Rencontre nationale – 4 février – Après-midi

ANIMATRICE : Audrey Limozin

INTERVENANTS
– Clémentine Thierry,
chargée du projet Solar Generation pour Greenpeace
– Khaled Gaïji, Icare (Versailles), campus pilote de  » Campus Vert « 
– Vincent Hochart et Johann Houdelin, Issue Environnement (Cergy), Campus co-pilote de  » Campus Vert « 

PRÉSENTATION DU PROJET SOLAR GENERATION

Le Projet Solar Generation a été mis en place en 2003 par Greenpeace pour associer les étudiants aux actions contre le réchauffement climatique. Aujourd’hui, une quinzaine de pays font partie du projet. Les associations étudiantes mènent, dans chacun de ces pays, des actions différentes, parfois politiques (lobbying…), parfois plus pratiques (installation de panneaux solaires, travail sur les campus…).

En France, Solar Generation existe depuis 2004. Greenpeace a entamé le projet par la tournée d’un  » bar solaire  » sur les campus pour tester la motivation des étudiants. Non seulement les étudiants étaient très sensibles au problème du réchauffement climatique, mais ils ont également fait preuve d’une volonté d’agir concrètement.

Greenpeace leur propose donc Campus Vert qui consiste, pour des associations étudiantes à mener des actions contre le réchauffement climatique sur leur campus. L’appui de Greenpeace est essentiellement logistique : kit de com personnalisé, conseils et soutien moral. Il permet aussi aux associations qui participent de rencontrer les autres participants afin d’échanger leurs expériences.

Campus Vert propose aux assos étudiantes deux types d’actions :
– une réduction de la consommation d’énergie
– l’installation d’énergies renouvelables sur le campus. Ces actions peuvent se coupler avec des opérations de sensibilisation, mais pour être  » labellisé  » Solar Generation, les associations étudiantes doivent mener des actions concrètes réduisant directement la consommation d’énergies productrices de gaz à effet de serre.

7 projets d’associations étudiantes ont été choisis pour devenir  » campus pilotes  » de Campus Vert. Face au nombre de demandes et au succès de l’opération, Solar generation a recruté 7 nouvelles associations étudiantes pour devenir  » campus co-pilotes  » en 2005. Cela a été une expérience nouvelle pour Greenpeace qui n’a pas l’habitude de travailler directement en partenariat avec d’autres associations, et n’avait jamais mené de projet avec le monde étudiant. L’apprentissage c’est donc fait en même temps pour Greenpeace et les assos étudiantes participantes.

Aujourd’hui, le projet en est plutôt à une phase d’élargissement. Même si, pour l’instant Greenpeace attend de voir si les premiers projets marchent avant d’en inclure de nouveaux. L’idée est néanmoins de permettre au projet de s’épanouir et de prendre son indépendance par rapport à Greenpeace pour devenir une structure  » centre de ressource  » pour les associations étudiantes participantes.

Solar Generation tente également de jouer son rôle de  » réseau international  » en faisant en sorte que les associations des différents pays se rencontrent et communiquent. L’année dernière, des étudiants de différents pays se sont ainsi rencontrés en Suisse pour monter des panneaux solaires.

QUESTIONS DE LA SALLE

– Sur l’impact des actions des associations étudiantes.

Il est difficile, parfois de mesurer cet impact à l’aune des actions menées à petite échelle par chacun. Afin de montrer le dynamisme des étudiants, Greenpeace tente d’envoyer des représentants de Solar Generation aux grands rendez-vous internationaux. Ce fut le cas à la dernière COP-MOP à Nairobi (conférence des partis, rassemblant les pays signataires et non signataires des accords de Kyoto afin de prendre des décisions internationales dans la lutte contre le réchauffement climatique). A cette occasion, des étudiants participant à Solar generation ont pu s’exprimer en conférence plénière devant l’ensemble des délégués internationaux. D’après les échos de Greenpeace, ce  » lobbying  » étudiant est très important dans la lutte contre le réchauffement climatique.

– Sur la promotion de l’énergie solaire.

Des étudiants s’interrogent sur l’opportunité de promouvoir ce type d’énergie, comme en Suisse, alors que la durée de vie des panneaux solaires est limitée et leur recyclage encore sujet à caution.
Clémentine Thierry précise que Solar Generation ne  » promeut  » à proprement parlé aucune énergie, si ce n’est les énergies propres, puisque ce sont les associations qui choisissent le type de renouvelables à mettre en place. La question du cycle de vie des panneaux solaires reste sujet à débat entre les associatifs présents.

CAMPUS VERT

– Témoignage de Khaled (Icare, université de Versailles)

Icare a longtemps mené des actions de sensibilisation. Mais les membres de l’association n’étaient pas satisfaits de cette activité qu’ils jugeaient inefficace et souhaitaient avoir une action plus concrète.
En décembre 2005, ils entendent parler de Campus Vert et décident de répondre à l’appel à projet. Les conseils et le soutien de Solar Generation leur a, selon Khaled, véritablement permis de mener à bien ce projet long et fastidieux qui n’a pas toujours été évident et butte, encore, aujourd’hui, sur de nombreuses difficultés. _ L’opération Campus Vert de Versailles est active depuis juin 2005. L’association comporte une centaine de membres, dont une trentaine travaillant spécifiquement sur  » Campus vert « , mais en réalité, seuls 3 ou 4 personnes sont véritablement actives.

Icare a commencé par mener un état des lieux du campus. Auprès des services techniques, mais aussi auprès des professeurs et étudiants afin de voir ce que leur inspirait un projet d’économie d’énergie sur le campus.
Le principal constat a été que, malgré la motivation des acteurs, aucune politique environnementale n’était menée sur le campus, ou alors de manière disparate et pointilliste.

Pour remédier à ces problèmes, deux actions ont été menées :

– La création d’une  » commission environnement «  rassemblant le président de l’université, les professeurs experts sur les sujets environnementaux, des représentants étudiants, les services techniques, et les responsables du projet  » Campus Vert  » d’Icare… Cette commission a pour but de réunir quotidiennement les différents acteurs afin de prendre des décisions concrètes, mais aussi d’harmoniser actions et communication, notamment auprès des élèves.

– La mise en place d’audit environnementaux dans la fac. Engager des spécialistes étant très onéreux pour l’administration, Icare a proposé que ces audits soient menés par des étudiants, formés par les profs experts, et que cette activité soit intégrée dans leur cursus. Une forme d’action bien adaptée à la volonté d’Icare de sensibiliser les étudiants de la fac.

Un objectif chiffré de réduction de la consommation d’énergie de 15 % sur un bâtiment et de 20 % sur un autre a été décidé. Une charte a été signée avec l’administration.

Des problèmes techniques subsistent cependant. Ainsi, pour observer la réduction de la consommation d’énergie, Icare a cherché les compteurs de la fac. Or ces derniers ne marchent plus. Cela fait maintenant plusieurs mois qu’ils demandent à ce que l’administration les fasse réparer.

L’administration a été plutôt coopérative. D’abord car Icare avait l’appui de nombreux acteurs, mais aussi parce que l’université était déjà sensibilisée à cette question. Icare avait également passé plusieurs mois à établir un dossier défendant son projet. Son conseil pour faire accepter un tel projet par l’administration : ne pas sauter les échelons et s’assurer du soutien des élus étudiants avant de proposer le projet. Il ne faut pas, non plus, sous-estimer l’intérêt du président de l’université à s’investir dans un projet d’actualité et bien vu en terme de communication extérieure.

– Témoignage de Vincent et Johann (Issue Environnement, Cergy)

Issue Environnement est campus co-pilote de Campus Vert depuis mai 2006. Le projet est né sur une lancée  » très pro  » puisqu’il s’agissait d’un  » stage  » à réaliser dans le cadre du master environnement de Cergy.
Greenpeace les a aidé à recadrer leurs objectifs. Au départ, l’asso voulait tout faire : recycler, faire de l’éco-construction… Solar Generation leur a proposé de se concentrer, dans un premier temps, sur des économies d’énergie et à se limiter à un site.

Comme à Versailles, ce sont les étudiants qui, profitant d’une période de stage, ont procédé à un audit des bâtiments et des comportements énergétiques sur le campus afin de cerner les moyens de réduire la consommation d’énergie. L’association a engagé une coopération avec les services techniques, mais aussi les équipes enseignantes afin de rationaliser la gestion de l’énergie.

En novembre 2006, une charte a été signée avec l’administration de l’université fixant les objectifs à une réduction de la consommation d’énergie de 17% d’ici juin 2007 sur un site de la fac. L’administration s’engage ainsi sur plusieurs points : soutenir les actions de sensibilisation de l’association ; étudier la possibilité d’installer des énergies renouvelables ; mettre en place une commission d’évaluation des progrès faits en matière d’économie d’énergie…

Contrairement à Icare, Issue Environnement n’a pas trop préparé le terrain avant de proposer le projet à l’administration. Un simple mail transféré a suffit à attirer l’attention du président qui a proposé de recevoir l’association. Issue environnement a présenté oralement son projet d’économie d’énergie en mettant en avant le gain financier pour l’université. Il est cependant certain que le précédent de l’université de Versailles (la Charte est la même dans les deux facs) a joué puisque les deux présidents sont entrés en contact.

Vincent insiste également sur l’importance de continuer à faire du lobbying après la signature de la charte. Celle-ci n’impose, en effet, aucune action concrète. C’est donc aux associations de faire en sorte que cette déclaration d’intention ne reste pas lettre morte.

 

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