Depuis 1992, les élèves de l’IEP de Strasbourg proposent, avec l’association « Et les gosses ! », un soutien scolaire aux enfants de Hautepierre, un quartier en difficulté de la ville. Une mission qui attire chaque année plus de bénévoles. Secrets de longévité d’une association qui marche.

Sortie à la ferme, mars 2007.

On peut être dans une école d’élite et croire à l’égalité des chances. Depuis 14 ans, l’association Et les gosses ! rassemble les étudiants de l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg souhaitant offrir un soutien scolaire aux enfants de Hautepierre, zone urbaine sensible de la ville. Une mobilisation qui ne faiblit pas avec les années. « Nous avons enregistré cette année un nombre record de 35 membres bénévoles suivant 50 enfants » rapporte Léonardo Reubke, président 2006-2007.

 

Le secret de cet engouement ? D’abord, un système de soutien scolaire particulièrement bien ancré dans le quartier. « Et les gosses ! a été créé après une rencontre avec l’un des fondateurs d’ABC Hautepierre, une association qui mobilise des bénévoles, principalement retraités, pour du soutien scolaire aux enfants du quartier. » Depuis 1992, étudiants et bénévoles d’ABC Hautepierre travaillent ainsi main dans la main, avec l’appui du corps enseignant. « Les professeurs des écoles et collèges du quartier repèrent les enfants en difficulté et nous les envoient » raconte Léonardo.

 

Le goûter de Noël, décembre 2006

Là ou d’autres associations étudiantes de soutien scolaire peinent à trouver et fidéliser des bénévoles, Et les gosses ! n’enregistre, au contraire, presque aucun désistement au cours de l’année. L’investissement demandé n’est pourtant pas des moindres puisque chaque membre s’engage, en adhérant, à donner deux heures de cours par semaine et par élève. « Chacun suit un ou deux enfants tout au long de l’année. Je pense qu’on se sent plus responsable que s’il s’agissait de cours collectifs : des liens se créent avec l’élève et avec la famille. À l’IEP, on doit partir en 3e année à l’étranger. Quand les bénévoles en reviennent et reprennent le soutien scolaire, il n’est pas rare qu’ils demandent à suivre les mêmes enfants qu’avant » explique Léonardo.

 

 

De la formation des bénévoles.

L’association bénéficie également des liens forts et de la solidarité existant entre ces étudiants partageant les mêmes études. Tous les bénévoles se réunissent, de plus, plusieurs fois dans l’année, pour des sorties avec les enfants. Cinéma, fêtes de Noël ou visite d’une ferme : ces moments sont l’occasion, pour les adhérents, de partager des instants de loisir avec leurs élèves, loin des livres scolaires ; mais également l’opportunité de constater le travail accompli par chacun des bénévoles et d’échanger les expériences.

 

Pique-nique avant la sortie cinéma, septembre 2006.

Pour les prochaines années, Léonardo souhaiterait que s’ajoute à ces échanges de pratique et aux conseils dispensés par les anciens en début d’année une formation plus « professionnelle ». « Sur le fond, on n’a pas grand chose à apprendre. Mais on ne sait pas toujours bien comment s’adresser aux élèves, quels mots utiliser pour qu’ils nous comprennent mieux. Ce sont encore de jeunes enfants qui n’ont pas le même développement intellectuel et c’est parfois dur de se mettre dans leur peau. » Des mots qui ont leur importance pour une mission que l’ancien président de Et les gosses !, qui a désormais passé le relais pour l’année 2007-2008, prend très à cœur. « Je sais, par expérience personnelle, ce que c’est de devoir se débrouiller seul avec les démarches administratives pour l’école, la santé… C’était important pour moi de pouvoir aider des enfants dans la même situation. Et puis j’ai la conviction que les problèmes de pauvreté et d’échec scolaire se résolvent dès l’enfance. »

 

 

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