestre 2003), dont la moitié sont des contaminations survenues dans les six derniers mois. Cette augmentation est particulièrement importante à Paris.

 

Phénomène inquiétant, non seulement les homosexuels sont plus nombreux à prendre des risques, mais la prise de risque est plus fréquente chez les homosexuels séropositifs (56% contre 28% pour les homosexuels séronégatifs).

 

Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, s’est dès lors déclaré inquiet « de la recrudescence de la transmission », ainsi que « devant la diminution ou parfois même de l’absence de comportements de prévention ».

 

En savoir plus : L’Institut de veille sanitaire (INVS)

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