Débat de la rencontre nationale environnement du 23 avril 2005

Le réchauffement de la planète et l’épuisement inéluctable des énergies fossiles posent avec de plus en plus d’acuité la question des énergies renouvelables. M. Jean-Louis Bal, directeur adjoint de ce secteur à l’Agence gouvernementale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), est venu en débattre avec les assos étudiantes.

Le changement climatique est inéluctable

On émet aujourd’hui 6 milliards de tonnes de carbone dans l’atmosphère, quand la planète en absorbe 3. L’enjeu n’est donc plus d’empêcher le réchauffement de la Terre mais de le stabiliser.

En revenant à une situation d’équilibre à l’horizon de 2050, ce qui reviendrait à diviser par deux les émissions actuelles, on limitera à 2° l’élévation de température. Mais réduire par deux les émissions globales tout en prenant en compte le développement des économies émergentes implique de diviser par 4 les émissions produites par les pays riches.

Législations

On comprendra que le problème est de nature plus politique que technique. Réduire par quatre nos émissions ne se fera pas sans une mutation profonde de notre mode de vie.

Le protocole de Kyoto représente la première étape de cette réduction. Il s’agit de réduire les émissions de CO² de 5,2 % par rapport au niveau de 1990. La visée de ce traité est modeste et ne sera sans doute pas respectée, mais celui-ci crée un précédent et permet de songer déjà au pas suivant.

La loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005 fixe ainsi des objectifs d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables sur les trois grands usages de l’énergie : électricité, chaleur et carburant.

Economies d’énergie

La meilleure façon de limiter les émissions consiste à réduire les dépense en énergie. Les deux plus gros postes de consommation en énergie sont aujourd’hui le résidentiel privé et tertiaire et les transports.

De gros efforts ont déjà été réalisés dans la construction neuve et l’industrie. Un logement neuf, pour un coût de construction pas tellement plus élevé, consomme 4 fois moins de chauffage qu’en 1975, date des premières directives sur les économies d’énergies.

Le problème, c’est qu’on renouvelle très peu le logement : 60% des bâtiments actuels existeront encore en 2050, et en l’absence d’une réglementation spécifique aux rénovations de l’habitat, il y a fort à parier que celles-ci n’iront guère dans le sens d’une meilleure efficience énergétique.

Le développement des énergies renouvelables

L’intérêt que représentent les énergies renouvelables est double : elles dégagent peu de CO² et elles représentent une nécessité quand la demande mondiale en énergie augmente tandis que les ressources fossiles s’épuisent.

La lutte contre le réchauffement climatique est donc indissociable du développement d’alternatives dans la production d’énergie. Parmi celles-ci, on peut citer l’énergie solaire (photovoltaïque et thermique), éolienne, géothermique, hydraulique et la biomasse.

Vers un nouveau lobby ?

Il serait toutefois peu pertinent de concevoir de nouveaux secteurs énergétiques sous l’angle de la production pure. Certes, ils sont une manne économique, le secteur éolien représente à lui seul près de 20 000 emplois au Danemark, mais le productivisme est justement ce qui a conduit au gâchis environnemental que nous connaissons à l’heure actuelle.

Le développement des énergies renouvelables est conditionné par la complémentarité et l’empreinte écologique. Il ne faudrait pas que les éoliennes, par exemple, engendrent plus de dépenses en énergie qu’elles n’en génèrent…

La fin d’un monopole

Le débat sur les nouvelles énergies est un débat sur l’énergie. Celle-ci est une prérogative nationale, mais les collectivités territoriales s’en saisissent de plus en plus. Les régions, à l’exception de l’Ile-de-France, ont ainsi toutes un contrat de plan avec l’Ademe, et versent des primes à l’installation de chauffe-eau solaires.

Il faut savoir que les collectivités territoriales ont compétence sur la distribution d’électricité et sur les réseaux de chaleur. Il revient donc aux citoyens de se prononcer leur approvisionnement en énergie.

Cette démarche est également valable pour les étudiants

Un étudiant est un citoyen à part entière. C’est son devoir que de faire pression sur les élus notamment dans la cadre de l’université ou de son école pour adapter les bâtiments aux normes.

Faire apparaître le gain généré par les économies d’énergies sur le budget d’une structure est un excellent moyen. L’Ademe subventionne ainsi la cellule Ecocampus qui pratique sur invitation des diagnostics dans ces établissements.

Et pour ce qui est de nouer des partenariats avec les assos étudiantes, la porte de l’Ademe, comme en a témoigné la venue de M. Jean-Louis Bal à cette rencontre, est grande ouverte !

 

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